‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 129 sur 164 · ÉTUDES D'HISTOIRE. — T. I · texte numérisé non relu

ÉTUDES D'HISTOIRE. — T. I

Mais cette chair du Christ est devenue spirituel après la résurrection. Cette chair spirituelle € donnée dans l'eucharistie, pour que, par elle, vie en nous une énergie capable de nous ressusei un jour!. Là encore saint Cyrille se reconn:

trait. |

Toutefois il est bien remarquable que Léonce Byzance n’entreprend nulle part de faire de théo de ce réalisme ?.

Dans un sermon De paschate et de eucharist le patriarche de Constantinople Eutychius (552-5 accepte que le pain et le vin soient désignés sous nom d'évrirura, mais il enseigne que, aussitôt consécration prononcée, le Christ s’introduit de ce qui n'était qu'un évtéurov#. À la cène, le Chr a pris du pain et, l'ayant béni, l’a rompu, êug Éœurov rù évrurorw. Tout l'effort d'Eutychius va affirmer la réalité du corps, sans se préoccuper l'opération par laquelle le corps est fait présent, par suite de ce que devient le pain.

Eutychius n’use pas du mot conversion, et se Si même d'une image qui en exclurait plutôt l'id quand il parle d’ « immixtion* ». Cette éupuëted que chacun reçoit tout le corps sacré du Seigneu lequel est divisé sans l'être : ainsi un sceau meté empreinte sur la cire et cependant demeure intal

41. Id. Adv. Nestor. p. 1744 : To Éautoù c@ua ÉË &VaoTaoews VER TVEUVUATIXOV TOULON, xai TOUTO Elc TPOPAV AUIV TApEYwY TOU EVÉE xai Auiv dt’ abToù dUVAULV els AVXGTAGLV. 1]

2, Voyez cependant Gorr, p. 277, et la citation du Contra Nestom Eutych. 1 (p. 1333). J

3. De paschate, 2 (P. G. LXXXNI, 2393). L'expression ELLE &vriTÜTw se retrouve encore au $ 5. Û

sile son d’une voix se propage en restant ener en celui qui l'a émis : deux comparaisons bien auches ! Et cependant avec quelle fermeté Eutychius lirme la présence du corps!

« Que personne ne doute que le corps incorrupble depuis la résurrection, et immortel et saint et ifiant du Seigneur, introduit dans les antitypes le prêtre, imprime ses forces propres, non moins ïe [le sceau ou la voix] dans les exemples précités : 1e personne ne doute qu'il se trouve tout en tous ». ar dans le corps du Seigneur habite toute la plénide de la divinité du Verbe Dieu corporellement, est-à-dire substantiellement !.

Le corps du Seigneur est incorruptible, saint, ifiant, car ce corps est l'habitacle de la divinité : corps est donné à chaque fidèle sous le vêtement pain, il est tout entier dans tous, c'est-à-dire ns tous les &vrirurx. Point d'analyse de la converni, ici, comme si pareille analyse était une ques- »n que l’on veut éviter; mais affirmation vigoue du réalisme, selon saint Cyrille ?.

Une anecdote célèbre ajoute un trait populaire à même état d'esprit. Nous empruntons à Tillemont

Id. 3 : To Gofaptov….. xai dÜdvaroy xai Gytov xai Cwootdy xoù aîpux Tob xupiou, Tois GvrurUmous EVTuEUEvOY GS Tv BUEy&Y... Ghoy ëv Gdous ebpioxeclat. ’Ev adT® yàp T® zvprozxt Hart xaTouxet mäv To mñpoux This Peornros Toù )oyou xai Beoù duarixw:, 6mco £otiv oÙstwÔ&S. Notons que « substantiellement » e ici synonyme de réellement.

“Rapprochez üe ces affirmations d’Eutychius, celles, au vi® le, de Maxime le confesseur, de Sophronius de Jérusalem ; au siècle, celles de Germain de Constantinople. Elles sontétudiées ÉSrEITz, {. XI (1866), p. 193-253. Steitz a noté avec raison que l'ef- “de ces écrivains est tout dans le sens du réalisme traditionnel. Btort d'ajouter : « Noch gab es im Morgenlande so wenig wie im endlande ein Dogma vom Abendmahl » (p. 253). Voyez plutôt Anas- Leule Sinaïte, Hodegos, 23 (P. G. LXXXIX, 297).

le récit qu'il en fait. « L'abbé Daniel disoit enct avoir entendu raporter cette histoire à S. Arseñ Un bon pere de Sceté qui estoit admirable en ses tions, mais simple en sa foy, et qui erroit par igil rance, disant que le pain que nous recevons [dans sainte communion], n’est pas le veritable corps J.-C., mais seulement sa figure : deux autres anci } Peres qui avoient oui dire qu'il parloït de la sort sachant qu'il estoit tres vertueux, et qu'ainsi il lave dit innocemment et par une pure simplicité, vinre le trouver et luy dirent : Mon Pere, un infidele n@ disoit il y a quelque temps, que le pain que nous pi nons [dans la sainte communion] n’est pas le vé table corps de J.-C.; mais seulement sa figures leur répondit : C'est moy mesme qui ay dit cela luy repartirent : Au nom de Dieu, mon Pere soyez pas dansune telleopinion : mais croyez, comm l'Eglise Catholique nous l'enseigne, et comme n@} le croyons, que ce pain est le corps mesme de JÆ! et que ce vin est son sang, non pas en figure, mé selon la vérité: Car comme Dieu au commenceme prit de la terre et en forma l’homme à son imag sans que personne ose dire que l’homme ne fustp l'image de Dieu, quoique Dieu soit incompréhé sible : ainsi nous croyons que ce pain que J.-@ dit estre son corps, l’est veritablement et en effetAl vieillard leur repartit : Si je ne le voy de mes propt yeux, je ne demeurerai point satisfait de ce que wo

1. Elle est racontée au livre V, ch. 148 des Vitae Patrum de RoSME (P. L. LXXIII, 978). Ce livre V constitue avec le livre VI un recu latin qui a été traduit du grec par un diacre Pélage, probablem celui qui devait devenir le pape Pélage (556-561). Le récit grec po rait donc être contemporain de la première moitié du vi: siècle: TILLEMONT, XIV, 691.

È edites. Alors ils luy dirent : Prions Dieu durant \ ite cette semaine sur le sujet de ce grand mystere, |] pépere qu'il nous en donnera la connoissance. Le eillard s’y accorda avec joie, et pria Dieu en cette rte : J.-C., qui estes mon seigneur et mon maistre, vous voyez dans le fond de mon cœur, que ce n’est is par malice mais seulement par ignorance que je puis croire ce qu'ils me disent, Done m'en s'il lus plaist, la connoissance. Ces deux autres vieilrs de leur costé's’estant retirez dans leurs cellules, ierent aussi Dieu en ces termes : Seigneur J.-C.,

velez s’il vous plaist, ce mystere à ce LE vieillard, m qu'entrant dans la croyance qu'il est obligé Avoir, il ne vous serve pas inutilement. Dieu les auçca tous trois. Car la semaine estant finie, et lant allez tous ensemble le dimanche à l’eglise, où Use mirent sur une botte de jonc, ce bon vieillard

lestre étendit les mains pour rompre le pain, ils tent aussi un Ange de Dieu descendre du ciel avec

ju mpoit le pain en de plus petites parties, ils voyoient nge qui coupoit aussi en morceaux les membres Pcet enfant. Ce bon vieillard aprés cela estant allé

air toute sanglante. Ce que voyant, il fut saisi

“vin est vostre sang. Il n'eut pas plustost achevé Mmparoles, que ce morceau de chair qui estait dans

sa main, se changea en pain comme il est dans n mysteres; et il le porta dans sa bouche, en renda graces à Dieu. Ces deux bons vieillars qui luy avoïie témoigné leur charité en une occasion si important luy dirent ensuite que Dieu connoissant nostre fi blesse, et que nous ne saurions nous nourrir viande crue, il avoit voulu en faveur de ceux qui reçoivent avec foy, changer son corps en pain, son sang en vin. Et apres avoir remercié nos Seigneur de ce que sa bonté n’avoit pas permis q les travaux de ce saint vieillard luy eussent esté it tiles, ils s’en retournerent avec joie dans leurs @ lules. Metaphraste raporte ceci tout au long, l’amplifie mesme encore. »

Quand, après avoir suivi texte à texte le dévele pement de la doctrine eucharistique chez les Gre on ouvre le De fide orthodoxa de saint Jean L mascène, on ne peut pas ne pas voir aussitôt € le Damascène, pauvre de pensée originale, ne que récapituler. Il enregistre la tradition grecq mais une tradition qui en se fixant s’est dépouill filtrée : le Damascène est infiniment précieux pt noter ce qui dans la tradition est inaliénable et qui a été éliminé. Au premier quart du vure sièc il marque ainsi le terme final de la réflexion pat tique grecque.

Ce qui est définitivement éliminé, d’abord, € toute équivoque qui prêterait au symbolisme.

pain n’est pas une figure (rümoc) du corps, ni le une figure du sang du Christ, mais «le corps m

leci est, non la figure de mon corps, mais mon

orps; ceci est, non la figure de mon sang, mais

hon sang!. Ces paroles sont prises, on s’en souvient,

Théodore de Mopsueste.

Sans doute, écrit le Damascène, certains écrivains

nciens ont dit que le pain et le vin étaient les fitures (&vritura) du corps et du sang du Seigneur, et > théophore Basile s’est exprimé lui-même ainsi.

Lis quand ils parlaient d’évrirura, ils désignaient ar ce mot le pain et le vin tels qu'ils sont avant consécration?. Le Damascène, en citant saint jasile, fait allusion à la liturgie dite de saint Basile, lui, en effet, se sert du terme ävrirura pour désigner > pain et le vin avant leur consécration.

Le Damascène atteste que la doctrine eucharistique Ist ancrée sur deux assertions fondamentales, dont a première est le réalisme.

Le réalisme a sa source et sa justification dans les laroles de l'institution. Le Christ a révélé l’euchaistie à ses apôtres à la cène en prononçant les paoles que l’on sait. Or la parole de Dieu est efficace. Va-t-1l pas suffi que Dieu dit : Que la lumière soit, jour que la lumière fût? Si donc Dieu a dit : Ceci st mon corps, ceci est mon sang, ces mots n’au-

2: Id. (p. 1452) : évrirume.…., où puerà To yracbñvat einov, &X1 Doiy &ytucfñvar, adrhv T7v rpocpopàv oÙtw HAEGAVTES

Le second concile de Nicée (787) reprendra et confirmera cette Ssertion du Damascène : Kai æo0 pÈv TC TOÙ WYLAGMOŸ TE Reuboeuxs Dücicure Tviot Toy éyiwy nutipwv edoc6@: Edotev ovouatecat, ôv btty Edorbroc... xai Bactderoc xt}. MANS, t. XIII, p. 265. Nous avons Bité plus haut (p. 204) le texte d'Eustathe.

ront-ils pas une efficacité aussi puissante que la p role qui a créé la lumière?

Le Damascène fortifie cette raison en faisant app à l'intervention du Saint Esprit dans la sanctificatio! du pain et du vin. L'Esprit intervient comme il est in tervenu dans le mystère de l’Incarnation : au moi ment de la consécration, comme au moment dé l’Annonciation, l'Esprit opère un prodige qui dé passe tout langage et tout entendement!. C'est 1 une pensée que le Damascène prend à saint Cyrill de Jérusalem.

Dieu se sert des éléments naturels pour opérer € qui est surnaturel : il se sert de l’eau, en y unissan! la grâce de l'Esprit, et le baptème est produit. D même, il prend du pain et du vin, il y unit L divinité, et il fait de ce pain et de ce vin son corp et son sang’. [ci encore nous avons un rappe de formules prises à saint Cyrille de Jérusalem

Formules incomplètes et dépassées, que le Da mascène va corriger aussitôt. L'eucharistie, en effet donne le corps du Christ, le corps uni à la divinit véritablement, le corps qui est né de la sainte Vierge* Et nous retrouvons dans ces expressions la pensé de saint Cyrille d'Alexandrie.

Mais cette identité du corps eucharistique au corp historique, le Damascène l’affirme sans en rendn

1.14. (p. M4) : Ivedua dytov Enipout&, koi ToÜTE TOUEE Ta Vi ÀGyoy xai Evyoræv.

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