Ps. xxxur (selon les LXX
4. Enarr. in ps. XXXIII, I, 40. Les mss. ne donnent nienim, ni pus.
serm on sur le psaume xxxnr qui fait suite au sermon que nous avons cité, le commentaire qu'il a donné du Ferebatur in manibus suis, n’a-t-il pas écrit : © Quomodo ferebatur in manibus suis? Quia cum commendaret ipsum corpus suum et sanguinem Suum, accepit in manus suas quod norunt fideles, et ipse se portabat quodam modo, cum diceret : Hoc est corpus meum!. » L'introduction de cette réserve {quodam modo) affaiblit sensiblement la première affirmation, et l'harmonise aÿec ce qui est la conception vraie d'Augustin, celle de la présence selon un mode essentiel qu'il appelle praesentiam spiritalem.
Résumons-nous.
Saint Augustin semble avoir exprimé sur l’euchastie la pensée commune de ces premières théories du réalisme qui se sont manifestées dans l’histoire des dogmes au 1° siècle et au 1v°, exception faite pour saint Cyrille de Jérusalem.
Le pain est pour saint Augustin un signe, un signe iguratif et commémoratif : la synonymie est à peu bres certaine, au x siècle et au 1v°, entre le mot acramentum tel que l'entend Augustin, et les mots ra, &vrirurov, cuu6ov, éuoiwux. Le pain est sacranentum corporis comme il est évrsturov süuartos, non n signe vide, mais un signe visible auquel est lié un lon invisible, réel, pur objet de foi, non créé par la foi. “Ce don, et la distinction importe au plus haut ï int, ce don ne doit pas être confondu avec l'effet
il produit dans le communiant, et qui est la . Car la vie est une vertu, qui appartient au
k Enarr. in ps. XXXIIL, I, 2.
corps incorruptible du Christ, mais qui n’est pas ce corps. C’est ce corps qui constitue le don invisible, mais ce corps à l’état impalpable et impassible, autant dire esprit. Qu'est-ce qui vivifie sinon l'esprit ?
Les premiers théoriciens du réalisme ont le mérite d’avoir dégagé la notion de sacrement et d’avoir immatérialisé le corps du Christ. Leur déficit consiste à n'avoir pas défini ce que devenait le pain après la consécration : ce pain « devient autre », ce pain « devient corps », ce pain « devient mystique », autant d'expressions imparfaites, obscures, équivoques même, pour autant qu'elles prêtent à une interprétation dyophysite.
La dogmatique grecque s'en dégagera avec saint Grégoire de Nysse, la dogmatique latine avec saint Ambroise. Mais tandis que, chezles Grecs, Théodoret ne parviendra pas à faire échec au développement de la notion de conversion, chez les Latins l'autorité d'Augustin, jusqu'au 1x° siècle, accréditera un lan» gage qui en fait abstraction, entretiendra de lon gues indécisions et soulèvera de vives controverses; qui même, en dehors du catholicisme, durent encore
1. Voyez E. B. Pusey, The doctrine of the real presence ascontaine in the fathers, Notes on a sermon (Oxford 1855); C. GORE, Dissertaæ tions on subjects connected with the incarnation (London 1895), p. 232 235; et J. WorpsWorTH, « The doctrine of transubstantiation » dan The Guardian, 12 juillet 1905. — Sur la controverse chez les Scola tiques, voyez VASQuEz, Disputat. CLXXX, Cap. 5.