‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 13 sur 164 · Heb. xxx · texte numérisé non relu

Heb. xxx

Elle fait de l’eucharistie l'institution même du Christ, et affirme solennellement cette institution comme une tradition qui remonte au Christ.

À la cène, le pain et le vin ont servi au Christ à proclamer la nouvelle alliance qui allait être scellée en son sang.

Dans l’eucharistie, le pain et le vin procurent la xowwvia au Corps et au sang immolés sur la croix, ils la procurent en une manière réelle, mais que saint Paul ne définit pas autrement.

Saint Paul n’a pas, dans ces quelques affirmations, donné sur l’eucharistie un traité qui épuise le sujet, tant s’en faut. Si toute la révélation n'est pas dans l'Écriture, pourquoi quelques lignes d’une épiître occasionnelle contiendraient-elles tout ce qui est de foi divine sur le sujet qu’elles ont touché? Saint Paul, comme plus tard saint Jean, s'attache à un aspect de l’eucharistie. Son témoignage est tout plein de doctrine, pour autant qu'il découvre un lien entre la communion et la croix, et le caractère sacrificiel et réel de l’eucharistie. Mais si une doctrine dépend de la conception lévitique du sacrifice, n'est-ce pas, bien étroitement, celle que nous venons de reconnaître chez saint Paul?

On nous pardonnera donc d’être sévères pour les critiques qui ont cherché dans le sol hellénique la source de la doctrine paulinienne de l’eucharistie.

À en croire M. Percy Gardner, les récits de la cène dans les trois Synoptiques seraient dérivés du récit de saint Paul dans l’épître aux Corinthiens, le récit

de saint Paul étant lui-même une révélation personnelle à saint Paul. L’apôtre des Gentils se trouverait ainsi avoir institué l’eucharistie, qui aurait pris naissance dans quelqu'’une des églises fondées par lui, vraisemblablement à Corinthe !.

Admirons comment certains critiques se jouent à reconstruire la réalité! On décrète la dépendance textuelle des Synoptiques et de saint Jean lui-même à l'égard de saint Paul. On décrète le caractère personnel et visionnaire du récit de saint Paul. Après cela on écrit avec assurance : « La révélation de la communion à saint Paul paraît s'être produite à Corinthe, durant les dix-huit mois qu'il y séjourna. Or en vue de Corinthe était Éleusis, le siège des vénérables mystères de Déméter. Pendant le séjour de Paul à Corinthe les mystères d'Éleusis durent être célébrés, puisqu'on les célébrait une fois par an. Et nous ne pouvons pas supposer que saint Paul, qui s’'émouvait de la dévotion religieuse des Athéniens, put entendre parler sans émoi des solennités où la religion athénienne atteignait son point culminant. Le centre des mystères d’Eleusis paraît avoir été un repas sacré auquel participaient les initiés, et par le moyen duquel ils entraient en communion avec les dieux ». Saint Paul n'aura eu qu'à christianiser le rite d'Eleusis pour instituer le repas du Seigneur. Et M. Percy Gardner conclut avec naïveté : « Sûrement, il n'y a rienen tout cela qui puisse peiner ou choquer un chrétien moderne ».

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