CONVERSION ET MONOPHYSISME CHEZ LES GRECS
Saint Cyrille et saint Léon ont fait progresser la doctrine eucharistique en fonction du développement de la doctrine christologique. Mais la doctrine eucharistique est restée à l’état traditionnel et comme plastique, avons-nous dit, tandis que la doctrine christologique est parvenue à l’état défini. Encore ne faut-il pas perdre de vue que la doctrine christologique avait eu beau être fixée à Chalcédoine, plus d'un demi-siècle fut nécessaire pour assurer l’établissement d'une orthodoxie selon saint Cyrille. Entre temps on vit condamner le concile de Chalcédoine par l'Enkuklion de Basilisque, en 476; puis imposer le silence sur la question même par l’Hénotikon de Zénon, en 482; à la suite, un schisme de près de |
quarante ans éclata entre l'Orient et l'Occident (48 519). Quand la politique de Justin (518-527) eut réco cilié Rome avec l'Orient et restauré l’autorité de chose jugée à Chalcédoine, il n’en restait pas moi à savoir, comme le dit un critique récent !, si l’oni terpréterait Chalcédoine d’après saint Cyrille, ou on l'interpréterait d’après Théodoret, jusqu'au jo où Léonce de Byzance restaura, en la mettant . point, la doctrine de saint Cyrille.
A ces indécisions dans le champ de la christolog répondent des divergences sur le sujet de l'euchari tie, je veux dire sur la question même de la conve sion.
Si, comme il paraît démontré, le pseudo-Deny (entre 482 et 500) est un contemporain et un partisa de l’'Hénotikon de Zénon, il faut s'attendre à trouve dans son dogmatisme mystique le parti pris de n pas se prononcer sur le mode du réalisme dans l'eu charistie. Ce réalisme est pour lui « vérité divine mystérieuse, inaccessible aux profanes ». Qu d'hommes « sont incrédules aux paroles qui 01 trait aux divins mystères? Car ces mystères nous le voyons seulement à travers les symboles sensible qui les revèêtent. Il nous faudrait les dégager, le voir dans leur nudité et dans leur pureté : alor nous contemplerions la fontaine de vie qui jaillit e elle-même, et cette vertu, une, simple, qui tire de st son mouvement et son énergie, qui ne s'abandonn
4, Loors, Leitfaden, p. 17 .
S elle-même, qui est la science de toutes les sciens, et qui se contemple toujours elle-même par elleème ‘ ». L'Aréopagite dit ailleurs : « Il faut dénur l'intelligible, pour contempler sa divine beauté. » 1 béatitude souveraine, c'est-à-dire Dieu, se comunique au fidèle par l’eucharistie, « sans sortir de mmutabilité de sa substance ». Dans le divin mysre de la messe, l’image est multipliée, mais l'unité meure, et « elle fait un ceux qui viennent à elle intement ? ».
LP'Aréopagite se sert, comme Théodoret, du mot U6o\x pour désigner le pain et le vin, soit avant la nsécration, soit ensuite. Le mot garde pour lui la gnification de représentation sensible (sixovoypaota), image ou de figure, au sens où l’entendait aussi héodoret. Comme Théodoret, il distingue l'intellible, et il veu‘ que nous le dégagions de son revêment sensible (ro vonroy +où rowrou rüv dyahuätuv Syuuvwoavrac). Mais qu'est-ce que cet intelligible? Aréopagite s’en explique mal avec sa terminologie iosticisante : le plus qu'il en dise est que le fidèle rticipe à une vertu (Svauv) identique à Dieu même. On ne peut reconnaître là la présence xarà y#p1v eignée par Théodoret, pas davantage la présence corps historique enseignée par Cyrille. La théorie PAréopagite sur l’eucharistie est subordonnée à sa Éorie générale de l’union à Dieu, union qui s'opère degrés, dont le baptème est le premier.
éopagite convie son disciple à une théosophie,
Epistul. IX, 1.
Æccl. hierarch. III, 3.
Autant le biographe de S. Jean Chrysostome, Palladius, Dial. }, 41 (P. G. XLVII, 24, 27, 33, 38).
où nous n'avons à noter que la réaction dont elle le symptôme contre la dogmatique de saint C rille. |
Non plus dans le champ du mysticisme néoplato cien, mais dans le champ d’une dialectique pl ecclésiastique, la réaction contre saint Cyrille pr duit la fameuse prétendue lettre de saint Jean Ch sostome au moine Césaire !.
Le premier qui jeta cette lettre dans la controvet sacramentaire fut Pierre Martyr (Vermigli), augustin florentin, que l’exégèse de Zwingli et Bucer conquit à la Réforme, qui fut tour à tour pi fesseur à Strasbourg et à Oxford, et mourut à la de l’église réformée de Zurich (1563). Pierre M en publia seulement une version latine, « très barba et souvent inintelligible », mais prise à un « man crit d'environ 500 ans pot défectueux », comme Tillemont. Le patronage de Pierre Mactyr n’ét guère fait pour accréditer la pièce, que l’on soupçonner d'être un faux fabriqué au profit @ Luthériens, contre les Calvinistes et les Catholiq Mais en 1680, Emeric Bigot retrouva le texte intéei dans le manuscrit de Florence, — aujourd’hui pen — qui avait servi à Pierre Martyr, un manuscrit xr° siècle, assure-t-il, qui appartenait à la bibl thèque du couvent dominicain de Saint-Marc. Bi ayant voulu publier ce texte, la censure mit son