‹ E. Renan devant la science, ou réfutation de la prétendue Vie de JésusChapitre 17 sur 25 · IV* PARTIS. S · texte numérisé non relu

IV* PARTIS. S

t-îl que son du^m.! tisii jo pu isse a\ < »i r q uelque \ . i leur aux yeux d'un homme (jiii ne >eut riea nier, rien aliiriDer Sftns'preuves positives ?

Au fond, tel est le système de Mt Redan touchant les miracles de Jésus : Ces miracles - n'ont été que des traits d'iUusioii ou de folie (p. 266) ; cependant Jésus ne fut pas un charlitsn, et toute critique historique est fsttseée si on lut attribue ee titre <p« 267) , parce que s'U n'eût pas lait ses prestiges, Û ii*eât pas eonqms l'appui ^e la foule et qu'il n'eût pas obtenu le résidtat quïl avait en vue.

Donc, si Ion n admet pas que la fin justifie les inoyciKs, toute critique historique est faussée. Si l'on dit que Jésus faisant des actes charlatnnesques (p. 267) a été un dmrkUaUy on n'est pas digne d'être philos(^he.

Admettra qui voudra un pareil système. Quant à nous/ nous nous permettons de le regarder comme aussi absurde. qu'immoral. La critique historique n'est vraie qu'à la condition de présenter les firits dms km vinêé.

Si Jésus a été charlatan, il ne fut que cela. Reste à expliquer comment un homme ignorant qui abusait de la crédulité publiciuo, qui spéculait sur l'imbécillité, a pu être d(»né de cette haute moralité que notre écrivain veut bien lui accorder ; comment il a pu convertir le monde civilisé à sa doctrine ; comment le monde civilisé l a cru Dieu, précisément ù cause de ses miracles ; comment le miraole a été le motif qui a vaincu l'iiicrédiidité du monde.

* Nous qui croyons à la divinité de Jé8u»-Ghrist| nous comprenons l'établissement du christianismeu 0'«|li à IL Benan à oxpliquer comment k ohristia-

nismc peut venir d'un charlatan ignare et crédule. Fidèle à son système hypocrite de vouloir atténuer les prétendus torts de Jésus , notre écrivsin sffîrme qu*il ne fut thmamUirge pte lard et à contrecœur. (P. 264.)

L'Evangile affirme au contraire qu'il débuta par le miracle dans sa mission .i^stolique, et qu'un despre^

miers faits connus de sa vie publique a été le change^ nient de l oaii en \in aux noces de Gana. Il est vrai que ce miracle n'a pu s'eflectuer ni par un sourire sympathique, ni par une douce influence. Aussi notre ingénieux écrivain le met-il sans doute au rang des légendes,

« Souvent il n'exécute ses miracles qu'après s'être fait priv, ayec une sorte de mauiraise humeur et en r^roehant k ceux qui les lin demandent la grpsaiireté deleuresprit. ))(P.2640

Les preuves qu'en donne M. Renan sont des textes où Jésus refuse de satisfiiire la curiosité des scribes et des'phari8Îens(Math., xu, 39) ; ou des pharisiens et des Sadducéens {ibid., xvi, 4); où il reproche à la race incrédule son défaut de foi {iljid.,xYu, 10; Marc,ix, 48 ; Luc, IX, 41) ; où il reproche à ses disciples de douter encore de son pouvoir de faire des miracles après ceux qu'ils avaient déjà vus (Marc, vm, 17). De bonne foi, des textes pareils ne prouvent-ils pas le contraire de ce qu'alTirme notre érudit?

<( Une bizarrerie en a{^[iarence inexplicable, c'est l'attention qu'il met à fiûre ses miracles en caebéite, et la reoommandatÂop qu'U adresse à œux^'il guérit n'en rien dire à personne. » {làid.)

M* K« Renan parie id d'une manière générale^ ta»* disque, daqs les textes Qti il renvoie, il n'est question

que de circonstances particulières. Avec un peu de bonne volonté, il eût trouvé la raison du silence que

Jésus prescrivait quelquefois au sujet de ses œuvres tiierveilleuses j car saint Matiiieu la donne en toulus lettres :

« Les pliarisiens avaient ourili un complot pour le perdre. Jésus le sachant - quitta le pays ; beaucoup le sui^irent et il les ^^uérit tous, et il leur ordonna de ne point le découvrir, afin qw fût accompli ce qui a été dit par le prophète Isaïe : a Voici mon série viteur dont je serai Tappuî, mon élu qui est l'objet <c de mes complaiflances. J'ai répandu sur lui mon es- « prit; il jugera les nations. Il ne criera point; il ne a fera point de bruit et Ton n'entendra point sa voix a sur les places publiques. Il ne brisera pas le roseau tt cassé, et il n'éteindra pas la mèche qui donne en- <f core une lumière sombre. D jugera selon la vérité. » (Math., XII, 14etsuiv.)

M. UcjKiu ne se plaindra pas, car nous donnons le passage d'isaïe cité par saint Mathieu, d'après l'hébreu. Que signifient les paroles du pn»phote, sinon que Jésus ménagerait ses adversaires et leur tiendrait compte de la plus légère étincelle de vérité qui serait encore dans leur esprit? Si, en certains cas, ses miracles pouvaient plutôt les irriter que les convertir, il prescrivait le silence à ceux qu'il avait guéris. Mais le prescrivait^il wâkMdrm/ait^ comme notre écrivain voudrait le donner à penser? Tout au contraire, puisqu'il donnait à ses adversaires ses miracles comme preuve de sa mission divine. Avec un nouvel effort de bonné volonté, M. E. Renan aurait découvert dans les Evangiles plusieurs textes qui l'auraient édifié sur .ce point. Nous citerons seulemeut ceux-ci : « Les œu-

vres que mon Père m'a donné le pouvoir de faire, ces œuvres que je fais, rendent témoignage de moi, que mon Père m'a envoyé. » (Joann., v, 36.) — « Los Juifs l'entourèrent ot lui disaient: Jusqu'à quand nous mettras-tu en inquiétude? Si tu es le Christ, dis-le ouvertement. Jésus leur répondit : Je vous le dis, et vous ne croyez pas. Les œuwes que je fais au nom de mon Père rendent pourtant témoignage de moi. »{Jlnd.yXf 24 et suiv.)

Du reste, M. Renan convient que les quatre Evangiles sont remplis de mirades. Tous à peu près sont opérés en pubUc, en présence même de ses ennemis. Jésus les fait sans difficulté, pour attester sa mission

divine. PourquoiM. E. Renan n*a-t-il pas tenu compte de <'es circonstances, et n'a-t-il mis en relief que le silence prescrit en certains cas particuliers? Le récit si faùijant et si peu varié des apôtres l'aurait-il tellement ennuyé qu'il l'aurait h. peine effleuré? Il est si fatigant en effet de lire des récits dans lesquels on voit Jésus appliqué à guérir les infirmités humaines 1 Il fait entendre les sourds et parler les muets ; il ouvre les yeux aux aveugles ; il redresse les boiteux ; il délivre les possédés ; il ressuscite les morts. Tout cela est peu varié et fatigant pour notre gracieux écrivain. H devait en être d'autant plus fatigué que dans tous ces récits il rencontrait, à côté du miracle, des doctrines qui n'étaient pas celles qu'il entendait attribuer à Jésus-Christ. Nous comprenons donc facilement l'ennui (pi'a causé à M. Renan la lecture des Evangiles, et nous coniitrenons m^me qu'il les aitlus à la légère, qu'il les ait seulement parrorims.

Continuons le développement de sa théorie :

« Quand les démons veulent le proclamer fils de

Dieu, il leur défend d'ouvrir la bouche; c'est malgré lui qu'Us le reconnaissent. »

Ces derniers mots sont de trop et n'appartiennent qu*à la féconde imagination de notre écrivain. Jésus ne voulait pas du témoignage des démons, cela ést très-vmi; avait-il besoin de Tappui du Père du men^ songe? devait-il tenir à sou témoignage ?

Que dire de la diatribe de M. Renan contre saint Marc, qu'il appelle Y Eimigéliste des miracles et des exorcismes? Ceux qui voudront lire l'Évangile de cet honnme vénérable auront la preuve que l'on n'y trouve pas plus de miracles que dans les autres. Mais nous ne pouvons nous empêcher de citer textuellement cette phrase de notre exégète : « Il semble que le disciple qui a fourni les renseignements fondamentaux de cet Évangile (il donne à entendre, à la page suivante^ que ce fut Pierre) importunait Jésus de son admifatioli pour les prodiges^ et qtre le mettre,, ednuyé d'une réputation qui lui pesait, lui ait souvent dit : N*en parle poinL Une fois, cette discordance aboutit à un éclat singulier^ h un accès d'impatience où perce la fatîorue que causaient à Jésus ces perpétuelles demandes d'es^ prits faibles. » (P. 26S.)

D'abord, jamais Jésus ne défendit à ses apôtres de parler de ses miracles. De plus, le fait prétendu auquel notre érudit fait allusion n'est pas seulement ia[)porté par saint Marc, maïs par saint Mathieu et saint Lucj enfin, il ne regarde pas les apôtres. Ceux-ci avaient essayé defairêun miracle et n'avaientpas réussi. Jésiis savait que la cause de cette impuissance était l'incrédulité qûi rendait les miracles Ini^tilés pour la plupart des Jiiifs. Cette ihctédulîfé lui ari'àcha cette éxcfàîDàtion : « 0 racë incrédiilé et pérvérsé, jusqu'à

quand serai-je avec vous! jusqu'à quand vous supporterAi-je? » puis ii fit h 7nirncle. (Math., 5cvn, 10; Marc, IX, 18; Luc, ix, 41 .) Tel est le £ait dans lequel M» Renan in vu une impatience de JésUs ooilth; saint Pierre qm l^aurait mtDmt fluiftië de son admiration pour les mirades, et ilnè préUYe qUë sa réputation de thaumaturge Vennuyait!

Nous demandons s'il est possible de dénaturer un M% avec plus d'impudence?

Dans les dernières paires de son chapitre, M. Renan ressasse d'une maiii«'^ro fatigante les pauvres idées que nous avons discutées. 11 conijjlaît dans sa belle morale que la fin justifia Irs moyens. Il mAle Jésus aux fous et aux imposteurs qui ont fait ou prétendu faire des miracles. Illes excuse, parce qu'il en serait résulté du bien. Il ne veut pas qu'on les blâme; car les moyens passent et le bien reste. Aussi, en Jésus, « l'exorciste et le thaumaturge sont tombés; mais le réformateur reli^eux vivra éternellement. )> (P. 268.)

Cet aphorisme est plus vrai que vous ne le pensez, illustre académicien. Oui, Jésus vivra éternellement; non pas ce Jésus que vous avez foît à votre image, ce* lui-làest mort-né; mais le Jésus vrai, le Jésus Dieu- Homme, qui a prouvé sa mission par le miracle'^ auquel le monde civilisé a cru à cause de ses miracles \ que des millions d'hommes adorent comme le Dieu-Homme, à cause fie ses miracles. Ow\j il vi\ra éternellement ce Jésus vrai, non pas comme réformateur religieux^ mais comme révélateur y comme Verbe de Dieu plein de grâce et de vérité; non pas comme thaumaturge ou exorciste, mais comme souverain maKre d'à monde visible et du monde invisible; il siyjm éternellement ^ur 6trele juge de tous les hommes, et le vôtre, illustre

érudit, que vous le vouliez ou non ; il vivra pour régner àjamaisdans son royaume, c'est-à-dire, dans le monde futur, sur ses élus.

Voilà ce que rÉvangile nous apprend à toutes les pages, ce que vous y avez vu, monsieur Renao^ quoique TOUS prétendiez y avoir vu le contraire.

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