MONTALEMBERT
26 avril 1863. — M. deMontalembert nous a écrit de venir causer avec lui, au sujet de notre livre : La Femme au xvmc siècle.
Sur la table du salon, se trouve une traduction italienne de la biographie du Père Lacordaire, des fables du comte Anatole de Ségur, et sous la copie du mariage de la Vierge du Pérugin, placée au-dessus du piano, se voit un appareil pour faire brûler devant une lampe ou un cierge. On aperçoit encore aux murs des cartons de vitraux religieux, une horrible rondebosse argentée de Rudolfi, représentant le Miracle des Roses de sainte Elisabeth, et à contre-jour, entre deux fenêtres, apparaît l'aigle de Pologne, brodé en argent au plumetis, et entouré d'une couronne d'épines sur fond de peluche amarante, avec au-dessus : Offtrt par les Dames de la Grande Pologne à l'auteur d' c Une nation en deuil ». 186 1 .
M . de Montalembert nous fait passer dans son cabinet. Une politesse onctueuse. En vous donnant la main, il l'approche de son cœur. La voix, avons-nous déjà dit, je crois, un peu nasillarde, mais l'élocution aisée, mais le dire spirituel, mais la méchanceté joliment enjouée.