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tuberculeux ayant ici son sens nosologique, et nullement son sens anatomique. Ce que nous disons là de l'hystérie et de la tuberculose n'est qu'un paragraphe d'un grand chapitre tout aussi vrai des rapports de toutes les névroses, et même de toutes les maladies du système nerveux, avec les diathèses et les maladies générales. »
Le D' Orocq fils, agrégé de la Faculté de Bruxelles, dans son intéressante et très instructive communication au Congrès international de Psychologie de Munich (1896), soutient non seulement la question de l'hérédité en psychopathologie, — question devenue aujourd'hui un axiome, etque personne nemetplusen doute — mais encore admettrait volontiers avec Trousseau la transformation des affections morbides les unes dans les autres, et serait tenté de considérer la tuberculose comme Vaboutissant de toutes les maladies diathésiques. C'est croyons-nous aller un peu loin, et pareille affirmation est trop absolue ; mais nous pensons que l'expérience permet de dire dans tous les cas que la tuberculose peut être, et est même relativement souvent, la fin possible de n'importe quelle maladie diathésique (hystérie, neurasthénie, etc.).
La diathèse, d'après le docteur Crocq, est un état morbide caractérisé par des troubles dans les mutations nutritives. Il paraît indiscutable que le système nerveux préside h tous les échanges nutritifs ; il semble dès lors certain que les troubles nutritifs
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permanents sont liés à des troubles permanents du système nerveux, qui dépendent de véritables dégénérescences de ce système.
Et, en vérité, la dégénérescence et la diathèse possèdent de nombreuses connexions; toutes deux sont des états morbides éminemment héréditaires. Dans les maladies diathésiques le D' Crocq fiait rentrer toutes les maladies de la nutrition, puis la tuberculose, le cancer, les affections herpétiques et nerveuses, Faliénation mentale, les maladies du cœur, le fibrome, le lymphadénome, le sarcome, le rachitisme, Tostéomalacie, la migraine, Tartério-sclérose, Tobésité, la scrofule, le rhumatisme. Ces maladies si nombreuses semblent toutes dépendre d'une cause commune.
Les auteurs modernes donnent à ces maladies le nom d'arthritiques; Crocq voudrait appeler simplement cet état la diathèse, ou trouble dégénératif du système nerveux. Cet état diathésique peut non seulement donner naissance à toutes les maladies que nous venons de signaler, mais il peut se transformer chez le même individu, ou donner lieu à des maladies par hérédité similaire ou par hérédité de transformation ; et c'est ainsi que nous voyons un père aliéné donner naissance à des enfants sans tares psychiques proprement dites, mais dont l'un est goutteux, l'autre tuberculeux, un troisième cancéreux et ainsi de suite.
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C'est aussi pour la même raison que nous voyons un hystérique ou un neurasthénique chronique échouer en fin de compte dans la phtisie pulmonaire; et il importe de se le rappeler lorsqu'il s'agit de porter le pronostic sur certains sujets hystériques ou neurasthéniques. Il faut savoir tenir compte en outre de la gravité delà diathèse: certains sujets ou certaines familles sont légèrement atteintes, d'autres le sont à un très haut degré.
En résumé, conclut le D' Crocq, — et les médecins qui ont quelque expérience des maladies nerveuses ne seront pas éloignés de souscrire aux mêmes conclusions, — toutes les maladies diathésiques sont susceptibles de se transformer héréditairement en psychoses; celles-ci, d'autre part, se transforment fréquemment en toutes les affections dans lesquelles se présentent les manifestations de la diathèse.
Il n'y a qu'une diathèse, la diathèse; c'est l'état morbide, l'état de dégénérescence spécial, inné ou acquis, qui engendre les nombreuses maladies diathésiques et en particulier les psychopathies.
Cette manière d'envisager la question de la diathèse n'est pas entièrement partagée par l'école de Charcot, qui reconnaît bien la solidarité de la diathèse urique, de la tuberculose, de la syphilis avec la névropathie, mais nie la relation de cause à effet. D'après elle, il n'y a que des associations symptomatiques plus ou moins fréquentes ; c'est une ques-
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tion de terrain et non une question de graine. L'arthritisme et le nervosisme ont entre eux de nombreux points de contact, nuiis ils ne s'engendrent pas mutuellement, ni réciproquement
L'hérédité névropathique reste donc la cause primordiale de rhystérie ; la névrose est une branche de la grande famille névropathique. Ses rapports avec Tarthritisme, par exemple, ne sont jamais que des points de contact, et non des points de fusion ; rhystérie est une dans son hérédité, comme elle restera indivisible dans son évolution ^
Ces questions ne sont pas faciles à résoudre, et, à notre avis, ne peuvent être tranchées définitivement ni dans un sens, ni dans Tautre. Il reste un fait important et incontestable, c'est qu'il n'est pas rare de voir un arthritique, un goutteux par exemple, finir dans le cancer, comme de voir la tuberculose terminer l'hystérie grave. Il est difficile d'admettre toujours une simple coïncidence; et ces faits, dont chaque praticien pourra se rappeler quelques cas, parleraient certainement en faveur de la transformation des diverses maladies dites diathésiques ; tandis que d'après Charcot, l'hystérie, une et indivisibk selon son expression, ne pourrait être engendrée par l'arthritisme ou la tuberculose, la névropathie hystérique seule étant capable de produire
^ GiiiLBS DB LA TouBSTTB. TroiU de l'hifstérie.
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rhystérie. Dans les cas où il existe une affection organique à côté de Thystérie, il s'agirait d'après Charcot d'une /orme mixte hystéro-organique.
« Cette forme mixte existe-t-elle en réalité dans la clinique ? Oui, très certainement ; et peut-être estelle même plus fréquente qu'on ne le croit, bien que, si je ne me trompe, les auteurs la passent sous silence. Chez un sujet hystérique, lorsqu'une affection organique se développe, les symptômes relatifs à chacune des deux affections peuvent se combiner de manière à constituer un métis pathologique, dont l'histoire naturelle doit être bien connue du médecin *. »
Cette assertion, aussi brièvement formulée, est certainement trop absolue, et gêne incontestablement l'interprétation de certains faits faciles à contrôler, et, il nous semble, tout à fait caractéristiques.
La question dans tous les cas vaut la peine d'être étudiée et serrée de près, et devrait être soumise à une sorte de plébiscite médical, dont les résultats seraient non seulement intéressants, mais fort utiles à connaître.
En effet, il ne s'agit pas seulement de discussions théoriques ou oiseuses, mais de la compréhension
'Chabcot. Leçons sur Us maladies du système nerveux, t. m et Gilles de la TouBEm. Traité de ^hystérie.
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qu'on se fait de Tessence même de la maladie, ce qui a de suite une grande valeur thérapeutique. Le r^me, les soins hygiéniques, le genre de vie à prescrire, à une hystérique par exemple, seront tout autres, si Ton envisage, ainsi que cela se fait encore trop souvent, Thystérie comme une simple névrose fonctionnelle ne présentant jamais de danger, guérissable quand le bon Dieu le veut bien, partant très relativement digne de Tintérêt du médecin, ou si Ton a dans Thystérique la vision d'une tuberculeuse future possible. Les prescriptions du médecin seront aussi plus sérieuses, et plus sévères, s'il voit dans l'arthritique neurasthénique la possibilité d'une transformation de sa maladie en diabète, et ainsi de suite.
En outre, l'arthritisme et la neurasthénie marchent bien souvent de front, l'arthritique étant tout spécialement prédisposé, presque prédestiné, à la neurasthénie, qui devient alors une complication de la diathèse urique, et aboutit facilement à des troubles plus graves de la nutrition, à la phosphaturie ou à la glycosurie. Il n'est certes pas rare de voir l'arthritique goutteux verser peu à peu dans la neurasthénie, puis en fin de compte dans la glycosurie. Nous disons glycosurie et non diabète, car généralement dans ces cas-là, le diabète est léger, alimentaire, par cela même intermittent, bénin et guérissable, quand la maladie est prise à temps, et que le ma-
'IS'iû
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lade est d'un caractère assez énergique pour suivre le régime et le traitement qui lui sont imposés.
Il n'en est pas moins vrai que le mélange possible des affections arthritiques et de la neurasthénie complique fort le problème, et assombrit bien souvent le pronostic. Ajoutons que dans tous les cas de neurasthénie avec arthritisme, l'hydrothérapie est naturellement indiquée, lorsqu'on veut relever le tonus nerveux du malade, et donner un coup de fouet salutaire aux échanges organiques. Mais l'hydrothérapie n'est autorisée que si les forces du malade ne sont pas trop épuisées ; et c'est alors à Vhydrothérapie chaude et froide qu'il faut avoir recours ; et certainement, les douches dites écossaises sont, dans toutes les affections rhumatismales et arthritiques, de beaucoup préférables aux seules douches froides, dont quelques médecins, nous le reconnaissons, ont toutefois une crainte exagérée.
C'est ainsi que bon nombre de goutteux neurasthéniques, dans l'ftge de 50 à 60 ans prennent des douches froides, se louent hautement de l'effet tonique et reconstituant qu'ils en éprouvent, et ne se plaignent pas de la moindre sensation pénible ou désagréable. Au contraire, toutes les fonctions se font mieux : l'urination est plus copieuse et plus complète, l'appétit plus aiguisé, la digestion meilleure, la circulation est plus active et plus régulière, le pouls plus calme et plus fort. Rien ne remonte
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ces malades comme la douche ou la friction au drap mouillé ; rien ne relève mieux rabaissement de la tension du pouls.
Après la cure de Karlsbad ou de Vichy, le meilleur conseil qu'on puisse donner à un arthritique, est de faire pendant trois ou quatre semaines une cure d'air et de repos, combinée à un traitement bien ordonné d'hydrothérapie.
Evidemment, les douches ne peuvent être appliquées sans contrôle aux artério-scléreux, ou aux personnes chez lesquelles on peut soupçonner un état morbide du myocarde.
Chez un sujet arthritique, vers les 50 ans, lorsqu'on remarque de la dyspnée d'effoi*t, des palpitations, de petits accès de suffocation nocturne, lorsqu'il se plaint que l'exercice de sa profession lui devient pénible, si l'examen du cœur permet de constater une accélération des battements, qui peuvent être réguliers mais toujours faibles, on est en droit, s'il n'y a aucun signe de néphrite interstitielle, de penser h une myocardite chronique dont le pronostic est toujours inquiétant. Certes dans ces cas-là, les douches seront exclues; mais Ton prescrira soit les eaux thermales indifférentes, soit les cures hydrothérapiques par les demi-bains tempérés, employés concurremment aux cures de lait, de repos, k l'usage de l'iodure de sodium et de la digitale.
Dans tous les cas de neurasthénie avec ou sans
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arthritisme, nous ne pouvons trop recommander Fusage quotidien de la serviette mouillée, avec laquelle on fait chaque matin une friction de tout le corps, Teau ayant une température de 22° à 14° C. Cette opération, faite au sortir du lit, doit être continuée toute Tannée, et devenir pour le malade un besoin aussi impérieux que le manger et le boire.
La friction à la serviette mouillée est bien préférable à l'opération du a tub ; » elle n'impressionne en rien le siyet, et relève d'une façon remarquable la tonicité et l'énergie du muscle cardiaque; elle produit en réalité des effets qui rappellent beaucoup ceux de la digitale ; c'est un véritable tonique du cœur. Aussi pensons-nous que le jour n'est pas éloigné où l'hydrothérapie méthodique, tout au moins les applications de la serviette mouillée, jouei-ont un rôle thérapeutique important dans les affections organiques du cœur.
Que de batailles pénibles et de luttes difficiles n'a-t-il pas fallu pour renverser les préventions et les préjugés qui avaient coui*s, même parmi les meilleurs médecins, contre le traitement hydrothérapique du typhus, de la scarlatine, de la rougeole, en un mot de toutes les affections fébriles aiguës !
On peut bien répéter ici que celui qui a détruit un seul préjugé a bien mérité de l'humanité.
Il en est, et il en sera de même de l'hydrothérapie appliquée aux maladies du cœur et à l'arthritisme.
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Ici encore, l'eau employée judicieusement et en connaissance de cause, donne des résultats très favorables et très encourageants, si Ton n'oublie pas dé placer en même temps les malades dans les conditions physiques et morales que nécessite le traitement de toutes les affections nerveuses et arthritiques.
n ne faut pas oublier cet axiome thérapeutique si important que toutes les maladies de la nutrition ont pour origine quelque trouble du système nerveux ; qu'en conséquence, le traitement le plus rationnel, c'est-à-dire le traitement causal, est celui qui s'adresse aux nerfs. C'est ce qui explique les bons effets de l'hydrothérapie et des bromures dans certaines périodes du diabète, de la glycosurie, et aussi de la goutte. L'hypothèse de Sir Dyce Dukworth, qui regarde la goutte comme une névrose, nous paraît en réalité fort admissible.
Le médecin, qui traite beaucoup de nerveux et d'arthritiques, arrivera, croyons-nous, à la conviction que les maladies arthritiques ne sont qu'une manifestation particulière d'une diathèse nerveuse; et il n'admettra certainement pas que l'état nerveux ne soit que secondaire, et produit par une intoxication due au ralentissement de la désassimilation et à l'expulsion insuffisante des produits ultimes de la nutrition. Les deux phénomènes sont évidemment intimement liés entre eux, et réagissent l'un sur