LEO, Sermo XCI
Me Id. 2.
Pareillement, dans une lettre au clergé de Constantinople, au fort des controverses qui précèdent le concile de Chalcédoine, saint Léon réfute l'erreur eutychienne, comme Cyrille avait fait vingt ans plus tôt l'erreur nestorienne, en tirant argument de l'eucharistie. Le pape s’élève contre le scandale du Brigandage d'Éphèse. Que devient pour ces évêques la passion du Sauveur et sa résurrection, s'ils ne croient pas que le Sauveur ait eu notre chair? Et que devient l’eucharistie ?
Nec sentiunt se in hoc praeruptum sua obcaecatione deduci, ut nec in passionis dominicae nec in resurrectionis veritate consistant, quia utrumque in Salvatore vacuatur, siin eo nostri generis caro non creditur.
În quibusisti ignorantiae tenebris, in quo hactenus desidiae torpore jiacuere, ut nec auditu discerent vel lectione cognoscerent, quod in ecclesia Dei in omnium oretam consonum est, ut nec ab infantium linguis veritas corporis et sanguinis Christi inter communionis sa: cramenta taceatur ?
Quia in illa mystica distributione spiritalis alimoniae hoc impartitur, hoc sumitur, ut accipientes virtutem caelestis cibi, in carnem ipsius qui caro nostra factus est transeamus !.
L'eucharistie donne à qui la reçoit la vertu du pain céleste, non que l’eucharistie donne seulement une vertu, mais parce que cette vertu réside dans le corps du Christ que l’eucharistie donne : « Hoc impartitur, hoc sumitur ». Si la liturgie affirme avec cette force la vertu du corps du Christ, comment
4. Epistul. LIX, 2. Cf. Sermo LXIII, 7 : « Non enim aliud agit par: ticipatio corporis et sanguinis Christi, quam ut in id quod sumimul transeamus. »
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| peut-on dire que le corps du Christ n’est pas vérita- . ble? L'argument de saint Léon est exactement celui de saint Cyrille, et tout autant celui de l’interlocuteur prétendu monophysite de l’Eranistes.