‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 127 sur 164 · SP. G. LII · texte numérisé non relu

SP. G. LII

# Le texte porte : cogitalionem.

l’épître à Césaire est acquis à la définition de Chale doine : « Duplex natura, écrit-il, verumtamen in divisibilis et indissipabilis unitio, in una filiationi confitenda persona et una subsistentia. » Mais 4 n'accepte pas que, dans l’'Homme-Dieu, l’on attribu à Dieu ce qui est propre à l’homme, d’un mot 1 communication des idiomes, et par là, il est de ceu qui interprètent la définition de Chalcédoine conte saint Cyrille et dans un sens nestorien.

La pensée maîtresse de l’auteur de l’épître à Cé saire est donc que dans l'unité de personne les deu: natures ne sont pas consubstantielles, mais qu’elle demeurent distinctes : « Unaquaeque incommixtañ proprietatis conservat agnitionem, propter hoc quoi inconfusa sunt duo. » Pour établir ce principe, notr auteur a recours à une analogie, qui nous est bié connue. Il écrit, en effet :

Sicut enim antequam sanctificetur panis, panem no minamus; divina autem illum sanctificante gratia, me diante sacerdote, liberatus est quidem ab appeliation panis, dignus autem habitus dominici corporis appella tione, etiamsi natura panis in ipso permansit et non du corpora, sed unum corpus Filii praedicamus : — sic et hi divina évidpuoéons, id est insidente corpori natura, un Filium, unam personam utraque haec fecerunt !.

Dans l’eucharistie les deux natures, après la co sécration, subsistent, c’est à savoir la nature du paï

4. P. G. LIT, 758. Les derniers mots ont élé conservés en grec da une citation qu’en fait le Damascène : Oùrw xai évraüla thc bell Evdpuuévns T® cwpatt pÜoews, ÉV& VIOV, Ëv TpOcwTov To cuyaugi TEROV ATETÉ)EAV.

et la nature du corps du Christ : mais le pain est assumé par le corps du Christ si bien qu'il perd le vocable de pain pour mériter celui de corps du Christ, encore qu'il persiste dans sa nature de pain. Ainsi dans l’incarnation : la nature divine se superpose au corps, et la conjonction des deux natures ie constitue qu'une personne.

… L'auteur de l’épître à Césaire se trouve employer lePmême argument qui servait à Théodoret, dans MEranisies, à réfuter son interlocuteur monophyjte. Si l'on compare mot à mot les deux écrivains, nm voit vite que l’auteur de l’épître ne dépend pas irectement de Théodoret; leur source commune ra à chercher ailleurs. Et, au surplus, ngus nous ntéressons à l'argument surtout en tant qu'il est employé par l’auteur de l'épitre. Car c’est une jonne preuve que, après Chalcédoine, la concepon n'a pas varié que les Orientaux à tendance lestorienne se font de l’eucharistie; ils n'accepent pas l’idée de conversion, par horreur du mo- 0 Si le pain, après la consécration, ne eut plus être appelé pain, la raison en est que, par intervention du prêtre, la grâce l’a sanctifié : mais Ppain reste pain.

L'auteur de l’épître à Césaire a donc repris le ème argument que Théodoret, mais, en voulant accorder à la christologie de Chalcédoine, il le usse : « Et non duo corpora, sed unum corpus ülit praedicamus. » Par ces deux corps que peut-il ien entendre? Le P. Lequien, rapprochant ce texte Scur d’un passage de saint Jean Damascène, que üus rencontrerons plus loin, a pensé que l’épître à

‘ésaire entendait que le pain et le corps (celui dans

lequel le Verbe s’est incarné) ne formaient plus deu: corps (deux substances séparées), mais une seul substance qui est le corps du Christ, et il se réjoui que cette manière de voir soit « très efficace à con firmer le mystère de la transsubstantiation! ». Quoi qu'il y ait toujours de la hardiesse à contredire 1 P. Lequien, nous observerons que saint Jean Damas cène, dans le passage auquel Lequien fait allusion parle de l'identité du corps eucharistique et di corps historique, et non du pain par opposition corps eucharistique. Le passage du Damascène n! peut donc pas nous servir à comprendre celui d l’épître à Césaire. Nous inclinerions plutôt à pense que l’épître a voulu dire : comme dans l’incarnatiot il y a unité de personne dans la dualité des natures ainsi dans l’eucharistie il y a unité du corps di Christ, bien qu'il y ait dualité de natures, c’est savoir le pain et c’est à savoir l'élément divin qu la consécration unit au pain. Mais si l’épître a voul dire cela, reconnaissons qu'elle ne l’a guère dit.

Il reste que l’épître à Césaire, pour mieux réfute le monophysisme, a nié la conversion eucharistiques « Natura panis in ipso permansit. »

Cette négation a beaucoup occupé les théologien catholiques, fort embarrassés d'entendre saint Chry sostome parler de la sorte. Tillemont, après la Pa pétuité de la foi, a bien vu que comparer la natu du pain à l'humanité de l’'Homme-Dieu « pourra favoriser les Luthériens ? ». Il pense cependant qu

cette difficulté n’en est pas une pour qui réfléchi

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