Abendmahl, p
M. Loofs n’est guère plus heureux avec son second exte :
De sacramento sane quod accipit [catechumenus], cum
ibene commendatum fuerit, signacula quidem rerum ivinarum esse visibilia, sed res ipsas invisibiles in eis (onorari; nec sic habendam esse illam speciem benedic- (one sanctificatam quemadmodum habetur in usu quoibet; dicendum-etiam quid significet, et sermo ille quem udivit, quid in illo condiat, cuius illa res similitudinem erit.
“Deinde monendus est ex hac occasione ut si quid fiam in scripturis audiat quod carnaliter sonet, etiamsi on intellegit, credat tamen spiritale aliquid significari uod ad sanctos mores futuramque vitam pertineat !.
Ce texte est à peu près contemporain du III° conile de Carthage (397), qui signale l'importance qu'ait en Afrique le rite du sel que l’on donnait à goûter x catéchumènes, non pas une fois, comme à Rome, jais tout le long de l’année?. Augustin, comme l'ont ien vu les Mauristes, fait ici allusion à ce rite. On >trompe donc à trouver ici une allusion à la comunion. Sans doute, il n’échappera à personne que s ce « sacramentum salis », se retrouvent tous s éléments d'un sacramentum, c’est-à-dire d’un gne matériel signifiant une chose divine ou relieuse : un signe (speciem) sanctifié (benedictione
. Catech. rud. 50.
: Canon 5 : « Item placuit ut etiam per sollemnissimos paschales s sacramentum catechumenis non detur, nisi solitum salis », etc. DucEsne, Origines du culte (Paris 1898), p. 285, note 3. Saint Autin parle encore de ce sacrement du sel, dansle De peccat. merit. V42 : « Et quod accipiunt {catechumeni], quamvis’non sit corpus tristi, sanctum est tamen, etsanctius quam cibi quibus alimur, quoam sacramentum est. »
sanctificatam), et qui dès lors n’est plus l’éléme ordinaire, le sel commun (non quemadmodum.
usu quolibet). Ce sel est devenu un symbole de doctrine : on dira au catéchumène ce que la doctri assaisonne en lui, doctrine dont le sel est l’ima (similitudinem gerit). Le catéchumène recevra le: avec respect en pensant à la doctrine qu'il signi (res ipsas invisibiles in eis honorari). L'analogie ( manifeste entre ce sacramentum et tous les sac» menta, et je comprends l’usage que M. Loofs pou faire de cette analogie. Mais cette analogie est te extérieure, parce qu’elle porte sur le sacramentu et que la distinction demeure, ici encore, entre signe et la res dont le signe est ailleurs le vél cule,.
Quant aux conséquences que l’on veut tirers conseil donné par Augustin d'entendre spirituell ment ce qui dans la sainte Écriture « sonne charnell ment », ilne s'applique pas plus au sacrement du s! qu'au sacrement de l'eucharistie : il vise l’ histoi sainte que l'on enseigne aux catéchumènes, et d laquelle les traits qui sont charnels et choquants vent être compris spirituellement pour être édifianf Ce conseil ne projette pas sur le mystère de l’euch ristie la « lumière crue » que M. Loofs a salué parce que ce conseil vise tout autre chose que l' charistie.
De leur côté, les théologiens de l'École répugn à croire que saint Augustin ait eu sur le mode de présence réelle un enseignement qui ne seraitp exactement celui de l'École. Nous avons vu combi Augustin était loin d’une dogmatique si précise.
is insistent cependant !, et ils en appellent à uelques textes fameux.
Le premier est celui où Augustin se demande omment nous pouvons adorer, ainsi que le veut le isalmiste, l’escabeau des pieds du Seigneur, qui st la terre.
Suscepit enim de terra terram, quia caro de terra est ide carne Mariae carnem accepit. Et quia in ipsa carne ic ambulavit, et ipsam carnem nobis manducandam ad alutem dedit, nemo autem illam carnem manducat nisi us adoraverit, inventum est quemadmodum adoretur ale scabellum pedum Domini?.
Ainsi, concluent nos amis, le fidèle adore dans l’euharistie la chair du Christ, cette même chair que le brist a prise au sein de Marie.
En raisonnant ainsi on raisonne bien, mais on aisonne sur une objection que se pose Augustin, et ‘on sur la conclusion d’Augustin. Augustin, en effet, xpose là une difficulté qu'il se fait : adorons-nous lescabeau des pieds de Dieu? Non, répond-il, car | otre adoration, quand nous adorons devant l’escaleau, s'adresse à Dieu : propter sanctum adoras. — ais pourtant, insiste l’objectant de saint Augustin, & fidèle adore la chair eucharistique avant de comanier : or cette chair est celle que le Christ a rise au sein de Marie, et qui, en dernière analyse, été tirée (au premier jour) de la terre : donc le fidèle dore la terre en adorant la chair eucharistique. — quoi Augustin répond : ce que vous appelez chair
la. P.ScHawz, « Die Lehre des Augustinus über die Eucharistie », dans in Theologische Quartalschrift, 1856, p. 79-115. E. PORTALIÉ, art. « AUSUS-
», dans le Dictionnaire de théologie, t. I (Paris 1903), p. 2M8-2224. 12, Enarr. in ps. XCVIII, 9.
est ici indifférent : ce que vous adorez, ce n’est pa terram quamdlibet, c'est le « saint » dont la cha est l’escabeau : propter sanctum adoras.
Numquid autem caro vivificat? Ipse Dominus dixit, cut de ipsa commendatione eiusdem terrae loqueretur Spiritus est qui vivificat, caro autem nihil prodest 1.
Ideo et ad terram quamlibet cum te inclinas atqu prosternis, non quasi terram intuearis, sed illum sant tum cuius pedum scabellum est quod adoras : propte ipsum enim adoras?.
« Ad terram quamlibet te prosternis »! Je ne voi pas que ce texte soit si péremptoire.
On cite encore le texte où Augustin, commen tant la parole du psaume : Ferebatur in manibu suis *, déclare que cette parole, inintelligible d’aucui homme, ne peut s'entendre que du Sauveur à la cène « Ferebatur enim Christus in manibus suis, quand commendans ipsum corpus suum ait : Hoc est cor pus meum. Ferebat [enim] illud|corpus] in manibu suis.{ » Le Christ, conclut-on, portait donc propre: ment dans ses mains son corps. Mais ne serait-ce pat que l’on prend ces paroles de saint Augustin tro à la lettre? Augustin, résumant, dans le secon
1. Cf. Tractat. in Ioa. XXNI, 13 : « Homo es, et spiriltum hab et corpus habes. Spiritum dico quae anima vocatur, qua consta quod homo es : constas enim ex anima et corpore. Habes itaqui spiritum invisibilem, corpus visibile. Dic mihi quid ex quo vivat spiritus tuus vivit ex corpore tuo, an corpus tuum ex spiritu tuo Corpus utique meum vivit de spiritu meo. »
2. In ps., loc. cit. Suit un développement que nous avons ci déjà, où Augustin montre que la chair que donne le Seigneur saurait être sa chair visible : « Non hoc corpus quod videtis, manduü caturi estis » etc.