XXIV INTRODUCTION
quable par l'effigie de bronze incrustée au balcon de la fenêtre du premier étage, placée directement au-dessus de la porte d'entrée.
Modelé, ciselé par le statuaire Alfred Lenoir, auquel on doit également un très beau buste d'Edmond de Goncourt, ce médaillon de Jules de Goncourt, précieusement scellé dans la façade, semble le vivant cachet d'art de cette maison, où il est mort, de cette maison où vit son frère, de cette maison qui est, qui sera toujours la maison des Goncourt.
Ainsi que cette demeure, reconnaissable entre toutes, ne ressemblant à aucune autre, se séparant de la multitude par son poinçon d'art, nous apparaît parmi les littérateurs de cette seconde moitié du siècle, la noble et attirante figure de l'écrivain, où il y a du gentilhomme de race par la belle allure cavalière, par la distinction un peu froide et le port altier de la tète, avec ses harmonieux cheveux blancs et ses moustaches floconneuses, — où il y a du penseur, une saisissante vision de rêveur dans le regard, dans la fixité parfois impressionnante de prunelles noires dont le rayon pèse et pénètre, — où il y a de l'artiste dans la parlante souplesse de mains qui traduisent et soulignent d'une manière si expressive les moindres paroles, prolongeant longtemps leur vibration.
Edmond de Goncourt, s'isolant par goût, ajoute à ses atavismes de patriote lorrain et de combattant, en dehors de ses travaux d'art ou de lettres, l'atavisme de « forestier, d'amoureux des arbres, de remueur de terre,....
de planteur l », qu'on voit chez beaucoup de Lorrains :
ce goût, il le tient de cet arrière-grand-père, messire Antoine- Huot de Goncourt, « garde-marteau en la maîtrise des eaux et forêts de Bourmont 2 >, et comme son ancêtre passe ses loisirs à « récréer, à révolutionner, à replanter d'essences rares 3 » son jardin.
Il a toujours mis une sorte de coquetterie raffinée à se tenir ainsi à l'écart, à rester dans la vie, comme il aime à le dire, « un individu vivant hors cadre 4 », travaillant seul,