‹ Dyspepsies nerveuses et neurasthénieChapitre 27 sur 29 · ET DB L^ ATONIE DE L^ESTOMAC · texte numérisé non relu

ET DB L^ ATONIE DE L^ESTOMAC

Tautre ; mais les troubles nerveux commandent certainement les troubles de la nutrition.

En résumé, la dyspepsie nerveuse et neurasthénique est une affection sérieuse par sa longue durée, sa ténacité et sa tendance aux rechutes. Dans tous les cas, on aura soin de relever avant tout, et le plus possible le moral du malade; mais on ne le bercera pas d'illusions mensongères, plus dangereuses que la vérité telle qu'elle est. Car le neurasthénique exagère tout, et si le médecin lui dit que sa maladie n'est rien, que n'étant que fonctionnelle, dynamique, elle guérira vite, — ce qui ne sera jamais le cas, — il sera de fait beaucoup mieux pendant quelques jours : on le verra gai, plein d'entrain et de confiance; il maudira le sort qui ne lui a pas fait rencontrer plus tôt un médecin si compétent et si entendu. Mais au bout d'un certain temps, quand il verra que les prévisions ultra-optimistes du spécialiste ne se réalisent pas, il retombera dans un abattement d'autant plus profond, qu'il aura été plus déçu dans l'espoir exagéré qu'on lui aura donné. Alors le médecin, qu'il portait aux nues, ne vaudra plus rien; il vaudi'a même moins que les autres; du reste aucun ne comprend sa maladie, ou tous le trompent ; navré, il abandonne la faculté, s'adresse de droite et de gauche à tous les empiriques qu'on lui signale, revient aux médecins, retourne aux empiriques, use et abuse des remèdes dont il lit les

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miracles à la quatrième page des journaux, entretient ainsi du mieux qu'il peut sa neurasthénie, et finit par devenir l'un de ces «Juifs errants » de la médecine, comme les appelait Charcot, qui courent de pays en pays, de villes en villes, encombrant les cabinets des médecins à la mode, cherchant en vain une guérison, que dans ces conditions ils n'arrivent jamais à trouver.

Le médecin, qui aura quelque chance alors de sauver ces malheureuses épaves d'un naufrage complet, est celui qui osera leur dire franchement et carrément la vérité; qui tout en leur affirmant la possibilité, sinon la certitude d'une guérison, ne leur cachera pas le sérieux de leur état ; qui saura leur dire que leur maladie sera, selon toutes les probabilités, très longue; qu'ils doivent s'armer de courage, et surtout de patience et d'énergie, opposant à la ténacité du mal une ténacité plus grande encore de caractère; et qu'il leur faut prendre enfin une fois pour toutes la ferme résolution de suivre pendant tout le temps nécessaire et sans dévier d'une ligne, la conduite tracée par le médecin. De cette manière si le malade est trompé, ce sera en bien, ce qui ne contribuera pas peu à relever son moral déprimé et abattu. Or, c'est le résultat qu'on doit chercher avant tout à obtenir, et sans lequel on ne peut espérer ni attendre aucun succès dans le traitement de la neurasthénie.

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Lesphénomèms cardiaques, qui se montrent dans les dyspepsies nerveuses sont parfois si intenses, et font croire si souvent à une affection organique du cœur, qu'ils méritent une mention toute spéciale dans une étude sur la neurasthénie, et les névroses de Testomac. Ils constituent cette forme particulière de la neurasthénie encore relativement peu étudiée et peu connue, à laquelle on a donné le nom de neurasthénie vaso-motrice, et celui de faux cardiaques aux malades atteints de cette très pénible névrose.

La neurasthénie vaso-motrice est Teffet d'actions réflexes qui impressionnent plus spécialement le« nerfs vague et sympathique, ainsi que la moelle allongée.

Le neui'asthénique est très impressionnable, peu capable de résistance, et il réagit outre mesure à la moindre excitation, au plus léger choc. Chez les personnes prédisposées aux névroses cardiaques, les sensations périphériques ou centrales excitent avec excès la moelle allongée, et accélèrent l'action du cœur : delà les palpitations. Cest la première Jorme de la névrose vaso-motrice, la forme excUo-motrice par irritation de la moeUe aUongée et du sympathique.

Une detuxnème forme très importante, et très caractéristique aussi est produite par la parésie du pneumogastrique.

Ces deux formes sont généralement confondues, et existent simultanément avec prédominance de la

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parésie ou de l'excitation, mais toujours avec intégrité de la fibre cardiaque. La forme purement parétique peut s'accompagner d'oedèmes très graves, qui coïncident généralement avec un état de faiblesse du cœur. Cette forme de parésie vasculaire se montre surtout chez les neurasthéniques cérébraux, chez les intellectuels surmenés, chez les personnes qui souffrent d'insomnies, chez celles qui ont fait des excès, ou qui ont été tourmentées par les soucis et les préoccupations de l'existence. Ce sont ces neurasthéniques qui se plaignent de pàlpUaHons violentes, de syncopes, de congestions à la face, de « sauts de sang » à la tête ; or, tous ces symptômes inquiètent terriblement ces malades pusillanimes, et leur inculquent cette idée, si difficile à chasser, d'une affection organique du cœur.

Il n'y a pas lieu de se préoccuper beaucoup de ces symptômes, ni des syncopes, alors même qu'elles se montrent dans les maladies du cœur. Car, ainsi que le dit le professeur Huchard, si la syncope est d'une façon générale un symptôme cardiaque, elle n'est pas le symptôme d'une affection cardiaque.

n cite le cas d'un jeune homme atteint d'insuffisance mitrale, et sujet aux syncopes sans cause apparente. Ce malade était hystérique, et c'était l'hystérie qui était la cause des accidents de syncope. Ainsi un cardiaque à syncopes, à palpitations violentes, à phénomènes angineux, qu'on ne peut rapporter à

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une affection des artères coronaires, doit être considéré comme suspect d'hystérie. L'hystérie cardiaque peut donc se montrer chez de vrais cardiaques; de là de nombreuses erreurs de pronostic^.

Quant aux palpitations, elles sont d'un pronostic fayorable,puisqu'ellesne constituent jamais le phénomène prédominant des cardiopathies organiques. Il en est de même des syncopes et des « douleurs au cœur. » Les malades, qui n'accusent que ces symptômes, ont toute chance de ne pas être atteints de cardioptxthie rééUe, et de n'avoir que des troubles fane- Uonnds du coeur d'origine gastrique ou nerveuse. Les bruits de souffle que Ton peut constater dans ces cas sont extra-cardiaques, et ne peuvent être constatés quand le malade est ausculté debout.

Qtumd un malade se plaint de palpitations, qu'il soit cardiopathe ou mon, pensez à Testomac et soignez-W. Même quand un malade atteint d'insuffisance aortique a des vertiges, des lypothymies ou des syncopes, ne parlez pas de suite d'anémie cérébrale ; mais rappelez-vous que dans la majorité des cas, l'estomac est en cause. C'est pourquoi il y a des palpitations admirablement calmées par la digitale, et d'autres aggravées par elles. « L'estomac, dit Leinac, est une des causes les plus ordinaires des palpitations,

^ Prof. HucHARD. Conférences cliniques. Journal de Méd., fév. 1896.

* Prol HuoHABD. Ibid,

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les dérangements de ce viscère ne doivent pas être |)erdus de vne dans le traitement de celles-ci, et les remèdes qui facilitent la digestion sont des remèdes de ces palpitations. »

Les pàlpUations nocturnes, regardées souvent à tort comme nerveuses ou arthritiques, doivent être attribuées très souvent à un état stomacal, surtout à rhyperchlorhydrie et à l'hypersécrétion. Stokes dit que l'irrégularité de l'action du cœur n'est jamais plus forte que dans les cas oii il n'y a pas de lésions vasculaires. Il y a du reste des gastropathies latentes chez des malades qui n'accusent qu'une lassitude générale, une insomnie, un amaigrissement inexpliqué jusqu'au jour oii l'examen du suc gastrique éclaire le médecin sur la cause des accidents. C'est ainsi que des malades sont considérés pendant des années comme des cardiaques, et qui ne sont que des dyspeptiques.

Les intermittences du cœur, quand elles existent seules, sont rarement l'indice d'une maladie du cœur. L'abus du café, du thé, du tabac surtout, les troubles digestifs, sont les causes les plus fréquentes des intermittences. Elles sont souvent en rapport avec les fautes de régime alimentaire; et c'est ainsi que la dyspepsie des gens du monde, qui dînent souvent en ville, engendre de fausses cardiopathies, avec arythmie et palpitations intermittentes, d'origine gastrique. Quand on se trouve en présence d'une

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arythmie cardiaque, sans souffle vasculaire, on ne peut se poser que deux diagnostics: celui d'une cardio-sclérose, à forme arythmique, et à son défaut, celui d'une arythmie nerveuse ou réflexe. L'absence des stigmates de Tartério-sclérose (hypertension artérielle, retentissement diastolique de Taorte, signes de meiopragies viscérales et d'insuffisance urinaire, dyspnée alimentaire, etc.)» permet le plus souvent d'arriver au diagnostic ^

Le traitement des fausses cardiopathies consiste en : hydrothérapie, valérianate d'ammoniaque, massage> et traitement de la dyy^^feie.

A propos des faux cardiaques, voici un cas intéressant d'hystérie simulant en tous points une lésion d'orifice.

Il s'agissait d'une femme de 23 ans, bien portante, qui depuis trois ans ressentait une vive douleur précordiale. Elle vint à l'Hôpital avec un oedème considérable des membres inférieurs, les lëvresbleuies, de la d]rspnée. On constate un volume normal du cœur, mais à la pointe un souffle systolique rude et prolongé. De prime abord, on pense à une affection organique; mais en examinant de plus près, on s'aperçoit que la malade présente des signes hystériques très nets. C'est en se basant sur ces données, et sur le volume

BuHetin médical, 6 mai 1896. c Faux Cardiaques », par le prof. HiJCHABD.

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