CHAPITRE IV
CATARRHE DE LËSTOMAG
Il y a lieu de distinguer deux formes de catarrhe de Festomac :
a) Catarrhe muqueux.
b) Catarrhe atrophique.
a) Le catarrhe muqtieux est caractérisé par une plus ou moins grande quantité de mucosités dans Testomac soit à jeun, soit après les repas, ce qui le difiërencie de Tatonie simple qui ne s'accompagne jamais d'hypersécrétion muqueuse. Les sensations dyspepsiques se déclarent une demi-heure, jusqu'à deux heures après les repas, et sont très souvent accompagnées de Yomiturations composées de restes d'aliments englobés dans des masses muqueuses ; l'appétit est fantasque, irrégulier ; l'épigastre peu sensible; les malades recherchent les aliments salés, épioés ; la langue est loin d'être toujours chargée, tandis qu'elle l'est fort souvent, ainsi que nous l'ayons vu, dans l'atonie ou la névrose.
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Autrefois quand le malade montrait une langue blanche et chargée, on prononçait aussitôt le nom d'embarras gastrique, ou de gastrite sans plus ample informé.
La dilatation ne vient que plus tard. Si le malade n'accuse pas de douleurs vives, il se plaint d'une sensation de plénitude après les repas, de nausées, de vomiturations, de pyrosis, conséquences des fermentations organiques: il n'y a généralement pas de constipation ; l'épigastre est peu sensible à la pression ; la force nerveuse-musculaire est conservée, tant qu'il n'y a pas de dilatation ; l'état général est peu affecté, ce qui souvent établit une distinction impoi'tante entre le catarrhe chronique et le carcinome.
Les symptômes subjectifs du catarrhe et de la dyspepsie nerveuses sont assez sensiblement les mêmes, au début de la maladie principalement. Les malades se plaignent d'une sensation de malaise, de poids, de pesanteur à l'estomac, de renvois, de pyrosis. Ce qui permet de différencier ces deux états, if est le fait que les symptômes morbides sont continus et permanents dans le catarrhe, intermittents dans la néorose, et subissent les fluctuations variées de l'état général nerveux, de la disposition d'esprit du sujet, etc. C'est ainsi que, suivant l'état moral du malade, le moindre aliment produira des troubles digestifs; ou au contraire, les aliments les
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plus lourds et les plus indigestes passeront facilement.
Quand on fait ressortir le repas d'épreuve, on ramène avec plus ou moins de difficulté des mucosités qui obstruent la sonde, et sont un obstacle à la sortie de la bouillie stomacale. Lorsque le contenu de Vestomac ressort facilement, on peut déjà écarter Vidée de catarrhe simple, muqueuxou interstitiel. Dans Vhyperaeidité et la dUatatian, ce contenu remonte sans peine, et sort souvent comme un
jet.
La quantité de HCl. est toujours diminuée, mais
ne disparaît jamais entièrement ; aussi la digestion artificielle de la fibrine par le suc gastrique n'estelle que ralentie, et se fait-elle dans le laps de temps normal, si Ton ajoute HCL au liquide obtenu par la filtration du contenu de l'estomac. Le ferment pepsique ne fait donc pas défaut; ce qui tendrait à prouver que l'importance de la pepsine n'est pas illusoire, comme on serait tenté de le croire aujourd'hui. La digestion artificielle de la fibrine s'opère en eifet, si l'on tgoute HCl. à un suc gastrique anaehlorbydrique, à condition qu'il contienne le ferment pepsique. Mais si l'estomac malade ne sécrète plus de suc gastrique (atrophie, cancer, certains cas de névrose, ou de neurasthénie), la digestion au bain-marie est impossible, alors même qu'on ajoute au liquide filtré de la pepsine et de l'adde chlorhy-
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driqae; ce qui, goit dit en passant, prouve Tinefficacité de la pepsine que fournit la pharmacie.
La cause de la lenteur de la digestion dans le catarrhe tient à la diminution de Tacide muriatique. Mais comme la pepsine est sécrétée en quantité sufsante, la digestion chlorhydro-peptique est bien ralentie, mais non supprimée, et se fait toujours complètement, quoique avec lenteur. Aussi, lorsque les malades atteints de catarrhe gastrique se plaignent de troubles graves de la digestion, la cause en est plutôt l'atonie des muscles, une dilatation plus ou moins avancée avec fermentations consécutives, que le défaut de sécrétion du suc gastrique.
Un symptôme important du catarrhe, c'est la présence des acides de fermentation (acides lactique, acétique et butyrique). On y trouve en outre des mucosités et des leucocytes, qui manquent toujours dans la dyspepsie nerveuse simple. Mais comme la dyspepsie s'accompagne assez souvent de catarrhe, si la présence de mucus parle pour le catarrhe, elle n'exclut pas la possibilité d'une origine ou d'une complication nerveuse.
Grâce au mucus sécrété, et qui agit comme ferment, le sucre des amylacées est transformé en acide lactique, et les liquides fermentes subissent la fermentation acétique. Toutes ces décompositions mettent en outre des gaz en liberté, (hydrogène sulfuré, acide carbonique). Aussi les malades atteints de ca-
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tarrhe ont-ils de temps à auljre des éructations de gaz à odeurs variées, suivant la nature des aliments consommés; ainsi la décomposition des substances albumineuses produit un dégagement de gaz fétides, et la fermentation acétique donne de Tacide carbonique. Souvent des substances d'une saveur acide ou rance remontent en même temps dans la bouche.
Dans la pnetimatose nervmse, au contraire, Us értéctaêions, qui ne sont que des renvois d*air, sont toujours sans odeur ni saveur.
Les matières amylacées sont rapidement transformées en dextrine et en maltose. C'est le contraire de l'hyperacidité. Loreque le catarrhe ne se complique pas de dilatation, le retard apporté à la digestion est insensible, et même sept heures après le repas d'épreuve, le lavage permet de reconnaître que l'estomac est vide; ce qui dénote l'intégrité de la fibre musculaire et l'énergie des mouvements péristaltiques.
Lorsqu'en pratiquant le lavage de l'estomac, le liquide ressort avec peine et renferme des mucosités, c'est alors qu'il faut prescrire HCl, qui fait merveille dans ces cas, tandis que ses effets sont nuls dans l'atonie ou la neurasthénie accompagnée d'une diminution ou de la suppression de HCl.
b) Le catarrhe atropMque ou interstitid de f estomac présente des symptômes subjectifs assez semblaUes à ceux du catarrhe muqueux : après les re-
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pas, sensation de pmds à restomae, vomissements de matières muqneuses et de restes d'aliments, goût amer, langue ronge non chargée. Un symptôme important, caractéristique même de l'atrophie, quand l'analyse du suc gastrique a permis d'âiminer Tulcère, est une douleur vive à l'épigastre, s'irradiant dans le dos, intermittente et à paroxysme. Le malade n'a pas de constipation, n'accuse aucun malaise dans la nuit ; l'épigastre est peu sensible à la pression.
L'examen du stic gastrique est indispensable; il dénote une absence totale de sécrétion du sue gastrique. La digestion artificielle de la fibrine est nulle; pas de « lab » pour coaguler le lait Cependant, le manque absolu de sécréticm gastrique n'est pas un indice pathognomonique de l'atrophie, ainsi qu'on l'a avancé; et nous sommes, croyons^nous, parmi les premiers * qui avons prouvé que la sécrétion du ferment lab pouvait manquer aussi bien dans la névrose que dans l'atrophie.
La dilatation est rare; et les muscles de l'estomac remplissant normalement leurs fonctions, le passage des aliments de l'estomac à l'intestin se fait sans retard, et la digestion intestinale remplace sans trop de désavantage celle de l'estomac. Aussi voit-on souvent des malades affectés depuis longtemps d'une sclérose de l'estomac tout en ayant un air de bonne santé, ce qui élimine de suite l'idée d'un cancer.
^ YP Qlats. Dt» àifipipnei a«ee s^i^ppr^tUm de la êSerétùm diê ê%êc gastrique, 1888.