‹ E. Renan devant la science, ou réfutation de la prétendue Vie de JésusChapitre 7 sur 25 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Mi".;-; ■ • •

IPraulers laplioriMiics de Sémam, — 9m Mlécs d'un IMeu père et d'une' veU^lM piaw.

Pranieni dl«etple*.

Au début de ce chapitre, M. E. Renan délaye encore quelques phrases à l'appui (k ldcancature qu'il â Mte^ au chapitre précédent, de la mission de Jésus(l). Il lui attribue «un sentiment extrêmement délicat pour les femmes. » (P. 72.) « Il traita en sœurs les femmes qui s'éprenaient de la môme œuvre que lui..,- Seulenient, /"/ «6-/ />/-0(6^////6^ que celles-fi aimaient plus lui que 1 œuvre ; il fut sans doute plus aimé qu'il n'ai-

(i) Au commuicement de ce chapitre, M. Renan prétend qoe Marc et Mathieu appellent Jésus fUs de Marie, tandis que Luc et Jean préfèrent l'expression de fi^ de Joseph. « Marc, ajoute<t-il, ne eonnaU pas Jotejph. » (Note, p. Ce lont là aatanl d'insinuatioiis ffleosongères et perfides, skint Mathieu (ziii, 55) met dans la bouche des habitants de Nazareth ces paroles: «c N'est-il pas fUs d'un ouvrier? n'a-t-il pas Marie pour mère? » Saint Marc (vi, 3) rapporte aussi ces paroles : a N'esi il pas ouvrier ? n'est-il pas fila de Marie? » Il ne mentionne pas Joseph, parce qu'il n'avait pae à le mentionner. Les habitants de Naïaieth ne Tonlaient quo dé* prériep Jésusen rappelant sh modesle origine ou son liumble posilion. C'est l'idée que rendent saint Mathieu etsaiuL Marc. Le premier, qui dit : « iN est-il pas fils d'un ouvrier! » savait

lÔO —

ma... Il eut des relations infimes et libres y mais d'uû ordre tout morale avec des femmes dîme conduite équivoque... La passion qui l'attachait à la gloire de son Père lui inspirait une sorte de jalousie pour toutes les belles créatures qui pouvaient y servir. » «

Sous ces phrases fades et sottes, on découvre aisément l'intention de faire de Jésus un homme de mœurs suspectes. Les correctifs de M. Renan ne sont qu'une . suite du système hypocrite (ju'il il adopté pour rabaisser Jésus aux j)ropurtiuus d un homme ayant toutes les faiblesses de riiuiuanité. Où a-t-il pris ces traits qu'il

bien que les Nazar/^ens se trompaient, puisque, prérédemment (i, 20], il avait lui-même raconté que l'blsprit du Ûiuu avait fonné la corps de Jésus dans le sein virginal de Marie. Il savait donc qae Joseph passait seulement, aux yeux du monde, pour le père de Jésm. Saint Luc (m, 23) dit éf,'alemeiit que « l'on pensait qu'il était fils de Joseph; » et dans son chapitre premier, il avait raconté la (génération divine ei miraculeuse de Jésus. Saint Jean (i, 45} fait appeler Jésus fiU de Joseph par Nathanaêl ; au chapitre iv, 42, i\ rapporte que les Juifs disoient en parlant de Ji'siis : « N'est-i! pas le li!s do Joseph? » Que prouvent ces textes allégués par M. Renan? Que les Juifs ru^^ardaieut Jésus comme lo fils du Joseph. Qui en doute? Hais prouveoMls que les Êvangélistes ont eu des sentiments contradictoires i ce sujet? Non, évidemment. C'est là cependant ce que M. Renan prétend. Il se conteoto d'indiquer les textes; mais il ne les cite pav, afin de mieux tromper ses lecteurs. Toujours le même système d'hypocrisie et d'imposture!

Saint Jean (ii, 1) rapporte que mère de Jésus se trouva & des noces qui eurent lieu à Cana. Il raconte (iv, 4G) que Jésus alla à tana, après avoir visité iNazareth, sa patrie. De ces deux laits, iM. Renan conclut que Marie liabita Cana dioai elle powJoU être originaire. It veut absolament qu'elle ait été 6atiléenne, afin de faire mentir les prophéties sur l'origiae Davidique do Jésus. Mais c'est lui qui mentà l'histoire et qui se moque do ses lecteurs en aftiroKiiit que Marie habita Cana, et qu'elle peut en être originaire parce qu'elle y alla a des noces, et que Jésus visita oetta ville on parcourant la Galilée.

attribue à Jésus? Il renvoie effrontément aux Évangiles.

Saint Luc (vu, 37 et suiv.) raconte qu'une femme pécheresse vint pleurer ses fautes aux pieds de Jésus et qu'il Icsiui pardonna ; saint Jean (iv, 7 et suiv.) raconte que Jésus instruisit une femme de Samarie, laquelle renonça au vice et pratiqua la vertu ; le m^ne évangéliste (Tin» 3 et suiv.) noùs apprend qu'il pardonna à une femme coupable, accusée par les pharisiens, en lui recommandant de ne plus pécher. Et c*est sur de tels récits, auxquels il renvoie en note, que M. Renan s'appuie pour faire de Jésus un homme é[)ris do la beauté des feumies, et qui avait avec elles des relations intimes et libres !

pouvait-il mentir plus impudemment à l'histoire, et se jouer plus cruellement de l'ignorance de ceux qui ont en lui une aveugle confiance?

Nous ne prendrons certes pas la peine de venger Jésus des insinuations perfides et infâmes de M. Renan, n suffît de les signaler et d'indiquer les prétendues preuves sur lesqueUes il les a appuyées. Tout homme qui a lu quelques pages de l'Évangile, qui porte un cœur honnête et une conscience droite, fermera le livre de Renan avec d^oût dès que ses yeux tomberont sur de telles énormités. Nous en agirions ainsi nous-méme si un devoir impérieux ne nous obligeait pas à réfuter jusqu'au bout ces inepties nauséabondes que l'on y rencontre à cha(iue page, et qui ns pouvaient naître que dans l'esprit d'un apostat. Le rationalisme honnôte a protesté lui-môme contre de pareilles infamies par l'organe de M. Patrice Larroque (1).

Après avoir insulté Jésus^hrist, M. Ë. Renan dé-

(1) Voir «a brochure contre leUvre de V. Reaaa.

nature sa doctrine, dans le but de lui imputer seâ propres erreurs.

« Quelle fut la marche de la peusée de Jésus durant cette pri iode obscure de sa vie?)) c'est-à-dire, celle de ses trente premières années? Telle est la question que se pose M. Ë. Henan, en abordant Tezamen des pretnîefv aphorismes de Jésus. 11 ne peut y répondre il en donne cette raison : que « son histoire nous est parvenue à Fétat de récits épars et sans chronologie exacte. A (P. 73.)

La question est mal posée, et la réponse renferme une assertion etronée.

D'abord, on ne se demande pas quelle fut la marche d'une pensée, lors(iue cette pens*''e fut toujours i'ex' pression de la vérité. (Jue la pensée de rii<jmme tnarchey se développe, profrrcsse, on le eitnçoit, car ce n'est qu'au prix de nobles et constants efforts que l'intelligence humaine arrive à la vérité; mais Jésus n'était pas un homme, il fut un Dieu-homme, n'en déplaise à notre élégant académicien. 11 le nie, c'est vrai; mais nier n'est ^ prouver. U n'a même pas abordé jusquld la question de la divinité de Jésus^Ghrîst; elle en valait la peine cependant; ajoutons qu'avec un peu de bonne fbi, il eût débuté par elle dans sa Kte <fe Jésus^si cette vie n'eût pas été un ouvrage de pure fantaisie. En effet, il n'a pu ouvrir l'Évangile sans y voir attestée, à toutes les pages, la divinité de Jésus. Donc, avant de supposer, comme il l'a fait, (pie Jésus n T'iait qu'un homme, et de rejeter, en cons:équence , tout ce qui, dans les ÉvdUijiles, témoigne qu'il fut Dieu, il aurait dû poser nettement la question et la résoudre. D ne l'a pas fait; il a seulement jeté çà et là des négations gra» tuites, et il a couvert d'un dédain, qui lui fait peu hon-

neur, cette grande question que les plus hautes intéDigences se sont posée depuis dix-huit siècles, et qu'eDes ont résolue d'une manière afiSrmatiVe.

' Mais M. Renan n'a pas osé s'attaquer à ces grands esprits. Il a fbi le combat; il s'est caché derrière quelques arguties, espérant que les demi-savants et les ignorants, qui forment Timmense majoriti' en ce monde, ne s'a])ercevraiont point de sa tactique, et acclameraient son livre, qui ré[)ond si bien aux exigences de leur esprit étroit et de leur incn'dulité.

La question que s'est adressée notre antagoniste est donc mal posée.

Sa réponse renferme une meur. Il n'est pas vrai que la vie de Jésus nous soit parvenue sans chronologie exacte. Déjà nous avons prouvé que les évangélistes avaient clairement déterminé répOHque .de la naissance de Jésus, et qu'ils savaient mieux la chronologie et l'histoire que notre académicien; les évangélistes nous apprennent positivement que Jiîsiis resta obscur à Nazareth jusqu'à Yù.2:e de trente uns; que cette année correspond à la quinzième année de l'empire de Tibère; qu'il évangélisa pondant trois ans, et qu'il mou* rut ainsi dans sa trente-quatrième année.

Si M. Renan avait dit que, pendant ces trois ans, les évangélistes n'ont point (déterminé le mois ou le jour oii il a prêché tel discours, opéré tel miracle, on le concevrait; mais affirmer que la vie de Jésus nous est parvenue sans chronologie, c'est là une assertion fàusse et démentie par l'Évangile.

Le nouvel ennemi de Jésus-Christ, en présence des récits évangélîques , n'aurait pu même dire que les discours et les actes de Jésus, pendant les trois années de sa vie publique, n'ont pas été exactement classés.

Eb l'ont été par saint Lue, qui a mis dit tordre dans les bits que saint Mathieu et saint Marc n*avdent point cherché à aligner chronolQg;iquement. C'est donc le rédt de saint Luc qu'il faut suivre, dès que Ton veut avoir une chronologie exacte; son Évangile est le cadre dans lequel il faut placer les récits des deux premiers évangélistes et les détails supplémentaires de l'Évangile do saint Jean. On arrive ainsi à avoir une \ic dans la(|Uf'lle tout est beaucoup mieuiL coordonné que dans la plupart des autre^ histnires.

M. E. Renan pouvait d'autant moins reculer devant un pareil travail, qu'il a été accompli àvjh plusieurs fois et par des hommes fort érudits. Il eût pu faire encore plus de science qu'il n'en a Cait et de meilleure, en suivant ces érudits, qu'en jetant en pâture aux intelligences foibles ses assertions gratuites et dénuées de sincérité.

Quoique M. E. Renan ne connaisse pas, même de son propre aveu, la marche de la pensée de Jésus, il

tient cependant à dire quelle elle fut. Il pose donc ces axiomes : 1" « le développement des produits vivants est partout le môme » ; « 2* il n'est pas douteux que la croissance d'une personnalité aussi puissante que celle de Jésus n'ait obéi à des lois très-rigoureuses. »

Il n'est guère possible de dire de plus pompeuses pauvretés. Comment soutenir que le développement des prodtdts vivants est partout le même, lorsque nous voyons sous nos yeux ce développement s'effectuer chaque jour sous des lois diverses qui constituent l'infinie variété des espèces et des genres, et môme des individus qui appartiennent à tel genre, à telle espèce. Le premier axiome de M. Renan est la négation d'un bit constant^ dont upus sompes témoins h chaque in-

stant de notre existence, d'un lait qiiî constitue lo caractère le plus évident de toute la nature vivante.

Oue sont ces lois rigoureuses dont parle M. Renan dans son second axiome, et sous lesquelles la puissante pei'soimalité de Jésus se serait développée ? Les connaîtil? Non. Alors comment peut-il en indiquer les résultats? D'où viennent ces lois? Il n'en sait rien. Alors comment peut-il en déterminer l'influence? Ën outre, eomment peut-il fiûre de Jésus xmtpexwvmliUpuksanie, après en avoir fait un simple villageois, ne oon-. naissant rien en dehors de son village, ignorant les choses les plus simples et que les hommes- ordinaires connaissent. Il nous a fait ce portrait de Jésus dans son troisième chapitre, et maintenant, pour les besoins de sa cause, il en fait une persominlité puissante qui a dû, en vertu de lois rigoureuses, arriver à des théories philosophiques que personne n'avait entrevues avant lui.

Une contradiction, et deux assertions qui ne sont que des non-sens^ telle est la ba«^o sur laquelle notre antagoniste se pose pour attribuer à Jésus son propre système sur la Divinité. Mais, avant d'aborder ce sujet, M. Renan nous donne cet avertissement : « C'est ïà qu'il &ut le plus renoncer aux idées qui nous sont familières et à ces discussions où s'usent les petits es^ prits, » (P. 74.) Ainsi, recueillons-nous I Ne discutons pas, sous peine d'être de petits esprits! Le devin, le grand esprit qui s appelle Ernest Renan va parler.

Mais, grand esprit, si vous aviez pris la jjcine de nous dire préalablement pourquoi nous no devons pas discuter sous peine d'être de petits esprits, cette peine n'eût pas été tout à fait inutile. Peut-ôtre aussi auriez-

Yous dù \ous abaisser un peu jusqu'ù prouver que

TOUS ôtes un grand espriij un «K?vm, car, voyrzvouSy notre siècle est un peu batailleur et passablement incrédule. Je comprends que les Renanistes qui ont fci en vous, tous croient sur parole, mais nous qui sommes à Totre égard de libres penseurs, tout comme tous Tètes à Tégard de Jésus-Christ et du christianisme, nous ne sommes point disposés à tous écouter en silimce; nous serions m/^mos disposés à vous renvoyer ce titre petit f'sjn-it dont vous nous gratifiez si généreusement. Doiic^ au risque de passer \\(\wv petit esprit à vos yeux et à ceux de vos crédules adeptes, nous oserons discuter contre vous.

Commençons :

« Pour bien comprendre la nuance de la piété de

Jésus, il t'aul l'aire abstraction de ce qui s'est placé entre rÉvangile et nous. » (P. 74.)

Pourquoi, s'il vous plaît? Il n'y a donc pas eu un seul homme, depiiis dix-huit sièdes, qui ait compris rÉTangUe? C'est là foire le procès à beaucoup trop do gens. L'intelligence n'est^elle Tenue au monde qu'aTOC TOUS, illustre académicien des Inscriptions et Belles- Lettres? Jusqu'à TOUS le monde a-t-il été couTort d'une couche si épaisse d'ignorance qu'il n'ait pas eu le moyen de comprendre le livre le ph4ft siwple ({ui existe? Nous ne nions pas les profondeurs divines de l'Évangile, mais ce li\re, en même temps qu'il offre aux intelligences d'élite de quoi se satisfaire et au delà, possède en même temps un caractère de si adorable simplicité, que rintelligence la plus modeste peut l'entendre. C'est que, Toyez-Tous, Grand Esprit, le bon Dieu est Père de tous, des saTants comme des ignorants, et qu'il a Toulu mettre $a vérité à la portée de tous. Celui qui Mt

luire son soleil sur la nature entière, pour éclairer l'œil de la fourmi aussi bien que celui de rhomme, a mis au miKeu du monde la vérité^ qui lance ses rayons douK et purs dans les petits comme dans les grands esprits. Seulement les rayons du soleil de la vérité, comme ceux du soleil de la nature, rencontrent des obstacles. Il y a, dans le monde intellectuel, comme dans le monde plnsique, des réduits obscurs, humides, infects, où se cachent des reptiles immondes. Depuis dix-huit siècles, tous les hommes ont-ils été à rétat de reptiles, amis des lieux humides et sombres? Nous ne le pensons pas. L'humanité a eu dans tous les temps, et surtout depuis Jésus-Christ, de grandes et nobles intelligences nourries de rËvangile, et des coeurs purs qui en ont senti toutes les douceurs. Elle en possède encore de nos jours qui n'ont point attendu la publication de votre prétendue Vie de Jésus pour connaître Jésus et la vérité. Donc, un peu plus de modestie, monsieur Ueiian. Il n'est pas encor»' démontré (jue vous ôt(!S une de ces pures intellis^encesoù la vérité brille de tonte sa S]>lendeur,et voussa\ez (|ue le ntinibre est ^rand de ceux qui vous placent parmi ces reptiles dont r<Bil abhorre la lumière.

Nous sommes trop poli pour vous classer dans cette catégorie, mais permettez-nous du moins de croire que vous n'êtes pas pour le mondé un nouveau révélateur, et qu'entre l'Évangile et vous, il y a eu et il y a encore 4e grands esprits qui ont entendu et qui entendent rËvangile autrement que vous, qui pensent que vous n'en avez fait qu'une parodie, et que vous n'y avez pas trouvé un seul mot (|ui puisse justilier les étrauges théories que vous attrîl)uez à Jésus.

Continuons la citation :

— id8 —

« Déisme et panthéisme sont devenus les deux pôles delà théologie. »

Pardon, Grand Esprit; le déisme et le panthéisme n'apjiarlienncnt ni l'un ni l'autre à la tliéulogie, et ne sont pas aussi éloignés l'un de l'autre (jue vous le pensez. 11 n'y a entre eux qu'un degré du inoins au plus. Le déiste est celui qui croit en un Dieu qui ne s'est jamais manifesté à l'humanité; quel est-il ce Dieu? il l'ignore. Il voit ses œuvres extérieures; il en induit qu'il existe, mais dès quil veutrapprofondir, il se perd et il tombe insensiblement dans le panthéisme qui réduit Dieu à une énei gie, à une force inhérente à la nature.

Cependant, le déiste affirme un Dieu penmmel, créateur^ dont la Providence gouverne le monde. Mais

il ne considère Dieu que phUosophiqimncnt ^ par le seul cfl'ort de la raison ; son système appartient donc à la philosophie et on l'appelle généralement théodkce. Quant au panthéisme, il n'appartient à la tJienlo(/ie î\ aucun titre. Notre académicien doit savoir que, par ce mot, on entend la science de Dieu et des choses qui s'y rapportent, au point de vtie de la révé* laiion. S'il voulait donner à ce mot un autre sens, il aurait dû en avertir préalablement. Mais, que Ton considère la théologie comme une science philosophique ou comme la science de la révélation , le panthéisme ne peut lui a[)partenir, puisqu'il est la négation de Dieu, ou, ce qui revient au même» Vathéisme. Que Ton déguise cet affreux système sous tel ou tel nom nouveau, il n'est toujours que ce qu'il est. Affirmer que tmit est D'un (-nav 0?c'ç), c'est dire que Dieu est la nature, c'est le confondre avec tous les

êtres. Cette foi^ce inhérente aux êtres et que l'un

âétfie, est-elle un être en dehors des autres Cires? alors on admet un Dieu réel, personnel par conséquent, et l'on n'est plus panthéiste. Cette force ou éjicrgie n'est-elle pas un ôtre à part? alors Dieu n'est pas, on est athée.'

Nous ne sommes point disposé à nous payer de mots sonores. Si les mots dont on se sert ont un sens, il faut clairement le déterminer; s'ils n*en ont pas, il faut qu*on le sache, afln d'être édifié sur le genre d'esprit de celui qui les emploie.

Passons à l'aphorisme qui fait suite aux précédents :

<x Les chétives discussions de la scolastique, la sécheresse d'esprit de Descartes, l'irréligion profonde du dix-huitième siècle, en rapetissant Dieu, et en le limitant, en 'jNclquc sorte ^ par t exclusion de tout ce qui n'est pas lui, ont étoutfé, au sein du rationalisme moderne, tout sentiment fécond de la Divinité, n

Yoiià donc tout d'un coup le procès fait à la philosophie du moyen âge, à la philosophie moderne, à la philosophie contemporaine. Et au nom de quelle idée M. Renan repousse-t-il ainsi toute philosophie qui a précédé la sienne? U l'indique en passant, et l'expliquera plus tard avec plus de clarté : C'est que toute la philosq»hie a HmUé Dieu par f exclusion de tout ce gui n'est pas kd. Ainsi un être est iltmfV lorsqu'on le distingue d'un être qui n'est pas lui. L'homme est donc limité, d'après ce principe, si on le distingue de tel ou tel animal. Chacun pense généralement qu'un ôtre qui a sa réalité propre n'est pas limité dès qu'on ne lui retranche rien de ce qui lui appartient. Mais, dans l'idée de M. Renan, Dieu est un être qui n'a pas d'être, de réalité propre. Voilà pourquoi on le limite par ^exclusion de tout ce qui n'est

— soo —

pas lui. Mais, profond philosophe, si tout est Dieu, il n'y H rien qui ne soit pas lui. Alors, pourquoi vous servir de ces mots : par l'exclusion de tout ce qui n'est pas lui? Il vous fallait dire : par la négation d'une partie dt ce qui est lui; alors votre phrase eût été intelligible. Mais yous voulez que tout soit Dieu, et TOUS reprochez aux philosophes d'avoir exclu de Dieu tout ce qui n'est pas bd! C'est là, permettez-nous de 1^ dire, un pathos incompréhensible^ absolument dénué de sens.

Que M. Renan attaque la scolastique, peu nous imjjoite; il n'a, certes, lu ni Al)ailard, ni Vincent de Btauvais, ni Albert le Grand, ni Thomas d'Aquin, ni les autres philosophes du moyen âge; mais nous n'avons pas le devoir de les défendre contre lui. Quant & Descartes, que M. E. Renan lui trouve l'esprit sec, il est dans son droit, mais nous aurons toujours celui de le considérer comme un penseur beaucoup plus profond que notre élégant académicien. Pour Virriéligion de la philosophie du dix-huitième siècle , nous sommes d'accord ; seulement, nous ne croyons pas à M. Renan le droit de lui faire ce reproche, d'abord parce qu'il n'est pas, persoimellernenl, plus religieux que les phiK>sophes du dix-huitième siècle, et qu'il l'est moins ([ue plusieurs d'entre eux qui, du moins, croyaient vw Dieu; ensuite, parce que les philosophes les plus irréligieux du dix-huitième siècle, les athées, tels que Diderot, La Mettrie, Boulanger, enseignaient le même système que M. Renan enseigne aujourd'hui. Ils ne croyaient qu'au Dieur nature^ m Grand-Tout, au Prototype; ils faisaient venir Thomme d'un animal, tout comme notre gradeux académicien. lie Bmmisme n'est pas neuf ; il vient de

la France du dix-huitième siècle, en passant par l'Allemagne au dix-neuvième. U valait beaucoup mieux le prendre à sa source, d'autant plus qu'on Ty trouve plus clairement formidé que dans les livres nébuleux du philosophisme allemand.

En remontant plus haut dans l'histoire de la philosophie, on trouverait les premiers aiicôtres des atliées du dix-huitième siècle et des athées du dix-neuvième qui se cachent sous le litre de panthéistes. C'est ce vieux système, rejeté de tout temps avec indignation par la pliilosophic comme par le bon sens vulgaire, que M. Ë. Renan nous offre aujourd'hui^ enveloppé dans des phrases brillantes, rehaussées de faomrs roses.

Quelle idée M. E. Renan a-t-il de la Divinité ? Vraiment nous rîgnorons. Nous avons examiné avec la plus sérieuse attention les a^horismes doiit il nous accable dans son V* chapitre, sous prétexte d'exposer

la doctrine de Jésus-Clirist sur ce point, nous avouons ne reconnaître, dans toutes ses propositions^ que des opinions contradictoires ou des non-sens. Aux phrases que nous avons déjà discutées succèdent les suivantes :

« Si Dieu est un être déterminé hors de nous^ la personne qui- croit avoir des rap [torts particuliers avec Dieu est un visionnaire, » (P. 74.)

Ainsi, dans V hypothèse que Dieu soit un être (Ustinct» G*e8t-èrdire, en supposant que Dieu existe, îl est impofr< sible qu*il se conummique à l'homme. Les êtres qui composent la nature ont entre eux dès relations, des rapports ; mais Dieu ne peut en avoir ; sa puissance est donc moins grande (pie celle des êtres qui lui sont inférieurs, qui ont reçu de lui leur existence et toutes leurs iacultés \ Dieu a pu donner à des êtres contingents

ce que lui, èire nécessaire , ne possède pas. Bll existé, il est créateur; il communique à l'être qu'il crée la

nature qui lui est propre ; c'est bien un rapport, une relation qui suppose toutes les autres possibles ; mais M. Renan ne veut pas que Dieu, m^me dans la supposition qu'il soit un être déterminé hors de nous, soit créateur y et puisse communiquer à l'honnne ({uoi que ce soit. Sur quoi s'appuie-t-il pour limiter ainsi l'action divine ? Sur rien. Il affirme, et il entend que nous acceptions humblement son opinion sans la discuter. Si jadis certains élèves philosophes regardaient h parole du mdtre comme une raison suffisante, et tranchaient les discussions par ces mots sacramentels : Il l'a dit ; nous n'en sommes plus 1& aujourd'hui. M. E. Renan n'a aucun droit de nous imposer d'autorité sa nianii're de voir. S'il s'adresse à un public sérieuxv, il se doit à lui-mrmo du donner les motifs à l'appui de ses opinions ; s'il ne veut qu'encourager dans leur incrédulité' des homme? qui ne croient à rien, soit parce que leur esprit n'est pas de forceàs'élever jusqu'à une conviction raisonnée, soit parce que de mauvais penchants étouffent en eux les lumières de la raison, il faut qu'il le dise clairement.

Nous Youlons supposer que notre académicien s'adresse au public sérieux. Gomment alors s'estp-il oublié au point de jeter en passant son opinion sur l'impossibilité des rapports de Dieu avec l'homme, sans donner môme l'ombre d'une preuve ? Il sait bien cependant que Thumanité entière , depuis qu'elle existe, a cru à ces rapports. Toutes les religions reposent sur la croyance en la révélationde Dieu à l'homme. On trouve cette croyance au berceau de l'humanité, chez toutes les races, chez tous les peuples, quelles que

towoX d'ailleurs les difTérenoes de leurs théories religieuses. Le peuple le plus sauvage croit à l&réoéiaiion ocanme le peuple le plus civilisé. M. £• Renan ne discute cette croyance universelle^ ni sous le rapport philosophique, ni sous le rapport historique, et il affirme que quiconque croît avoir des rapports avec Dieu est un viswnnaire. Que tel ou tel individu en particulier ait pu être visionnaire; qu'il ait pris ou donné pour des révélations de Dieu ses propres idées, nous le croyons ; ?icc titre, M. E. Renan lui-même est visionnairCj car il a donné comme appartenant à Jésus- Christ sa propre théorie sur la Divinité. Mais un vrai philosophe distinguera toujours entre une croyance qui forme la base de la pensée de Thumanité, et une jtfiéorie individuelle ; il saura, sans effort extraordinaire, distinguer l'individu réellement m^ptr^ de celui ^ui prétend Tôtre , et qui se pose, daiis le monde, comme un rMhUeur (fun nouveau genre; car il n*y a et il ne peut y avcnr de révélation nouœlie, par cette raison fort simple : que la pensée de IHett,|doit élrç tmwi/^zA/e, puisqu'elle est vérité. , Poursuivons la citation :

« Les sciences physiques et physiologiques nous ont montré q,ue toute visipn surqatuj^cUe est uuei illusion. »

Ces sciences ne l'ont pas montre du tout. Les sciences physiques n'ont pour objet que les ôtrcs extérieurs, ia nature; la physiologie est la science de l'hominépAyiique. Dès que ces sciences s'a,ppuient sur teapérience quantaui objetsqu*eIles peuvent atteindre, ellessontde vraies sciences ; dès qu'elles aluindonnent teospénenee pour s'élancer en des théories sur desol^jets qu'elles ne l^uvent saisir, elles. tppi))e^t en des systèmes, {dii^, 9^

U* PÂAT]B. U

moins philosophiques ; elles deyienneni philosophie, et jamais la philosopliie n'a démontré l'impossibilité des rapports de Thomme avec Dieu. Lorsque M. K. Renan prétend que les sciences physiques et physiologiques ont montré 1 impossibilité de oes rapports, il prouve tout simplement qu'il méconnaît Tobjet même de ces sciences, et qu'il est fort peu difficile sur les consé» quencos prétendues philosophiques que certains physî* ciens ou physiologistes ont cherché à tirer de leurs théories, si souvent contestables en elles-m^nies.

Des deux aphorismes ci-dessus, notre antagoniste conclut que « le déiste un peu conséquent se trouve dans ^impassibilité de comprendre les grandes croyances du passé. »

Nous sommes du même avis ; le déiste, en eifeti en slsolant du passé, en se concentrant en lui-même, en niafit à priori tout surnaturel, ne peut que rejeter tout ce que sa raison ne comprend pas ; et comme elle ne comprend pas Dim^ le déiste conséquent doit le rejeter et tomber dans le panthéisme. Mais, de son côté, le panthéisme est un système qui ne peut soutenir Texamen sérieux d'une intellif^^eiicc droite. Il s'ensuit que le vrai philosophe doit rejeter panthéisme et déisme, pour rentrer dans le courant de Thumanité qui a cru et qui croit à un Dieu pmomnely créateur et rét>élateur.

« Le panthéisme, ajoute notre antagoniste, en supprimant la personnaliti diviney est aussi loin qu'il se peut du Dieu vivant des religions anciennes, »

Pourquoi ce mot onciefiiMi? Toutes les religions contêmpwraines^ aussi bien que les anciennes, croient à un Dieu vivant eipersonnely et nous ne voyons pas pour-

IL Renan a voulu fidre de cette croyanm utt tcpamge exclusif de Tantiquité.

Passons i Vaphomme qui fiât suite :

« Les hommes qui ont le plus hautement comprix Dieu, Çakya-Mouni, Platon, saint ^diû, saint François d'Assise, saint Augustin, à quelques heures de sa mobile ^e, étaient-ils déistes ou panthéistes? Une telle question n'a pas de sens* »

En effet, il suffit de lire leurs ouvrages pour être

certain qu'ils ont cru en un Dieu personnel et révéla- ■ leur. Notons en passant que M. E. Renan aime beaucoup à mettre en scène saint François d'Assise? Pourquoi ? Nous l'ignorons. L'instituteur des Capucins n'a produit que quelques opuscules de mysticité et ne peut à aucun titre être classé parmi les philosophes qui ont disserté sur Dieu. C'était un bon chrétien qui n'eut pour but que de pratiquer et Caire pratiquer les pré« ceptes et lès conseils de l'Évangile. Pourquoi le mettre à côté de Platon, de saint Paul, de saint Augustin? Nous l'ignorons. Le rapprochement entre cet honune pieux et Çakya-Mouni est surtout original. Peut-être M. Renan, en le faisant, s'est-il cru très-profond. L'imprévu produit un boa effet dans un livre de haute fantaisie.

Mais si M. Renan trouve que la question n'a pas de sens, ce n'est pas pour la raison que nous avons don* née, mais bien pour ceUe-ci :

« Les preuves physiques et mathématiques derexi^tence de Dieu les eussent laissés indifférents. Ils sentaient le divin en eux-m^mes. Au premier rang de cette famille de wais fils de Dieu^ il faut placer Jésus. » (P. 78.)

Ainsi, oéLui qui croit avoir des rapports avec Dieo est un msimmaire condamné par les sciences physiques et physiologiques ; et, cependant, celui-là seul aime

idtîe juste de Dieu qui le sont en soi. Comment sentir Dieu en soi, sans avoir de rapport avec lui? Cnmment sentir Dieu en soi, lorsque Dieu n'est i>as un «Mre distinct de soi? M. E. Renan coni[)niid cela, à ce qu'il paraît; quant à nous, voici ce que nous comprenons : Ou Dieu est un être personnel, ou il ne l'est pas. Dans le premier cas, on ne peut le sentir en sot sans ôtre en relation avec lui. Dans le second cas, on ne peut ie seniiTy puisqu'il n'existe pas. Ihrétendre, avec notre académicien, qu*un homme sent quelque chose en lui qui n'e&t pas lui et qui cependant n'est pas distinct de lui, c'est une des théories les plus ridicules que l'esprit humain ait pu inventer.

C'est là cependant le système que M. Renan prête à Jésus-Christ.

« Jésus, dit-il, n'a pas de visions; Bien ne lui parle pas comme à quelqu'un hors de lui ; Dieu est en lui ; il i>c sent avec Dieu. .. Il vit au sein de Dieu/;<7r une communication de tous les instants ; il ne le voit pas, mais U P entend,,» L'imagination et l'hallucination ne sont ici pour rien. L'ivresse du sonÛse proclamant identique à Dieu est aussi tout autre chose. Jésus n'énonce pas un moment ridée sacrilège qu^il soit Dieu, Il se croit en rapport direct avec Dieu, il se croit fils de Dieu. La plus haute conscience de Dieu qui ait existé au sein de l'humanité a été celle de Jésus. » (P. 7S.)

Dans ces phrases il y a autant d'impiétés, de contradictions et d'erreurs historiques, que de mots.

Comprend-on d'abord que Dieu n'ait pas parlé à Jésus comme à quelqu'un hors de lui^ et que cependant

il ne lui ait pas été identique ? Si Dieu était distinct de Jésus, Dieu lui parlait nécessairement comme à quelqu'un qui n'était pas lui, qui était hors de lui ; s'il n'en pas distinct, il lui était identique, M. £• Renan a beau amonceler les nuages , il n'échappera jamais à ce dilemme. Il craint de formuler le panthéismCy parce qu'il en voit Vabsurdité ; il ne veut pas admettre un Dieu penonnel, parce qu'il voit que, s'il est logique, il va droit à la rév^atîon. U prend donc le parti de faire de Dieu un mot, et de revêtir de ce mot vide de sens les plus creuses théories qu'il ait été donné à l'esprit de l'homme d'inventer.

L'Évanirile renferme d'innombrahles témoignages qui contredisent toutes les assertions de M. E. Renan. D'après ces témoignages , Jésus voit Dieu ; il s'entretient avec lui, et môme avec les prophètes de l'Âncien Testament, ^loîse et Élie, qui apparaissent à ses côtés ; Dieu le Père se mon» fuie pour le proclamer son Fils; l'Esprit de Dieu revêt une forme sensible pour se reposer visiblement sur lui ; il parle de Dieu son Père, comme distinct de lui quant â son humanité, en même temps (jiie, comme Dieu, il s'identifie avec lui en disant : Mon Père et tnoij nous sommes un.

L'Évanirile dément toutes les assertions de M. E. Renan, qui, pourtant, prétend s'a[)[)nyer sur I Évangile. S'il prend ce livre divin pour guide dans l exposition de la doctrine de Jésus, pourquoi le contredit-il? S'il ne veut pas s'en rapporter à lui, pourquoi prétend-il s'appuyer sur son t^noignage? Si les Évangiles sont les documents où il fidlle nécessairement puiser pour parler de Jésus et de sa doctrine, il fiuit les accepter tels qu ils sont ; si on ne vent pas las accepter ainsi, il laut

les rejeter. Mais les dénaturer comme le fait M. E. Renan, les contredire sur tous les points, en prétendant les suivre^ c'est là une œuvre indigne d'un homme sérieux et honnête.

Jésus, selon notre académicn, « conçttt Dieu immé' diaiemeni comme père (p. 76). C'était là toute sa théologie (1); il ne faisait pas de raisonnements (2); Une prMiaU pas m opinions y il se pntcHAir Lui-MÊifE, et il avait ee ea raetftre de perpétuelle attention à lui-même qui est le propre des femmes (3). Cette personnalité est ridentification du moi avec l'objet qn'il a embrassé. Jésus n'arriva pas sans doute du premier coup à cette haute aftirmâtion de lui-même ; mais il

{{) M. Renan ne voit de germe de théologie que dans les discours que le quatrième EivaDgile prète k Jôsus^ et il se hâte de dire que ces discours sont en coniradfefjm abtoluê avec cem des Evangiles synoptiques, lesquels « représentent sans aucun doute les Logia primitifs. » Nous mettons M. Renan au défi de prouver qu'une seule contradiction existe entre la doctrine exposée dans le quatrième Evangile et celle des trois premiers. NonsaffirmoDs, nous, quMl n'en existe aueune. Nons en avODS d^à donné des preoTes; nooa en donnerons encore, et nous prenons publiquement l'engagement de répondre péremptoirement à toutes les objections de M. Henan et de tous autres.

(2) A l'appui de cette assertioD, M. E. Renan renvoie à l*l$vansll« ée saint Mathieu (a, 9). où il dit que Mathieu sniTit Jésus dès qu'il fut appelé à Tapostolat. Ce texte ne prouve point ce qu'affirme M. E. Renan. Jésus n'était pas, il est vrai, un dogmatiseur, mais il raisonnait, et raisonnait fort bien lorsqu'il le jugeait utile. Les Evangiles en font foi.

(3) Pour le prouver, M. E. Renan indique l'Evangile de stint Jean (m, 18 et suiv.). Dans ce passage, l'évangélisle raconte que Jésus demanda à saint Pierre un triple témoignage de dévouement, ce qui était nécessaire iiour réparer son triple reniement lors de la Passion, et pour qu'il fût réhabilité dans la charge de pasteur de l'Eglise. Nous demandona si un td passage preuve. ce que prétÎMid M* Renan,

est probable que, dès ses premiers pas, il s'envisagea avec Dieu dans la relation d'un lils avec son père. Là est son grand acte d'originalité. En cela il n'est nullement de sa race. Ni le Juif ni le Musulman n'ont oompris cette dé&emise théologie d'amour, »

Quel verbiage &de et insignifiant! Qu'est-ce qu'un homme qui m prêche hd^même^ qui a^idenUfie avec pieu, qui a des e(nnmumeations perpétuelles avec lui et qui pourtant ne peut en avoir puisqu'eUes sont impossibles?

Avouons queM. E. Renan doit avoir une confiance illimitée dans l'ineptie humaine pour oser émettre d'aussi étranges théories.

Il continue ainsi h exposer les idées qu'il prête h Jésus sur la Divinité :

c Le Dieu de Jésus n^est pas ce maître fatal qui nous tue quand il lui plaît, nous damne quand il lui platt, nous sauve quand il lui platt. Le Dieu de Jésus • est notre Ptee. On l'entend en écoutant cm souffle léger qui crie en nous : « Pèrel » (P. 77.)

Ces dernières pardes sont appuyées, du moins en apparence, sur un t^te de l'épttre de saint Paul aux Galates. Notre académicien y renvoie ainsi en note : Ad GalataSy iv, 6. Le Renaniste docile acceptera la citation sans la vérifier. Nous avons une confiance moins aveugle et nous nous transportons au chapitre IV de l'épître aux Galates. Nous y lisons nonseulement le verset 6, mais encore ceux qui précèdent et dans lesquels saint Paul s'exprime ainsi :

a Dès que les temps furent accomplis, Dieu envoya son fils, engendré de la fomme etsoumisà laloi(jifrdaique), afin de racheter ceux qui étaient sous la loi et nous rendre fils par adoption. Donc^ puisque vous

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