‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 120 sur 164 · LL · texte numérisé non relu

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du De sacramentis semble partagé entre deux ol rants théologiques, celui d'Ambroise qui parle avai tout de conversion, et ce courant grec antérieur & Cappadociens qui parle de symbole et de figure, q use du mot ôpolwux et du mot évriturov !. Ce nous sera une raison de plus de ne pas attribuer le De sacrt mentis à saint Ambroise. | |

Pendant que Milan donnait à l'Occident fortes expressions que nous venons d'étudier, Ron s’attardait ?. Les documents romains sont peu non breux, pen explicites, mais ils permettent de cons tater qu'a Rome, on était plus attaché à ur interprétation analogue à celle de saint Cyprien, qi conquis à celle de saint Ambroise.

Constatons, une fois de plus, le réalisme du lar

gage, à Rome comme dans toutes les Églises témoin l'inscription composée en l'honneur martyr Tarcisius par le pape Damase :

Tarcisium sanctum Chrisli sacramenta gerentem cum malesana manus premeret vulgare profanis, ipse animam potius voluit dimittere caesus

prodere quam canibus rabidis caelestia membra.

Mais une fois constaté ce réalisme qui va à donnt aux « Christi sacramenta » la qualité de « caelest membra », on éprouve combien est courte encôl la réflexion sur ce mystère du réalisme.

1. Pareilles hésitations dans le sermon De corpore et sangui Christi (P. L. XXX, 274-276), attribué à Fauste de Riez. 2. Sur saint Hippolyte, VOyez STRUCKMANN, p. 211-223.

- L'Ambrosiaster, œuvre romaine exactement conftemporaine du pape Damase (366-384), est un commentaire des treize épiîtres de saint Paul, où se rencontre une exposition du passage classique / Cor. x, 23-29. Que cette exposition est sèche et pauvre, auprès des développements lyriques d’un saint Jean Chrysostome! L’eucharistie est pour l’exégète romain une « A2edicina spiritalis quae, cum reverentia degustata, purificat sibi devotum ». Elle est une &@memoria redemptionis nostrae ». L'Ambrosiaster, reprenant une pensée de saint Cyprien, veut que cette mémoire soit exactement célébrée comme elle aété instituée par le Christ : « Indignum dicit esse WDomino, qui aliter mysterium celebrat quam ab eo traditum est. » Quiconque communie indignement est coupable du corps et du sang du Sauveur, mais qu'est-ce à dire? « Quid est aulem reos esse nist poenas dare mortis Domini? Occisus est enim pro his qui beneficium eius in irritum ducunt. » Nous avons été rachetés par la mort du Christ : « Huius rei memores, in edendo et potando carnem et saninem quae pro nôbis oblata sunt, significamus novum testamentum. » Paroles obscures. Manger à chair et boire le sang, voilà bien le langage du réalisme; mais ne dirait-on pas que l’Ambrosiaster incline à donner une valeur surtout commémorative au corps et au sang eucharistique? Il écrit : LBencefici divini sanguis testis est, in cuius typum mos calicem mysticum sanguinis ad tuitionem corporis et animae nostrae percipimus. » Le fidèle Communie au calice mystique du sang; il comunie pour la santé spirituelle de son âme et de son Corps, c'est la vertu de l’eucharistie; il communie

in typum de la rédemption opérée sur la CO CU Cette exégèse ne peut que paraître bien timid auprès des vigoureuses formules de saint Ambroise Mais, ceci est plus notable encore, saint Jé= rôme n’est pas sensiblement plus avancé que l’'Am= brosiaster. Certes, son langage est aussi réaliste que. tout le langage traditionnel. Il parle du ministère des | Apôtres « ad quorum preces Christi corpus san=\ guisque conficitur ». Il parle du pauvre qui faute” de vase précieux « corpus Domini canistro vimineok et sanguinem portat in vitro ». et n'en est pas moins, richement chargé?. Mais il revient à ces expressions équivoques que nous pourrions qualifier d’africa” nismes. Il reproche à Origène d’avoir enseigné que ler Saint Esprit n’opère pas dans les êtres inanimés ou GPORUE de raison. En parlant ainsi, Origène, dit-il, n’a pas réfléchi que le Saint Esprit consacre less eaux du baptême, et que pareïllement il sanctifie le pain par lequel est montré le corps du Sauveur:

Non recogitat aquas in baptismate mysticas adventi sancti Spiritus consecrari; panemque dominicum, quo Salvatoris corpus ostenditur et quem frangimus in sanc tificationem nostri, et sacrum calicem, — quae in mensä. Ecclesiae collocantur et utique inanima sunt, — pen invocationem et adventum sancti Spiritus sanctificari *»

4. PsEuDo-AMBR. Comment. in I Cor. x1, 23-26 (P. L. XNII, 43). Com” parez le langage que saint Jérôme prête à Jovinien, lequel s'est pro” duit à Rome vers 390 : « In 1ypo sanguinis sui non obtulit (Dominus} aquam sed vinum ». HiERONYM. Advers. Iovinian. II, 5. De même GAUDENTIUS, Sermo XIX (P. L. XX, 989 c) : « Labores passionis Christi in figura Corporis eius ac sanguinis, pro salubritate vitae communis. afferimus, et agnitam dulcedinem mysteriorum conscio ore testamun Gustate et videle quoniam suavis est Domainus. »

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