DE SACRAMENTIS : CANON ROMAIN
Fac nobis hanc oblatio- Quam oblationem, tu nem ascriptam, ratam, ra- Deus, in omnibus, quaesu-
4. De sacram. IN, 5. Les mots sanclum sacrificium immaculatam hostiam passent pour avoir été ajoutés au canon romain par le pape saint Léon. Liber pont. t. 1, p. 239. On trouve des allusions à la mention de Melchisedech dans le canon dès le temps du pape Damase. DUCHESNE, Origines, p. 169. Les mots [calicem] vitae aeternae sont peut-être signalés par Victorinus, à la même époque : Adv. Ariwm, II, 8.
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tionabilem, acceptabilem, mus, benedictam, ascrip-
quod figura est corporis et tam, ratam, rationabilem,
sanguinis Domini nostri acceptabilemqué facere di-
Iesu Christi. gneris, ut nobis corpus et sanguis fiat dilectissimi fili tui Domini nostri Iesu Christi.
Ces mots singuliers (guod figura etc.) donnés par le De sacramentis ne sont pas une glose introduite par l’auteur du De sacramentis, car nous ne trouvons pas trace de glose dans la longue citation qu'il fait du canon, et d'autre part aucune expression semblable ne se retrouve sous sa plume dans le reste du traité. De plus le texte reçu du canon romain atteste dans Ja prière Quam oblationem la présence d’un membre de phrase parallèle à cette glose supposée. La lecon du texte reçu est-elle une correction relativement tardive? La lecon du De sacramentis est-elle la leçon primitive? Est-elle une variante représentant seulement la liturgie de Ravenne !? Autant de questions auxquelles on ne peut répondre.
Du moins, si la leçon du De sacramentis représente le canon romain antérieur au texte reçu, et l'hypothèse n’est pas à exclure, ce texte primitif n'aura pas survécu à saint Léon.
* * x S'il est vrai, en effet, que Rome ait « africanisé » longtemps, ce retard était réparé au temps de saint Léon. Mais alors Rome ne se rallia ni aux formules
1. BAUMSTARK, p. 460. Rapprochez le texte cité plus haut(p. 300) de Gaudentius de Brescia, et (p. 304) de saint Jérome.
4 RÉALISME ET CONVERSION EN OCCIDENT. 305 de saint Augustin, ni à celles de saint Ambroise, et Von ne saurait s'étonner que saint Léon se soit fixé dans une pensée qui est l’analogue de celle de saint Cyrille d'Alexandrie. On mesure à ce progrès l’in- \fluence du développement de la christologie sur la formation de la doctrine de l’eucharistie.
Dicente Domino : Visi manducaveritis carnem Filii ho- Minis, et biberitis eius sanguinem, non habebitis vitam in Vobis, sic sacrae mensae communicare debetis, ut mihil prorsus de veritate corporis Christi et sanguinis ambigatis. Hoc enim ore sumitur quod fide creditur : et frustra ab illis Amen respondetur, a quibus contra id quod accipitur disputatur !.
- Saint Leon s'attache au langage évangélique et au langage liturgique interprétés littéralement. Quand le fidèle reçoit le pain eucharistique, il répond Amen à la parole du prêtre : Corpus Domini Jesu Christi. Donc, c'est bien le corps du Christ que le fidèle reçoit. Et ce corps est pour le fidèle un élément de vie. Ne doutons pas que ce corps soit un corps, et qu'il soit uni physiquement et immédiate- Iment à la divinité. La foi à l’eucharistie est ainsi la Imeilleure réfutation du monophysisme, qui n'admet pas que, après l'union du Verbe à l'humanité, l’humanité du Christ soit réelle et véritable : « Contra id quod accipitur, disputatur. »
….Fides autem catholica.. istas impietates refutat, dam- Mans Nestorium divina ab homine dividentem, detestans EButychen in divinis humana vacuantem *.