‹ E. Renan et M. BerthelotChapitre 15 sur 28 · Perdue · texte numérisé non relu

Perdue

reparaître; je vois bien péniblement aujourd'hui combien j'ai eu tort de ne point suivre cette pensée, en dépit de l'opposition qu'elle rencontrait. Je ne vous demande pas de nous écrire : vous ne sauriez manquer de le faire, car il n'est personne qui sente mieux que vous combien est douloureux le coup que nous venons de recevoir.

Nous sommes depuis quelques heures à Beyrouth,

en allant de Tyr à Tortose; nous y recevons ce triste courrier. Nous devions repartir après-demain. Je vondrais maintenant rester ici, pour avoir. plus tôt les nouvelles que nous portera le bateau arrivant lundi. Je ne sais encore la décision à laquelle mon frère et Cornélie voudront s'arrêter. Nos santés étaient bonnes jusqu'à ce malin; mais, tout naturellement, nous sommes aujourd'hui bien émus.

Mille affectueux souvenirs, s'il vogus plaît, à votre chère famille; je prends bien part à la joie que vous ressentez en voyant monsieur votre père moins souffrant. Ëcrivez-moi par tous les courriers, je vous en prie, et croyez toujours à notre vieille et inaltérable amitié.

H. RENAN

Continuez, je vous le demande instamment, monsieur, à nous parler de la santé du cher petit Baby avec la plus entière franchise; ce n'est qu'en comptant sur la vérité tout entière que nous pouvons avoir pour lui quelque sécurité.

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