‹ Dyspepsies nerveuses et neurasthénieChapitre 5 sur 29 · DB LA DY8P£P8I£ HXBVEUSE · texte numérisé non relu

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fer, de quinine); par les bromores; au besoin par la dilatation forcée. On aura recours aussi aux cures de repos absolu,d'isolement;et on conseillera, s'il estnécesBaire,rexceUent moyen calmantquiconsisteàfaire ajourner les miUades dans une chambre noire pendant deux à trois heui-es par jour. Le repos dans le silence et Tobscurité apaise en effet d'une façon très remarquable les nerfs; c'est une ressource parfois précieuse, et dont il faudra se servir dans tous les cas d'excitation ou d'agitation nerveuse qui résistent aux traitements calmants habituels.

Les diarrhées nerveuses simples peuvent être aussi dues à un trouble fonctionnel desganglions nerveux, qui tiennent sous leur dépendance les mouvements péristaltiques. Ces diarrhées, si fréquentes chez les névropathes, sont avantageusement combattues par la belladone et l'atropine, dont l'action sédative sur les ganglions nerveux et les terminaisons nerveuses des parois intestinales est bien connue.

L'hydrothérapie chaude et froide, la galvanisation et la faradisation du ventre joueront aussi un rôle important dans le traitement de la diarrhée nerveuse. La décoction de myrtilles nous a paru aussi utile dans cei-tainscas; on fait bouillir 200 grammes: de baies sèches dans 500 à 1000 grammes d'eau, jusqu'à évaporation d'un tiers du liquide; puis on laisse refroidir et on passe. Le malade boit deux à trois verres par jour de cette décoction.

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En résumé, le diagnostic différentiel des troubles nerveux de l'intestin d'avec le catarrhe chronique, et les autres affections intestinales, peut être établi par un ensemble de faits actuellement bien définis, et suffisamment caractéristiques pour éviter toute confusion ou toute lourde méprise.

Et d'abord, le catarrhe produit à la longue un retentissement fftcheux sur l'état général du malade, qui maigrit et s'affaiblit. Dans la névrose de l'intestin^ les malades conservent généralement un aspect florissant, alors même que la maladie dure depuis des années. Toutefois, l'entérite pseudo-membraneuse coïncidant le plus souvent avec un état d'épuisement nerveux, dont elle n'est en somme qu'un symptôme, peut amener après elle une vraie cachexie neurasthénique, et simuler ainsi un état organique de l'intestin.

L'amaigrissement et l'apauvrissement de l'individu n'indiquent donc pas, tant s'en faut, l'absence de la névrose; mais en revanche, la conservation apparente de la santé exclut le catarrhe chronique, ou toute autre affection organique de l'intestin.

Dans le catarrhe comme dans la névrose, la constipation alterne avec la diarrhée; mais en cas d'entéropathie nerveuse, la diarrhée se déclare dans la journée, surtout après les repas, après une impression morale, ou après une émotion quelconque ; ce qui n'est pas le cas dans le catarrhe, où la diarrhée paraît suilout et de préférence pendant la nuit. Le

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moindre écart de r^me augmente aussitM le dévoiement dans le catarrhe; tandis que les nerveux peuvent supporter, souvent sans aggravation de leur état, toute espèce de nourriture ; le régime mixte est même ee qui leur convient le mieux.

Le palper abdominal fournit aussi des signes importants chez les sujets nerveux, chez lesquels par exemple Faorte abdominale est très sensible à la pression ; dans le catarrhe, c'est le colon descendant qui est douloureux. Mais les cas bien tranchés sont toujours rares dans la pratique, où catarrhes et névroses se trouvent souvent confondus, et existent simultanément.

Les formes mixtes sont peut-être les plus fréquentes, parce que Taffection intestinale est d'origine à la fois nerveuse et catarrhale, ou qu'elle tourne au catarrhe après un début exclusivement nerveux.

Le traitement s'inspirera de l'état actuel du sujet, et s'adressera tantôt à l'état catarrhal, tantôt à l'état nerveux, suivant que l'état nerveux ou catarrhal prédominera. Dans les prescriptions diététiques, on évitera le plus possible l'alimentation à digestion intestinale ; on veillera à l'évacuation quotidienne et r^lière de l'intestin, pour éviter la stagnation des matières, et les fermentations susceptibles d'augmenter l'irritation ou l'inflammation de l'intestin.

Enfin, après chaque selle, nous faisons un lavage de l'intestin, soit avec une infusion de camomille ou

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de yalériane^ soit plus simplement avec de Teaa tiède, à laquelle on ajoute une solution de timin ou d'acide borique. Nous pratiquons le lavage de Tintestin de préférence avec une solution de tanin de Vi ^ Vsï 6t même de 1 •/<>. Le récipient de contenance de 3 à 4 litres d'eau, est maintenu à 1 Vs ou 2 mètres au-dessus du lit; le malade est couché, le siège relevé, comme pour les grands lavements d'huile ; on laisse pénétrer lentement le liquide, qui, lorsque le malade est habitué à l'opération, ressort à mesure qu'il entre; de sorte que l'irrigation ne produit ni douleur, ni gonflement de l'intestin. Nous avons guéri, par ces moyens, combinés avec les maillots et les demi-bains hydrothérapiques, de nombreux malades qui ensuite guérissaient eux-mêmes très vite les rechutes toujours assez fréquentes auxquelles ils sont exposés; et cela chez eux, en recourant aux lavages, aux maillots, au régime, toutes choses assez faciles à faire à domicile. Notre confrère le professeur Bevilliod, de Genève, a recommandé le traitement suivant dans la colite muco-membraneuse : « L'intestin est préalablement nettoyé par un lavement évacuant (lavement borique ou avec01:Bicini); puis on administre un lavement cpmposé de mucilage de pépins de coings 500 gr., sous-nitrate de bismuth et salicylate de bismuth ââ 10 grammes. Le malade doit arriver à garder peu à peu ce lavement pendant 24 heures. Ce traitement, simple et de manutention facile, rend dans certains

cas d'excellents services. Ewald a recommandé, dans la colite, les lavements de chloral (50 à 70 centigr.), et d'eau de chaux (250 grammes), avec ou sans tanin (1 à 2 7o)- On injecte le liquide après chaque selle. A l'intérieur, il prescrit la poudre suivante : Rp. Benzonaphtol

Résorcine

SalicyL de Bi : ai

Poudre d'une plante aromatique, q : s :

Les diarrhées catarrhales sont parfois si fréquentes et si persistantes, qu'elles plongent le malade dans un état de faiblesse générale extrême, dans une vraie cachexie qui éveille le soupçon d'une affection organique de l'abdomen. La faiblesse et l'épuisement peuvent prendre une marche rapide et une allure inquiétante; aussi le traitement doit-il être sévère et énergique.

On prescrira la diète lactée exclusive, en faisant prendre 2 à 3 litres de lait par jour, par tasses toutes les heures, et même chaque Vi d'heure, si l'estomac supporte difficilement le lait. La « cure de lait » (lait suisse stérilisé) a des propriétés constipantes, qui en font un remède vraiment héroïque dans la diarrhée et la dysenterie chronique. Après que la diarrhée a été arrêtée par le régime lacté, nous prescrivons'des bouillies au lait faites avec du gruau ou de la farine d'avoine, avec de l'orge, de la farine de lentilles, du tapioca, avec de la farine

Nestlé; puis nous ajoutons à ce régime les œufs à la coque, les consommés, le beeftea, le riz à Teau; et peu à peu nous arrivons au régime ordinaire du malade, mais en ne permettant la viande qu'en dernier lieu.

Le même traitement végétarien (lait, œufs, féculents, fruits), qui réduit au minimum les toxines alimentaires, est à recommander dans le cancer du rectum, la colite glaireuse, etc.

On recommandera en outre les frictions de tout le corps avec le gant de crin, suivies de lotions aromatiques (Baume de Fioravanti, Uniment de Rosen, etc.), et de frictions avec la serviette mouillée ; on arrivera enfin aux enveloppements dans le drap mouillé (maillots échauffants), pendant 30 à 60 minutes, suivis de la friction au drap mouillé ou de la douche froide; on aura aussi recours à la douche écossaise ou alternative, au massage de tout le corps, à la faradisation du ventre. Comme médicament, nous prescrivons le salol, uni au bicarbonate de soude, dont on peut faire prendre jusqu'à 6 grammes dans les 24 heures, par cachets de 1 gramme.

Ce médicament est utile dans la dilatation et la dyspepsie intestinale; et il est un bon palliatif des diarrhées, des éructations gazeuses, du pyrosis et du météorisme. Il en est de môme du salicylate de bismuth seul, ou uni au salol et au naphtol. On peut recommander comme boisson la tisaae de Boses de

Provins, deux à quatre verres d'une infusion de pétales secs de Roses de Provins, et la décoction de myrtilles dont nous avons parlé plus haut. On fait boire deux à quatre verres par jour de cette décoction, dont Teffet serait souvent supérieur à celui des préparations de bismuth.

Enfin, nous pouvons recommander dans les diarrhées chroniques, la poudre suivante :

Rp. Craie préparée

Phosphate de chaux iâ 20 grammes.

Salicylate de bismuth 10 grammes, à prendre trois cuillerées à café par jour.

Disons encore que nous avons trouvé, dans le lavage de Testomac, un moyen très efficace pour arrêter les vomissements des hystériques. Il suffit de le pratiquer avec une certaine mise en scène; et c'est chez les hystériques qui ne connaissent pas la sonde stomacale, un moyen suggestif de premier ordre, qui manque rarement son but et son effet, au début du traitement tout au moins; car toute impression s'use vite chez les hystériques.

L'atonie de l'estomac est bien souvent le symptôme le plus important, sinon le seul dont se plaignent les neurasthéniques. Ces malades attirent toute notre attention sur leur estomac dont ils souffrent continuellement. Hais, si vous les questionnez sur les autres symptômes neurasthéniques, vous obtiendrez généralement cette réponse : oui, nous

ressentons tout cela ; mais cela provient sûrement de Testomac; et Ton nous a dit que tout disparaîtra quand Testomac sera guéri.

En réalité, c'est prendre TefiFet pour la cause ; ce n'est pas Testomac qui fatigue le malade, c'est l'épuisement nerveux qui rend l'estomac atonique. Tous ceux qui souffrent de dyspepsie atonique ou neurasthénique éprouvent les mêmes sensations de pression, de pesanteur, de gonflement après les repas; ils sentent que la digestion est lente, pénible; mais ils ne se plaignent presque jamais de douleurs vives, comme on le remarque dans la dilatation, le cancer, la névrose, ou l'hystérie; en revanche, ils sont incommodés par d'incessantes éructations qui se produisent à jeun, aussi bien que pendant les digestions ; ils sont gonflés après les repas, doivent défaire leurs vêtements, mais n*ont pas de vomis^ sements, qui ne se montrent que dans l'hystérie, l'ulcère, ou la dilatation par cause organique. De plus, les neurasthéniques éprouvent souvent un. besoin invincible de dormir après les repas; de& vapeurs leur montent à la tète; la face devient rouge et congestionnée; ils se plaignent d'insomnies; et malgré leur désir, quelle que soit leur volonté, quoi qu'ils sentent les paupières lourdes et la tête fatiguée, ils ne peuvent trouver le sommeil; ou celui-ci est intermittent, agité, entrecoupé de rêves et surtout tourmenté par des idées noires, des obses»

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sions angoissantes et dépressives. Parfois ils ont des palpitations, de Toppression, de la diarrhée qni survient brusquement après qu'ils ont mangé; puis viennent les symptômes généraux de Tépuisement nerveux : la tristesse morale, Fennui, une tendance à voir les choses en noir, le dégoût du monde et de la vie, la fatigue de la pensée, la difficulté et Timpossibilité de se livrer à un travail quelconque de longue durée, la diminution ou même la perte de la mémoire, et cet abattement particulier que les malades ressentent en se réveillant, comme si le sommeil, loin d'avoir réparé leurs forces, n'avait fait que les épuiser davantage.

La moindre tension de Tesprit produit de violents maux de tête, ce que les malades appellent leurs pltmues; ou un resserrement très pénible aux tempes, ce qui donne au patient la sensation d'un casque trop lourd, ou d'un étau qui comprime la tète fatiguée, et les oblige à la soutenir de la main. Enfin la défaillance de la volonté, le manque d'énergie et de confiance en soi, l'irritabilité excessive du caractère, une impressionnabilité maladive physique et morale, l'intermittence dans la résistance morale, l'anxiété, l'angoisse, le doute de soi-même et de tout, le désir et la crainte de la mort, le pessimisme, cette forme la plus subtile et la plus amère de la neurasthénie, tels sont les caractères principaux do l'état neurasthénique.

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Ces symptômes peuvent être plus on moins prononcés, parfois simplement ébauchés ; mais ils ne manquent jamais, et nous permettent très vite de reconnaître à quel genre de maladie, et par cela même de dyspeptique, nous avons affaire.

Nous devons appeler ici l'attention sur une forme particulière de la neurasthénie qui atteint le larynx: affection rare, généralement méconnue, parce qu'elle est peu décrite dans les livres, mais dont il importe cependant d'avoir une idée claire et juste, pour éviter toute erreur de pronostic et surtout de traitement. La neurasthénie peut déterminer une parésie des constricteurs ou des dilatateurs de la glotte. Dans le l*' cas, la paralysie des OrUxhAryténoïdiens latéraux produit l'enrouement, l'aphonie ; de plus, le malade se plaint d'insomnies, de sueurs profuses, de vertiges, de faiblesse de la vue et de l'oule.

Dans ces cas-là, le traitement local, appliqué directement au larynx, produit un effet délétère, et aggrave la maladie plus qu'il ne l'améliore.

Il ne faut pas confondre cet état avec la laryngite spasmodique, où le malade souffre de quintes de toux violentes, est congestionné, bouffi, hors de lui, a le pouls filiforme et à peine sensible. Dans ce cas, on peut couper la crise par un badigeonnage profond (à la cocaïne par ex.) du phai7nx, et de la portion sus-glottique du larynx. Les quintes de toux s'arrêtent comme par enchantement.

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Le traitement de la neurasthénie du larynx doit s'adresser à l'état général; on ordonnera l'hydrothérapie et l'électricité sous forme de faradisation générale du corps, et la galvanisation centrale d'après la méthode de Beard.

La paralysie des dilatateurs (crico-aryténoïdiens postérieui-s) a pour symptôme principal de la dyspnée : le malade se plaint d'avoir des accès de suffocation, surtout pendant la nuit, La voix est claire, forte, ronflante.

Les crises laryngées sont dues à la paralysie des dilatateurs, et peuvent constituer un des seuls signes prémonitoires du tabès; dans ce cas, le réflexe du genou fait défaut, tandis qu'il ne manque pas, qu'il est même parfois exagéré dans la neurasthénie.

Ex. : malade qui se plaint d'accès d'étouffement avec respiration sonore, éclatante, survenant lorsqu'il marche un peu vite ou monte les escaliers; le repos calme l'accès. Le laryngoscope fait reconnaître une paralysie des dilatateurs de la glotte ; l'expectoration est difficile, ce qui annonce une participation du pneumogastrique.

Le diagnosticest: Affection bulbaire (Sclérose, syphilis ou tumeur); la cure antisyphilitique ne donne aucun résultat, et le malade guérit par un traitement hydrothérapique, et par l'électrisation des muscles du larynx, du bulbe et du cou. Il s'agissait donc d'une neurasthénie ou névrose laryngée.

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Le D' Bosenthal a décrit sons le nom de « dyspepsie émotionnelle » nne variété de dyspepsie à forme aiguë, qui fait suite à des émotions vives (frayeur, colère, etc.). Elle se distinguerait, d'après lui, de la neurasthénie gastro-intestinale ordinaire^ par son étiologie et la facilité relative avec laquelle elle cède à un traitement approprié. Les symptômes décrits par Bosenthal étant absolument ceux de la dyspepsie nerveuse que nous analysons, nous ne voyons pas la nécessité de créer un type à part pour cet état pathologique, dontl'étiolc^eseule, et encore, présente quelque particularité.

On remarque quelquefois, chez les neurasthéniques à base ou à disposition arthritique, une glycosurie intermittente, glycosurie nerveuse, ou consécutive à une alimentation trop féculente, ou à Tabus des choses sucrées. Cette glycosurie disparaît aussitôt que le malade s'abstient de tout aliment sucré, et ne fait qu'un usage modéré des farineux ; mais elle peut être aussi occasionnée par les préoccupations, le surmenage intellectuel et les chagrins prolongés.

Il importe donc de ne pas la confondre avec le diabète proprement dit ; en effet, son pronostic immédiat est plutôt bénin, la glycosurie pouvant cesser assez rapidement par le régime approprié et l'hydrothérapie; le malade y ajoutera, quand il le peut, le repos du corps, le calme et la tranquillité

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deTâme. Mais il est clair, et nous en connaissons des exemples, que cette glycosurie, si elle n'est pas traitée dès le début avec la plus grande attention, et si le malade continue à être surmené ou tourmenté par Tanxiété, finira en vrai diabète, dont elle est pour ainsi dire l'introduction. Prise à temps, elle peut n'être qu'une préface sans livre, et heureusement surtout sans épilogue.

Cette glycosurie nerveuse et arthritique peut aussi reconnaître pour cause des troubles fonctionnels des cellules du foie, et de la sécrétion biliaire. Tout au moins on remarque souvent que les malades ont des selles plus ou moins décolorées, et qu'ils accusent des troubles dyspepsiques variés de l'intestin (selles irr^lières, parfois diarrhéiques, ballonnement, gaz fétides, inquiétude de l'intestin, etc.).

L'hydrothérapie, qui relève le tonus nerveux et augmente tous les échanges organiques, est un excellent traitement du diabète nerveux ou arthritique, et doit constituer avec l'exercice modéré, le régime et les alcalins, la base thérapeutique de cette affection. Mais toutes les opérations hydrothérapiques ne sont pas également favorables, et quelques-unes même sont certainement nuisibles ; tels sont les bains froids de piscine ou de rivière, même les douches froides, à moins quelles ne soient prises par des diabétiques encore robustes, et habitués

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depuis longtemps à Peau fi*oide. Nous avons obtenu les meilleurs effets des douches chaudes et froides en pluie (de 35° à 40°C., et poussées jusqu'à éô'^C. et plus, si le malade supporte facilement l'eau très chaude) ; la douche chaude ayant une durée de 2 à 4 minutes, et étant suivie d'une douche fraîche (22** à 18°C.), ou même froide (14° à 10°C.) très courte^ de 10 à 15 secondes.

Les bains de vapeur, si employés autrefois sur la recommandation du prof. Bouchardat, sont toujours affaiblissants, et du reste aujourd'hui à peu près complètement abandonnés; ils s'accompagnent en outre d'une grande perturbation de l'organisme, qui peut présenter de sérieux inconvénients chez les malades atteints de faiblesse du cœur, ou d'artério-sclérose. Tandis que la douche dont nous parlons, si elle est pratiquée avec prudence, est absolument sans aucun danger, et présente le grand avantage de tonifier les nerfs, de remonter l'état général, et d'exercer une influence très marquée et incontestable sur l'état psychique du malade.

A tous ces points de vue, une cure hydrothérapique bien réglée, et entreprise dans un établissement spécial est tout indiquée dans les cas de diabète, ou plutôt de glycosurie alimentaire et intermittente, qu'on remarque assez souvent dans le cours d'une neurasthénie arthritique.

Dans le traitement hydrothérapique du diabète,

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on aura soin de se rappeler Taphorisme très juste du prof. Bouchard, que « la glycosurie est la sau* vegarde du diabète ; » et on évitera toutes les pra« tiques qui peuvent gêner ou diminuer Vélimina^ tion du sucre, comme les déperditions d'eau exagé^ rées, les sueurs profuses, par conséquent les bains de vapeur, ou les bains turcs, auxquels les diabétiques sont encore trop souvent soumis à leur plus grand détriment

L'accumulation du sucre dans les tissus peut en effet donner lieu aux phénomènes les plus divers, et parfois les plus graves : troubles fonctionnels et nutritifs, crampes, fatigue générale, amblyopie, surdité, syncope, coma ; tels peuvent être les ré^ sultats d'une cure par les bains de vapeur ou les autres procédés de sudation. Aussi, laissons-nous boire largement le diabétique, et suivant le cas, lui conseillons-nous simplement l'usage, soit de la douche écossaise, soit du jet brisé dans les tempé^ ratures de 24°C. à 14^C.

La neurasthénie, surtout lorsqu'elle est à base arthritique, prédispose les sujetsqui en sont atteints aux nutladies de la nutrition ; et cela se comprend, l'épuisement nerveux pouvant être une cause directe du ral^tissement de la nutrition. C'est ainsi que l'on peut assez souvent constater, chez l'arthritique neurasthénique, de la glycosurie intermittente qui tournera à la fin en véritable diabète, si, comme

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C'est généralement le cas, peu de glycosuries étant reconnues au début, le malade n'est pas soumis au r^^e hygiénique et diététique imposé par l'état de sa nutrition.

Le neurasthénique présente parfois des symptômes subjectifs fort semblables à ceux du diabète sucré, sans que l'analyse des urines révèle la pré* sence du sucre. Mais le dosage des urines rendues dans les 24 heures permet de constater une augmentation de l'urée plus ou moins forte : le malade est assoturiqtte. Or, comme souvent la quantité d'urine n'est pas augmentée, qu'il y a azoturie sans polyurie, l'attention n'est appelée que tardivement sur l'état des urines. Mais les malades se plaignent d'une excessive faiblesse, d'un état de tristesse et d'abattement moral invincibles, d'une grande irritabilité nerveuse, et présentent tous les symptômes de la dyspepsie nerveuse, avec langue chargée, constipation, gaz, etc., toutes choses qui trop souvent portent au diagnostic de catarrhe gastrique.

Les malades maigrissent, voient leurs forces diminuer, perdent des phosphates en excès, résultat d'une désassimilation exagérée et trop rapide. Ce n'est que par un dosage rigoureux et fréquent de l'urée qu'on arrive à reconnaître Yazoturie, affection beaucoup moins rare qu'on ne le suppose, et qui atteint fréquemment les jeunes gens à l'époque de la puberté. Si l'on se contente du diagnostic de chlorose

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OU d'anémie, on court le risque de voir la maladie s'aggraver, malgré tous les martiaux et tous les phosphates possibles.

Le pronostic de cette affection est loin d'être toiqours très favorable ; mais, k en juger d'après les cas que nous avons eu l'occasion d'observer, si l'azoturie est prise à temps et traitée avec toute la rigueur qu'elle mérite, on aura toute chance d'aboutir à une guérison complète, sur-^ tout si ce sont les causes nerveuses qui ont joué le rôle principal dans sa production. Nous retrouvons ici encore les ennuis, les émotions, les chagrins,^ le surmenage, toutes les causes en un mot qui occasionnent la neurasthénie.

Dans l'azoturie, le trouble de la nutrition est carac^ térisé par une désassimilation excessive des tissus, par une exagération des combustions internes, conséquences d'une nutrition, ou d'une assimilation insuffisante ; c'est pourquoi, l'azoturique .qui mange beaucoup rendra beaucoup d'urée, et aussi beaucoup de chlorures. Si le traitement améliore son état, l'as*^ similation sera plus complète, le malade profitera de sa nourriture ; l'urée diminuera dans ses urines, et le poids du corps augmentera, tandis que le rendement des chlorures restera le même. Le mieux continuant,^ la polyphagie diminuera; car elle ne s'était produite que pour remédier àl'énorme déperdition de l'azote ; le malade mange moins, et la proportion des chlo-.

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rures descend, Purée se maintenant au chiffre normal qui correspond à la quantité d'azote ingéré.

Une autre forme d'azoturie, relativement fréquente, mais généralement méconnue, parce que les analyses quantitatives et suffisamment répétées des urines ne sont que rarement imposées aux neurasthéniques, est fournie par le neurasthénique polyurique, dont Turée ne dépasse pas par litre la quantité physiologique, mais dont la déperdition d'azote est anormale dans les 24 heures.

Ex. : M. X., 50 ans, itrthritique, est devenu neurasthénique par excès de travail et préoccupations de toutes sortes ; se plaint de fatigue générale, de dégoût tlu travail, d'inaptitude aux affaires, d'une grande lassitude de la vie, d'une inquiétude morale, et d'une irritabilité nerveuse excessivement pénibles. Tous les organes sont sains; mais plusieurs analyses quantitatives d'urine donnent le résultat suivant :

Quantité d'urine en 24 heures 3000 ce.

Densité 1,011

Urée 18 grammes par litre

Acide urique 0,30 »

Chlorures 7,50 »

Phosphates 3,25 »

Acide phosphor. 1,75 »

Sucre j

Albumine \

Aucun élément anormal.

On ne peut pas regarder ici Tazoturie comme une forme du diabète; ]e malade n'est pas atteint de troubles sérieux de la nutrition; son azoturie est tout à fait accidentelle, négative pourrais-je dire; car elle n'est que le fait d'une polyurio nerveuse, avec expulsion normale des déchets organiques. Tou< tefois, il serait à craindre que cet état ne s'aggravât s'il n'était enrayé, ces malades étant des prédestinés, ou tout au moins des prédisposés aux maladies de la nutrition.

L'indication thérapeutique qui résulte de l'analyse d'urine que nous venons de signaler, est d'arrêter avant tout la polyurie, de remonter les forces du malade, et de ramener l'équilibre dans l'état général nerveux ; problème en réalité plus facile à poser qu'à résoudre, d'autant plus que les troubles de la nutrition présentés par le malade, qui dans sa jeunesse était très fort et robuste, se sont établis et développés peu à peu, insidieusement par un surmenage intellectuel et moral de 20 années.

On obtiendra avec le plus de sûreté le résultat que nous cherchons par l'opium, le médicament essentiel de la polyurie ^ ; par l'arsenic, médicament d'épargne; et mieux encore par les phosphates, la strych-

^ Le professeur Benedikt a recommandé dernièrement le «i§Umr§oéi dans le diabète msipidé. Il l'administre à U dos». qnoticKe&ne de 60 centiframmes en; trois prises» Le traitement peut être contiaué, si eda est nécessaire, pendant

nine et le fer (le Sirop d'hypophosphites dont nous donnons plus loin la formule), qui ont sur Tétat général du neurasthénique un effet tonique et reconstituant incontestable. H ne faudra pas oublier en outre de prescrire un repos absolu de l'esprit, le calme le plus complet de Pâme, puis les distractions qui égayent sans fatiguer, un régime simple et fortifiant; et enfin, après une cure légère à Karlsbad, rhydrothérapie tonique et calmante, à laquelle on adjoindra l'électricité statique, dont les bons effets dans la neurasthénie et les maladies de la nutrition ne peuvent être niés.

Ce traitement réussit du reste très vitechez le malade dont nous parlons; la polyurie cédait après quinze jours de traitement; et après deux mois de cure et de repos, le malade partait se regardant comme parfaitement guéri. Nous lui recommandâmes de continuer indéfiniment un régime alimentaire dont le sucre devait être rigoureusement exclu, et un usage modéré d'alcool et de farineux. En hiver nous conseillons l'huile de foie de morue, le séjour dans le Midi; et chaque matin, au sortir du lit, la friction de tout le coi-ps avec la serviette mouillée ; enfin le malade ne doit pas manquer de

trois semaiDes. Benedikt aurait gaéri par oe moyen des malades polyuriques, rendant jusqu'à 8 litres d'urine dana les 24 heures, et 80 grammes d'urée.

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faire matin et soir une promenade d'une heure au moins. Depuis une année la polyurie n'a pas reparu, pas plus qu'une légère glycosurie intermittente, e'est-à-dire nerveuse et alimentaire, que Ton avait pu constater pendant quelque temps. Je dois ajouter que le malade, convaincu que son état n'avait pour cause que le surmenage et la crainte irréfléchie de ne pas réussir, ainsi qu'il l'entendait, dans ses affaires, d'ailleurs très prospères, a eu la sagesse de prendre plus philosophiquement parti des heurs et malheurs de ce monde, de moins travailler, et sur* tout de moins se tourmenter inutilement

Les malades de ce genre sont légion ; et la plu* part, s'ils étaient traités à temps, éviteraient la chute dans les maladies graves de la nutrition. Le type est ainsi: hérédité nerveuse ou arthritique; surmenage physique ou psychique, généralement tous les deux; préoccupations et agitaticm dans les affaires ; exagération du sentiment do la responsabilité ; inquiétude de l'avenir ; activité physique et morale continue et exagérée; nuits troublées par les soucis et des idées de toutes sortes généralement à tournure pessimiste; puis peu à peu développement lent d'un état neurasthénique sans que le malade s'en rende compte, et par une sorte d'auto-suggestion. Les troubles nerveux augmentent et s'accentuent, et insensiblement les désordres de la nutrition entrent en ligne. Ce n'est souvent qu'à ce

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moment que nous av(ms roecasion de traiter ces malades, qui jusqu'alors avaient continué tant bien que mal leur train de vie, sans avoir Tidée de consulter le médecin. Dans ces cas nous ne devons pas nous contenter du diagnostic de névropathie ou de neurasthénie simple; mais il importe de baser son diagnostic et son traitement sur de fréquentes et complètes analyses des urines.

Dans tous les cas de neurasthénie avec azoturie on aura soin de prescrire aussitôt un traitement rationnel du diabète azoturique; car c'est celui-ci qui domine alors la scène neurasthénique. Or, en général, on ne tient pas suffisamment compte de l'état de l'urée chez les neurasthéniques; et il est bien heureux pour ces malades que le traitement, qui s'adresse àla neurasthénie en général, soit aussi, sauf pour quelques indications spéciales, celui del'azoturie. Dans l'un et l'autre cas, le but de tout traitement, s'il veut avoir quelque efficacité, est de relever la nutrition ; et dans l'Azoturie, plus particulièrement dans l'azoturie polyurique, de combattre la dénutrition de l'organisme au moyen de l'opium et de l'hydrothérapie. Le r^me et le repos occupent toujours la première place; et c'est certainement dans les cas de neurasthénie azoturique que la cure de Weir-Mittehel, par la suralimentation et le repos absolu, remporte ses plus beaux triomphes. Aussitôt donc qu'on découvrira une déperdition exagérée

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d'urée ehez un neurasthénique, on lui prescrira le repos au Ht, et une alimentation aussi abondante et aussi azotée que possible; c*est le meilleur moyen d'arrêter les progrès de la désassimilation. Le malade recevra une nourriture largement azotée, avons-nous dit ; mais les féculents n'en seront pas proscrits; il boira à sa soif, afin d'aider aussi à l'élimination de l'urée, qui ne peut séjourner sans danger dans le sang, dont on opère ainsi un vrai lavage; la polyurie n'augmente ici qu'indirectement la proportion de l'urée; elle ne l'augmente même pas du tout chez les polyuriques hystériques, ou chez les personnes bien portantes, qui oiit absorbé beaucoup de liquide. On insistera en outre sur la nécessité d'une vie calme, absente de soucis, d'émotions ; les malades éviteront tout ce qui peut produire ou entretenir une surexcitation des nerfs.

Les médicaments antidénutritifs, tels que Tai-senic, l'opium, seront aussi prescrits avec avantage, ainsi que les médicaments reconstituants, comme le quinquina, la kola, le fer, etc. Mais tous les médicaments seront insuffisants et inutiles, s'ils sont employés seuls, et si on ne les associe pas avec le régime, le repos et les applications reconstituantes et toniques de l'hydrothérapie.

L'hydrothérapie doit êti*e employée ici largement, mais avec suite et méthode; elle relève, en e£Fet, toutes les fonctions de la nutrition et de

Tassimilation, elle Fégularise et ramène l'équilibre dans la nutrition. Grâce à elle, le mouvement vital est non seulement augmenté, mais aussi coordonné et bien réglé. Le jeu normal de toutes les grandes fonctions nutritives se rétablit ; et en fin de compte la dénutrition ne prédomine plus sur Fassimilation. Toutefois il faut se garder de dire aux malades d'aller prendre des douches, sans autre indication. Le malade, qui ferait de l'hydrothérapie comme autrefois, aurait bien des chances de n'obtenir qu'un piètre résultat de sa cure; car la fatigue provoquée par les exercices de la préaction et de la réaction aurait un effet diamétralement opposé à celui que l'on cherche, c'est-à-dire l'augmentation r^ulière et équilibrée de tous les échanges organiques.

Et c'est tout particulièrement dans ces cas-là que l'hydrothérapie doit se borner aux applications du drap mouillé, pratiquées le matin au sortir du lit, avec repos au lit pendant un temps plus ou moins long, jusqu'à plusieurs heures après l'opération.

Les douches ne seront employées que plus tard, quand le malade aura gagné suffisamment de forces pour les supporter avec avantage, en suivant les mêmes règles, en prenant toutes les précautions qui auront présidé à l'application du drap mouillé, c'està-dire, en les combinant avec un repos plus ou moins absolu, suivant l'état du sujet en traitement.

A c6té de Yazoiurie, nous trouvons Vhtfpoaxoturie sur laquelle le prof. Rommelaere, de Bruxelles, a appelé le premier Tattention, et qui vient d'être Tobjet d'un travail intéressant du D' Beynès {Semaine médicale, du 2 juin 1897).

L'bypoazotnrie est un signe de dénutrition générale, dont la cause peut être un cancer, mais aussi toute autre affection chronique et progressive. Puis, il y a une hypoazoturie qu'on ne peut expliquer par la maladie, et qui est le fait du tempérament de l'individu.

a Fréquemment, écrit le D' Reynès, les hy|>oazoturiques ont l'aspect infantile, les membres grêles, les chairs molles, le teint peu coloré; leurs artères sont petites, minces; ils ont les extrémités habituellement i-efroidies, même en été, et la paume de leurs mains est souvent en transpiration ; leur appétit est médioore; ils ont des tissus musculo-aponévrotiques insuffisants, atones, et par là sont plus exposés aux ptôses, aux prolapsus. Dans quelques cas M. Tédenat a pu, chez des femmes, nous faire ainsi constater l'abaissement du colon, et percevoir les battements de l'aorte abdominale. Chez elles le bassin est étroit, rutâ*us petit, les règles pfties, peu abondantes et souvent irrégulières.

D'autres fois l'hypoazoturie revêt un autre type : les sujets sont alors obèses et gras ; mais ce masque adipeux cache une nutrition tout aussi retardée;

102 BTIIPTOMES ET DIAGNOSTIC

nous en pourrions citer deux exemples. Les hypoazoturiqnes ont d'ailleurs un tempérament mou, et sont souvent apathiques.

Dans sa pratique, M. Tédenat a constaté Thypoazoturie chez des gens qui n'avaient aucune maladie caractérisée, mais souffraient de douleurs vagues plus ou moins généralisées, de céphalées, de myal* gies, d'essoufflement léger, de bronchite, de troubles dyspepsiques variés. On la rencontre même chez des individus qui ne se plaignent de rien, mais ne peuvent supporter le moindre excès de travail physique ou moral, de boisson, de veille, ni d'aucune sorte.

Ainsi envisagée, l'hypoazoturie doit être comprise dans une formule plus large qu'on ne l'a fait jusqu'à pi-ésent. Elle n'est plus seulement l'effet d'une maladie, cancer ou autre ; elle est l'expression, mathématiquement appréciable, d'une constitution défectueuse, d'un métabolisme physiologiquement insuffisant A ce titre on peut la considérer comme congénitale, capable d'ailleurs de s'exagérer par un état morbide accidentel.

Quelques-uns de ces sujets sont parfois rangés parmi les neurasthéniques. D'autres devraient, pour M. Tédenat, être regardés comme des hypotoniques vasculaires, et répondraient à de vrais types de chlorose. En ce sens on pourrait rapprocher leur constitution de ces états pour lesquels les Aile-

!>£ LA DTflPBPttB lOmYWOmL 108

mands ont judiciettsement parlé d'a^flasie ou d!hy^ poplasie duJeuiUei mùyen, voubuit dire par là qvMl s'agit d'une imperfection vagcalo-conjonetive.

Le traitement de rhypoazoturie ae confond en réalité avec celui de la neurasthénie; Thypoazoturie est, en somme, à peu de chose près, identique à VatKh turie neurasthénique, tant dans son étiologie que dans ses manifestations patbol<^qttes« Il faut combattre la déchéance organique qu'elle révèle. Dans ce but on emploiera : le repos physique et moral qui n'exclut pas toutefois un exercice modâré; un régime reconstituant et Thydrothémpie, mais, comme le fait très bien remarquer le professeur Tédenat, Vhydrothérapie qui ne fait pas usage d*eau fnÂie. L'eau froide en effet exige une action au-dessus des rcs^ sources d'un organisme aussi pauvre que celui de rhypoazoturique ; et loin de produire une amélioration, elle épuise le système nerveux. Le professeur Tédenat recommande les douches tièdes. » Nous préférerions, au début du traitement surtout, la friction au drap mouillé, pratiquée au saut du lit; et ce n'est que plus tard que nom« ordonnerions les douches de 28^ à 18^ C, ou alternativement chaudes et fraîches (20"" à 16'' et W C.) et le massage, enfin tous les agents physiques qui conviennent aux neurasthéniques. On emploiera en outre, sur la recommandation du professeur Tédenat, l'eau tiède soit en brassons abondantes, soit sous forme de lavements.

104 8T1IPT0IIE8 BT DIAGNOSTIC

Des lavements qttaHdiens d^eau salée tiède réchauffent rhypoaxotHnque, stimnlent la sécrétion urinaire, et évitent l'intoxication fécale ; sous leur influence on ne tarde pas à voir Torganisme se relever, avec Taugmentation du volume des urines et du taux proportionnel de Turée. On voit aussi le sommeil et Tappétit devenir meilleurs, et disparaître les vertiges, la céphalée, les topoalgies, les troubles digestifs, la diarrhée, etc. En outre, Topothérapie sera utilement associée au traitement hydrothérapique. H. Gilford conseille le traitement thyroïdien ; Carlo Fedeli employé le suc ovarien, dont il a vu de bons résultats dans la chlorose et Tanémie.

Un autre ti'ouble de la nutrition que Ton observe aussi fréquemment dans la neurasthénie, c'est la phosphatufie. Ce phénomène a été fort bien étudié par le Docteur Tessier, de Lyon, qui a plus particulièrement SL'ppelé l'attention sur ce syndrome, dont l'importance n'échappera à personne. C'est surtout chez les neurasthéniques dyspeptiques que nous avons observé la déperdition exagérée des phospha^ tes. Un malade atteint de dyspepsie nerveuse devient très facilement phosphaturique. Les désordres de la nutrition sont ici encore d'origine et d'essence nerveuse, de nature inconnue; mais ils sont caractérisés par l'élimination des phosphates en excès, et par leur assimilatifm insuffisante. D'après Tessier, il faut regarder comme un symp-

DB LA DT8PBP«IE W E BV K U M B 106

tome frappant de la pboephatarie des douleurs rhnmatoldes et des trembles de la vue (aniMyopie avec faiblesse de racoemmodation), qui auraient une importance exceptionnelle. Chez les malades neurasthéniques en qui nous avons constaté de la phospha* turie, nous avons aussi noté des douleurs erratiques généralisées ou localisées dans certains nerfs ou dans certains muscles; mais ces douleurs nous ont plutdt para ress(H*tir de la neurasthénie (neurasthénie douloureuse) que du rhumatisme.

Au surplus, dans la plupart des cas de ce genre, il est malaisé de savoir dans quel cadre on doit faire entrer les douleurs, dont se plaignent si souvent ces malades; d'autant plus que Texplication anatomo-pathologique de la a neurasthénie douloureuse » est encore à trouver, lorsque les douleurs ne peuvent être mises sur le compte d'une névrite périphérique, ou d'une intoxication par les toxines, ou autres produits d'une nutrition en défaut. Les douleurs neurasthéniques ont pour caractère d'être générales, vagues, névralgiques, multiples, variables, changeant d'un jour à l'autre, douleurs qu'on ne peut classer, et qui ne ressemblent en rien aux douleurs névralgiques, musculaires, ou médullaires ou autres qu'on a coutume d'observer. Quant aux troubles sérieux de la vue, la cataracte par temple, ce n'est certainement que dans des cas fort graves de pbo^haturie qu'on pourra les i*encontrer. La nu-

106 SYMPTOMES ET DIAeNOSTlO

trition est alors profondément dérdiglée, et nous n'avons plus affaire à une simple manifestation neurasthénique, mais à un de ces cas de phosphaturie, que le D' Tessier regarde comme Tindice d'un diabète sucré latent ou transformé.

Fhosphaturie et glycosurie sont akNrs les manifestations alternantes d'un même vice de nutrition, tandis que l'excès de la déperdition des phosphates, chez le neurasthénique, n'est généralement pas plus du diabète phosphaturique que la glycosurie passagère ou intermittente, qu'on peut remarquer chez ce même neurasthénique ou chez tout arthritique, n'est le vrai diabète sucré.

Le traitement de la phosphaiurie ne diffère en rien de celui de Vazoturie; il faut réparer les pertes de l'organisme, et combattre le vice de la nutrition. Pour réparer les pertes, on aura recours à une alimentation spéciale, dont le lait formera la base; on prescrira les poissons de mer, et la tisane dont nous parlerons plus loin, et qui introduit dans le corps une grande quantité de phosphates assimilables. L'assimilation des phosphates étant entravée surtout chez les phoi^haturiques, il est dès lors bien illusoire de prescrire les phosphates à l'intérieur. Ils sont même souvent plus nuisibles qu'avantageux, en portant entrave à la digestion.

On remplira la deuxième indication par l'emploi

DB LA DYSPEPSIE MBBVSlJflB 107

méthodique et longtemps continué de rhydrotbérapie, par les applications diverses de réiectricité» du bain statique, et on essayera les courants de haute fréquence, qui, d'après les docteurs d'Arsonval et Apostoli, auraient un efifet remarquablement avantageux sur tous les troubles de la nutrition.

Le prof. Lange, de Copenhague, a étudié une forme particulière de dépression neurasthéniforme chez les uricémîques ; c'est un état périodique de dépression qu'il lEetut, dit-il, distinguer do la mélancolie et de la neurasthénie, et qui serait caradmsé:

l"" Far une sorte d'inertie cérébrale, une l'épugnance à accomplir toutes les opérations intellectuelles, une difficulté à prendre ou à abandonner une décision, à suivre une conversation, à s'intéresser à autrui; aussi les malades abandonnent-ils leurs occupations et recherchent-ils le repos et la solitude.

^ Par une émotivité ou une affectivité exagérées, qui se traduisent par des crises de larmes ou une profonde tristesse, quelquefois par une angoisse véritable.

3"" Par des troubles inconstants tels que la céphalée, la douleur sacrée, des sueurs, des insomnies.

Ces périodes de dépression durent de 3 à 6 bums, et sont séparées par des phases d'une santé plus ou moins complète. Le point spécial, sur lequel insiste Tauteur, est la présence dans l'urine d'une grande

quantité durâtes r et Lange pense que rnrîeémie est la cause du sjndrOme qu*il décrit. Ce tjpe clinique, à symptômes purement neurasthéniques, se distingue de la mélancolie par Tabscnce constante de conceptions délirantes et d'hallucinations, même chez des sujets dont Taifection remonte à 30 ou 40 ans. Quoiqu'il en soit, le traitement dans ces cas doit s'adresser à i'arthritisme d'abord, et aus^ à la neurasthénie qui en est la conséquence.

Quant à la neurasthénie traumatique, elle ne se montre que de 4 à 8 semaines après l'accident. Outre les symptômes classiques de la neurasthénie simple, on constate de l'affaiblissement musculaire pouvant aller jusqu'à la paralysie, affectant volontiers la forme de monoplégie. Nous avons soigné un jardinier qui était tombé d'un arbre dont il élaguait les branches. Cet homme qui portait plusieurs stigmates d'hystéro-neurasthénie, et qui était tombé sur l'épaule, fut pris, un mois après sa chute, d'une paralysie du bras sur lequel il était tombé. Ajoutons que ce malade avait été traité pendant plusieurs semaines pour une paralysie rhumatismale.

Le prof. Hoi'sley cite le cas d'un malade chez lequel une moitié du thorax ne participait pas à la respiration. Il cite encore, comme symptôme intéressant et important, l'état de la langue qui est le siège d'un spasme qui l'incurve dans le sens oiqM)sé à rhémi|dégie, et lui fait subir un mouvement de

DE LA DTSPSPglB NBBVBUSK 109

torsion autour de son axe longitudinal. Dans la sphère sensitivo-sensorieile, on constate aussi les troubles les plus variés (amblyopie, asthénopie, surdité unilatérale, anesthésie, analgésie, picotements, sensations de pesanteur^ aux membres). Le sommeil est troublé par un réveil prématuré, par des cauchemars; plus rarement parfois c'est une véritable insomnie.

Le meilleur traitement de la neurasthénie traumatique consiste à appliquer la méthode de Weir-Mitchell ; mais comme cette névrose ne se montre que chez les sujets ayant une forte prédisposition à la neurasthénie, elle présente toujours après guérison une incontestable tendance aux rechutes.

Les. symptâmes de la neusasÉhénie traumatique chronique sont gâiéralement ceux de la neurasthénie simple due aux émotions, aux soucis, au surmenage. La neurasthénie traumatique aiguë est généralement accompagnée d'une fièvre à type irrégttlier (fièvre nerveuse ou hystâique), caractérisée par ce fait qu'elle cède facilement aux lotions d'eau froide (v. Horsiey). Cet auteur a observé un cas où la température atteignit 43,8° G. Les lotions froides abaissèrent très rapidement la température; mais le moindre choc déterminait aussitôt une brusque ascension thermique.

Les malheureux neurasthéniques ne font pas toujours r^et de malades sérieux; ils ont même assez

110 STMFTOMES ET DIAGNOSTIC

souvent un aspect florissant, bon yisage et bon teint; Tétat général paratt excellent; aussi, sont-ils souvent incompris et passent-ils pour des malades imaginaires; leurs plaintes sur la fatigue qu'ils éprouvent et sur l'impossibilité où ils sont de travailler semblent être fort exagérées, quand on ne les regarde pas comme un moyen d'expliquer leur paresse, et de se la faire pardonner. Le malade imaginaire de Molière n'était qu'un neurasthénique incompris ; c'est pourquoi, bien des neurasthéniques sont désolés de leur belle apparence, et rien ne les exaspère autant que ces paroles qu'ils entendent à chaque instant : mais pourquoi vous soignez-vous ? Vous avez si bonne mine. Cette impression n'est que trop souvent partagée par les personnes de l'entourage immédiat du malade; il est même nécessaire parfois que le médecin intervienne, et fasse comprendre aux parents que les plaintes du malade sont justifiées et nullement exagérées, et qu'elles ne sont que l'expression d'un état pathologique réel du système nerveux.

Cet état n'est le plus souvent que la conséquence d'un travail forcé, trop prolongé, ou des préoccupations, des soucis qu'amène la vie agitée et surmenée de notre époque; or le malade n'en est point responsable, pas plus qu'il n'est responsable de l'hérédité nerveuse ou autre qu'il a apportée en naissant.

D'autre part, c'est aussi ce même entourage qui,

préocenpé outre mesure du malade, entrave et annule si souvent les efforts du médecin par des soins trop minutieux, des attentions exagérées et superflues, et nécessite ainsi son isolement absolu. On peut dire que bien souvent le médecin n^a pas de pire ennemi que la famille du malade hystérique ou neurasthénique.

Il est clair en effet que les parents de Thystérique par exemple doivent eux-mêmes être peu ou prou déséquilibrés, et présenter des tares de dégénérescence plus ou moins accentuées, mais toujours visibles pour Tœil quelque peu exercé.

Si les dyspeptiques atoniques ne se traitent que par Tingestion des eaux minérales, ainsi que c'est si souvent le cas, ils ont toute chance de voir leur état s'aggraver, c'est-à-dire la distension musculaire augmenteretarrivergraduellement, mais fatalement, à la dilatation. La digestion devient de plus en plus pénible, et la nutrition insuflSsante; la tristesse et l'hypocondrie s'accentuent, et l'atonie peut finir en vraie dilatation avec toutes les misères qu'elle comporte.

Nous estimons qu'il ne faut pas envisager la dilatation comme une entité clinique, mais comme un symptôme ou une conséquence d'une autre maladie ; aussi ne doit-on pas se contenter d'un traitement banal de la dilatation; on aura soin de tenir compte des causes de l'ectasie, qu'on s'efforcera de combattre avant toute autre chose dans les limites du possible.

112 STMPTOMS» ET DUOKCMTiC

L'atonie peut certainement aboutir à la dilatation; mais le cas est en somme aases rare, la dilatation étant surtout une conséquence du catarrhe, de Fulcère ou du caiM^r. Dans tous les cas, si Tatonie est traitée dès le début comme il c<mvient, elle ne doit jamais aller jusqu'à la dilatation.

LaJhmie Raccompagne le plus souveiU éPune dimintUian de la sécrétwn du suc gastrique; c'est un £Edt que nous avons pu constater dans un très grand nombre d'analyses. Nous avons vu l'atonie et aussi la névrose de l'estomac coïncider avec une hypochlorhydrie; cela se comprend aisment, puisque l'atonie de l'estomac n'est la plupart du temps que l'effet de l'^uisement nerveux. L'hyperchlorhydrie jointe à l'atonie est excessivement rare; c'est en outre un symptôme d'hystérie, ou de névrose de l'estomac

Dans les cas d'hystérie, nous avons aussi trouvé le plus souvent une diminution de la sécrétion, et et non une hyperchlorhydrie. D'autres fois, nous étions en présence d'une suppression totale de la sécrétion gastrique, avec ou sans troubles subjectifs. Quand cette suppression se produisait, les symptômes généraux nerveux se présentaient toujours avec une grande persistance. Mais on a renuirqué un fait difficile à expliquer, c'est que, malgré des vomissements presque incoercibles, les malades ne paraissaient guère troublés dans leur nutrition, et souvent

même ne se plaignaient que de légers troubles dyspepsiques. Voici un cas de névrose de Testomac, où Texamen du suc gastrique semblait indiquer une atrophie de Pestomac; et pourtant la maladie n'était en réalité qu'une hystérie, sévère il est vrai, et côtoyant de très près la folie morale.

M*'* X., 18 ans, de haute stature, d'apparence robuste, mais à tempérament lymphatique et indolent, nous est envoyée pour un état d'hystérie avec troubles psychiques bien caractérisés (humeur sombre, caractère dissimulé, expansif et aimable avec les étrangers, difficile et renfermé à la maison); elle ne se plaint que de rejeter tous les aliments qu'elle prend, et elle a l'air d'une martyre résignée. Elle prétend n'avoir aucun appétit, pas de douleurs ni de renvois, ni de gonflement d'estomac, mais les aliments ne passent pas ; le sommeil foit, dit-elle, absolument défaut. Au surplus la malade ne présente pas d'autres stigmates hystériques ; elle paratt posséder le plus grand calme, et être fort maîtresse d'elle-même. L'analyse du suc gastrique dénote une absence totale de tous ses éléments : pas de HCl, pas de pepsine (la digestion artificielle de la fibrine est nulle) ; pas de lab (la caséine du lait mélangé avec le suc gastrique ne se coagule pas au bain-marie). — A cette époque, il y a à peu près 13 ans, aucun travail objectif n'avait encore été publié sur l'hystérie et la névrose de l'estomac, dans ses rapports avec la sé-

114 SYMPTOMES ET DUGNOSllC

crétion da suc gastrique; et tous les auteurs qui s'étaient spécialement occupés de la question dô l'analyse du suc gastrique, alors à ses premiers débuts, regardaient la suppression totale du suc gas^ trique comme un symptôme à peu près certain de Tatrophie de Testomac.

Imbu de cette idée, nous pensâmes que si la jeune fille était hystérique, elle était en outre atteinte d'une atrophie de Testomac : nous nous trrâipions, car nous eûmes pendant trois ans l'occasion de suiyre cette malade, et d'avoir plus tard de ses nouvelles. L'hystérie s'était peu améliorée, les phénomènes psychiques de dégénérescence étant restés sensiblement les mêmes, ou plutôt ayant réapparu avec une intensité nouvelle lors du retour de la jeune malade dans sa fiamille. De pareils malades, soit dit en passant, devraient être éloignés de leurs familles, non pendant quelques semaines ou quelques mois seulement, mais pendant plusieurs années. C'est ainsi seulement qu'il serait possible, par une éducation nouvelle et suffisamment prolongée, de transformer et de ramener à un état à peu près normal les cerveaux détraqués et déséquilibrés des dégénérés. Si l'état moral n'avait pas changé, en revanche tous les syptômes morbides de l'estomac avaient disparu, et la sécrétion du suc gastrique avait repris son cours normal.

On peut donc tirer de ce fait, et de certains au-

DE LA DrsncraS NKBVS178K 115

très absolnment semblables, que noas avons eu l'occasicm d^dbserver, les conclusions suivantes :

1"^ La suppression complète du suc gastrique ne comporte pas par elle-même le diagnostic d'atrophie, cette suppression pouvant être un symptôme purement nerveux.

2^ Toute névrose, qui s'accompagne de la suppression du suc gastrique, est toujours l'indice d'un trouble fonctionnel grave dans le système nerveux central, et c'est une affection nerveuse extrêmement longue et opinifttre qu'il faut dès lors s'attendre à combattre.

S"* Les aliments introduits dans l'estomac peuvent passer dans l'intestin sans avoir été préalablem«it attaqués par les sucs gastriques, et la digestion se fait complète et suffisante dans l'intestin.

4^ La nutrition de l'organisme peut se faire suffisamment, malgré une extrême fréquence des vomissements, parce que les vomissements nerveux ne rejettent qu'une partie des aliments, l'autre partie passant dans les intestins, ot s'accomplissent leur digestion et leur absorption.

Le cas, que nous venons de rapporter, est une preuve que l'analyse très attentive et souvent répétée du suc gastrique peut non seulement n'être d'aucune utilité, mais contribuer plutôt à entretenir une erreur d'autant plus fâcheuse que, dans ce

même cas, le médecin habituel de la malade, qui n'avait fait aucune analyse du suc gastrique, n'avait vu, très justement du reste, qu'une névrose hystérique de Testomac sans aucune lésion organique de ce viscère. Quoiqu'il en soit, ces faits sont fort intéressants, car ils prouvent que la sécrétion gastrique peut être entièrement dépendante de l'influx nerveux, quelle que puisse être au surplus son indépendance physiologique, puisque les physiologues prétendent que la sécrétion peut se faire sans la participation du pneumogastrique. Or, les faits cliniques démontrent avec évidence l'influence prédominante du système nerveux sur la sécrétion, l'absorption et la motilité de l'estomac.

Dans tous les cas, si les expériences physiologiques tendent à faire admettre une sorte d'autonomie des cellules de l'estomac, elles sont d'autant moins concluantes qu'elles se contredisent souvent les unes les autres. De plus elles ne peuvent infirmer cette vérité : « (fest que la sécrétion gastrique avec tous ses déments peut parfaitement tarir dans certains étais nerveux en laissant indemnes la muqueuse, les glandes et les muscles de Vestomac. »

L'analyse seule du suc gastrique n'est donc pas toujours concluante, encore moins un guide absolument sûr ; et elle a pu exposer le médecin à des erreurs regrettables de diagnostic; nous disons a pu, parce qu'aujourd'hui que l'on connaît l'influence

des nerfs sur la sécrétion gastrique, ces erreurs ne sont plus guère possibles.

Nous avons eu depuis lors bien souvent l'occasion de constater une absence complète de suc gastrique chez des malades dont la muqueuse était normale, et dont aucune raison, autre que répuisement nerveux, ne pouvait expliquer le manque d'action des glandes. H ne faudrait pas croire néanmoins que la disparition du suc gastrique dans la neurasthénie soit un phénomène insignifiant Loin de là : elle annonce toujours un état morbide très profond, une neurasthénie grave, qui, sans doute, ne menace pas directement la vie, mais qui là rend insupportable en entretenant une dyspepsie tenace, presque incurable, et qui plonge les malades dans un état de faiblesse physique et d'abattement moral, digne de toute l'attention et de toute la sollicitude du médecin. La suppression de la sécrétion du suc gastrique d'origine nerveuse est un phénomène relativement encore peu connu, et dont il est pourtant nécessaire de bien saisir la portée; car il donnera des indications thérapeutiques spéciales, et il a surtout une haute valeur pronostique.

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