‹ Dyspepsies nerveuses et neurasthénieChapitre 25 sur 29 · DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

DE L'ESTOMAC

De même que pour toutes les affections nerveuses et neurasthéniques, le pronostic des névroses et de Tatonie de Testomac exige la plus grande réserve : toute la pei*siHcacité du médecin n'y est pas de trop. L'on voit souvent en effet une amélioration rapide dans des cas qui semblent très graves, tandis qu'une très légère neurasthénie peut se prolonger presque ind^niment. Il y a là des faits de dégénérescence et de résistance individuelles, d'états héréditaires ou acquis, dont le médecin tiendra compte, et qui détermineront son jugement sur le plus ou moins de durée ou de gravité de la maladie.

C'est ainsi que certains cas de neurasthénie paraissent déjouer tous nos efforts, et résister, sans qu'on puisse en trouver la raison, aux traitements les plus logiques et les mieux suivis. D'autres fois, au contraire, la neurasthénie gastrique donne lieu à un ensemble de symptômes si graves, que l'on est

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tenté de porter un pronostic très sérieux que ne justifie pas heureusement Tissue de la maladie.

Exemples : M"* X..., neurasthénie, gastralgies, vomissements, amaigrissement extrême, émaciation, anémie profonde, impossibilité absolue de marcher. Après avoir été traitée pendant longtemps mais inutilement pour un ulcère d'estomac, elle est rapidement guérie par Vhydrothérapie, VéectricUé et Visolement

M. J..., 60 ans. Neurasthénie cachectique qui lui donne Taspect d'un cancéreux; symptômes d'atonie profonde des organes de la digestion ; est relativement vite amélioré par le repos, l'hydrothérapie, la faradisation générale du corps, une cure de lait, et l'usage de la noix vomiqne et du sirop d'hypophosphites.

S'il est difficile de prévoir la tournure que prendra chaque cas, il faut généralement s'attendre à ce que la neurasthénie ait une longue durée, et résiste avec une extrême opiniâtreté à tous les efifbrts de la thérapeutique.

Enfin, lorsque l'analyse du suc gastrique a dénoté la suppression absolue de ses éléments, la neurasthénie est grave ; et sa guérison, si elle est encore possible, exigera des efforts inouis du médecin, une persévérance et un esprit de suite dans le traitement, dont peu de neurasthéniques sont capables.

Dans la névrose hystérique simple, on se rappel-

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lera que la présrace des stigmates sensitifs (hémianesthésie et stigmates sensoriels)signa]é8 par Charcot et ses élèves, est toujours un indicateur de gravité de rhystérie. Enfin, Ton n'oubliera pas non plus que toute affection nerveuse est sujette après guérison à un retour offensif du mal.

Dans les cas d'atonie simple avec hypocblorhydrie légère, et neurasthénie peu accusée, la guérison est rapide, si Con iraiie les malades, non par Vingestian â^eaux minérales, mais par le régime, le repos, et une cure d'hydrothérapie et d'électrothérapie faites dans de bonnes conditions, c'est-à-dire loin de V endroit qu'habite le malade. Le changement d'air, de milieu sui*tout, le silence, le repos, les distractions saines et reposantes, la vie simple et tranquille, sont des éléments extérieurs de la cure si l'on veut, mais ont une valeur immense et sont essentiels, indispensables même à la réussite du traitement.

En somme, si le pronostic de la neurasthénie est favorable en ce sens que la neurasthénie ne compromet pas directement la vie, il convient néanmoins que le médecin soit foi*t réservé dans ses appréciations. Car la neurasthénie est une maladie tenace, de longue durée, et sujette aux récidives ; puis, elle enlève tout charme à l'existence, et elle peut, surtout dans les cas de dilatation et d'apepsie, entraver sérieusement la nutrition, et plonger le

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malade dans un épuisement qui supprime ou diminue la résistance de Forganisme et Texpose aux maladies les plus graves, c(»nme la tuberculose, le diabète et toutes les affections qui résultent du ralentissement de la nutrition.

La tuberculose, il ne faut pas Toublier, est une terminaison relativement fréquente de la neurasthénie, et nous avons eu souvent Toccasion de le constater; c'est aussi parfois une fin dans t Thystérie grave, » à laquelle il faut savmr penser dans le pronostic de certains états nerveux, qui, bien que fonctionnels, peuvent avoir les conséquences les plus sérieuses.

Le prof. Orasset^ qui s'est plus particulièrement intéressé aux rapports de Thystérie avec les autres diathèses, écrit : « La tuberculose est, comme toutes les diathèses, une maladie essentiellement générale et constitutionnelle ; la phtisie pulmonaire est une des manifestations de cette maladie, elle n'en est pas la seule. Les névroses en général, Thystérie en particulier, peuvent aussi être la manifestation directe de Taffection diathésique. De même que la chorée est souvent de nature rhumatismale, et Tangine de poitrine de nature goutteuse, de même rhystérie peut être de nature tuberculeuse, le mot

^ Gbassbt. Traité pratiqtte des maktâiies du syslème net' vmx.

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