‹ Dystocie par anomalie de la symphyse pubienneChapitre 13 sur 17 · ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE

Les femmes que nous avons observées étaient presque toutes dotées d’une morphologie un peu spéciale c'étaient des femmes trapues, petites, présentant une tendance générale à l'obésité, bâties la. plupart du temps

en largeur, avec un squelette lourd et noueux. Rien, à

vrai dire, ne frappait particulièrement l'attention; rien, en leur état, ne suscitait d'inquiétude.

Près du terme, et seulement, celle-ci pouvait naître : le fœtus tardait à s'engager et, chez les primipares elles-mêmes, celui-ci ne s’engageait pas avant les premières douleurs de l’accouchement. On conçoit la surprise que causait cette anomalie alors que tout précédemment semblait de nature à tranquilliser même le plus scrupuleux. En effet, le bassin paraissait perméabie et suffisant à en juger par les résultats d’un examen classique : la concavité sacrée semble normale, on ne peut pas suivre les lignes innominées sur toute leur longueur et surtout, on ne peut pas atteindre le promontoire. | 5

La pratique du palper introducteur de P. MULLER

elle-même contribue à créer ce climat de quiétude pronostique : on voit que la présentation est nettement en

SES RRURrS

retrait par rapport à la symphyse.pubienne et semble devoir descendre normalement dans l’excavation. Tous ces exameñhs ont toujours été pratiqués avec le plus grand soin et même parfois se sont vu suivis par des explorations faites au cours de l’anesthésie générale. Or, toujours, les résultats ont été les mêmes, toujours la surprise a été entière.

Le travail commence. La présentation se fixe. La dilatation débute normalement. Sans doute, la présentation n’appuie-t-elle pas à fond sur le segment inférieur et la poche des eaux bombe-t-elle quelque peu. Mais la bosse pariétale postérieure paraît descendue dans la concavité sacrée et, entre les contractions, on sent que la pointe de l’occiput est descendue dans l’excavation.

Dans l’ensemble, on n'a pas eu à enregistrer d’accidents de dilatation, de telle sorte que celle-ci arrive, à peu près normalement, à complète. La progression du travail permet les espoirs les plus justifiés; or, la présentation demeure élevée et, si c'est un sommet, mal fléchie en position transverse. De plus, et voici le drame, les efforts d'expulsion n'arrivent malheureusement pas à modifier sensiblement cette situation. Si, à cé moment, on pratique un toucher vaginal, on note que l’espace compris entre la face antérieure du sacrum et le bord inférieur de la symphyse est trop petit pour permettre À la présentation de descendre plus bas. La présentation repose, en plus ou moins grande partie, sur la face postérieure de la symphyse pubienne.

De plus, par suite du contact étroit qu'a pris la présentation avec les contours de la symphyse, on voit que celle-ci se présente anormalement, qu’elle est -comme couchée en travers de l’excavation qu’elle barre, retenant au-dessus d’elle la présentation. Ainsi, c'est seulement par une sorte d’épreuve du travail appliquée au détroit inférieur que l’on reconnaît ces anomalies et qu’on les peut mesurer.

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