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Dogmengeschichte, IX

“éristique de cette attitude. Le Christ n'a pas dit, à Ma cène : Ceci est le symbole de mon corps, mais Ceci est mon corps, nous « instruisant par là qu'il ne faut pas considérer la nature des oblata, mais que, Lpar l’action de grâce qui est prononcée, il y a conversion au corps et au sang ». Ces quelques mots sont bien peu de chose, encore donnent-ils une très solide formule : par la prière appelée syapiorix, le pain Met le vin sont convertis au corps et sang, “à mpoxeluevov eic cdpra xat aiua perabahhechat !.

Macaire de Magnésie, que l'on appelle couramment Macarius Magnes, est un contemporain de Théodore de Mopsueste. (Théodore fut évêque de Mopsueste, de 392 à 428.) Et parmi les morceaux qui Subsistent de l’Apologie contre les Grecs, de l'évèque de Magnésie, il en est un, bien souvent cité, sur l’eucharistie. Or le morceau est exactement dans le même sentiment que Théodore de Mopsueste. L’eu- \charistie, y lisons-nous, n’est pas le symbole du corps let du sang, ainsi que quelques-uns inconsidérément

4, Taeon. Mops. In Mat. .xxvr, 26 (P. G. LXNI, p. 713) : OÙx eine:

mouro éort To oûu6oloy ToÙ cwpmarés Wou, xal Toto Tob aiuatés ou, &AX, TOÙTO ÉGTL TO HU [Lou xaù To alu Lou, DLÜGoxwY AUS Un mpùs Tnv pÜoty Ôpv To npoxemévou, dAÂX Ôuù TAG YEVOLLEVNS Edyapiotiac cic odoua ai aux petaBgAlecbar. Ce fragment est tiré Idune chaîne. Rapprochez l'emploi du mot eraëd)\ecôar chez Cy- Irille de Jérusalem.

On cite, d’après les chaînes, un texte de Théodore d’Héraclée 1fF 355) ainsi conçu : « Hoc est corpus meum, inquit, atque Hic santjuis : ne haec figuram esse putaveris, sed quod panis illud ipsum Domini corpus, ac quod vinum sanguis est, arcana Spiritus sancti vi in carnem Domini nostri ac sanguinem conversa. » CoMBEris, Bibliotheca concionatoria, t. III (Paris 1662), p. 469. Ce texte est d'accord avec celui de Théodore de Mopsueste, mais je doute qu'il soit de Marien Théodore d'Héraclée. Cf. les textes de Théodore d'Héraclée, donnés par Combefis, t. V, p. 56, et qui rappellent plutôt la manière \d'Eusèbe.

l'ont imaginé, elle est corps et sang. Macaire n parle pas ici de conversion, mais on voit avec quelle force il répudie la pensée de voir dans le corps u figure !. Les termes de « symbole » et de « type paraissent désormais discrédités.

que l'influence la plus profonde, la plus durable, saint Jean Chrysostome, ne retient rien de l'essai d@ saint Grégoire de Nysse, et son influence propré opère dans un sens opposé à toute spéculation. Chrys sostome est avant tout un réaliste.

On comprend que M. Loofs n'ait pas de termes assez vifs pour qualifier ce qu'il appelle un retout à la théologie d’Irénée. « Chrysostome, écrit-il, park de la présence du corps et du sang réels du Chris d’une manière si effroyablement massive, si grossiè rement charnelle, parfois même si matérielle dénuée de tact; il parle si distinctement d’une cons version produite par les paroles de la consécration qu'on ne peut être surpris d’être presque unanime ment d'accord pour dire que Chrysostome a admis une réelle manducation du corps et du sang réels dt Christ?. » Le bon Schwane est près de trouver qui Chrysostome est plus réaliste qu'il ne convient, Si

4. Le fragment entier dans Prrra, Spicilegium solesmense, t (Paris 1852), p. 548. Voici les premiers mots : Oùx Éctty cdyauotik TÜToc ToÙ cüuatos xai ToÙ afuaroc, ômep TUÈ< Éppaloôncav mem pwpévor Tov vobv, L&Xkov à cœux xai alua [Xptoroÿ]. Pareilles ex pressions dans un texte de Maruthas, évêque de Tagrit, cité par PUSE) p. 497, d’après AssÉMant (Biblioth. or. I, 474119) : « For Christ dit not call ita type and a likeuess, but that in truth this is my body,

2, Abendmahl, p. 55. Même sentiment chez STEirz, t. IX, p. 44

“est vrai qu'il dise que le corps du Christ est broyé par les dents du fidèle, puisqu'on ne peut dire cela que des accidents ou espèces eucharistiques!. Nous pensons que cet ultra-réalisme, quiirait à supprimer toute différence entre la présence sacramentelle et la

“présence naturelle, n’est pas si ferme que le suppo-

“sent Loofs ou Schwane, et que la doctrine de Chrysos-

“tome est plusnuancée. S'il n’estpas le doctor euchart-

“stiae par excellence que certains saluent en lui ?, la place qu'il tient dans le développement de la doctrine

“eucharistique ne laisse pas d'être grande, et nous

dirons en quoi.

D'abord, Chrysostome a contribué à écarter les formules équivoques que nous avons rencontrées dans la tradition antérieure.

L'enseignement du quatrième Évangile est expliqué par Chrysostome dans un sens, peut-être nouveau, sûrement très rigoureux. Il entend le discours sur le pain descendu du ciel, au chapitre vr de saint Jean, de la divinité du Christ, il l'entend de la « doctrine salutairé » et de la foi, exception faite pour les versets 51°-56, qui à ses yeux se rapportent seuls à Veucharistie$. Quant aux versets qui se rapportent à l'eucharistie, Chrysostome les explique littéralement. Ainsi, dans le verset Caro mea vere est cibus, et sanguis meus vere est potus, le Seigneur a voulu affermir ses disciples dans la foi de ses affirma tions, et les empêcher de les prendre pour « une énigme ou une parabole », en leur faisant fortement

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