P. GARDNER, The origin of the Lords Supper (London
sn. de
P. 8-16. Cf. HOLTzMANNx, Lehrbuch der N.-T. Theologie (Freiburg 4897), {
t. II, p. 182.
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Inutile, je crois, de discuter ces fantaisies.
Plus spécieuses sont celles de M. Heïtmüller ‘. A ses yeux, la conception fondamentale de l’enseignement de saint Paul sur l’eucharistie est celle-ci : le repas du Seigneur opère une très étroite union au Christ ressuscité, au Christ qui dans sa mort s’est donné en sacrifice pour les siens : ce « repas du Seigneur » est un aliment et un breuvage surnaturels, il réalise un « sacrement au sens propre du mot », car le pain et le vin sont les agents efficaces de cette union et ils sont efficaces per se.
Or, continue M. Heiïtmüller, cette conception sacramentelle est inconciliable avec le rôle de la foi dans le christianisme de saint Paul, autrement dit avec la religion purement spirituelle et personnelle qui est au premier plan dans la piété et dans la pensée de saint Paul. Toutefois, d'autres éléments de la pensée de l’apôtre s’harmonisent si bien avec cette conception sacramentelle que l’on peut dire que saint Paul aurait été conduit à instituer le baptèême et l’eucharistie, s’il ne les avait pas trouvés déjà institués! Et il n'aurait jamais conquis sans eux le monde qu'il voulait conquérir, car ce monde était réfractaire à la religion purement spirituelle et personnelle.
Mais il reste à M. Heïtmüller à expliquer l’origine de l’eucharistie, et comment elle est née d’un autre sol que celui du message de Jésus. Ce sera notre revanche!
Il cherche, en effet, dans l’histoire des religions
4. W. HEITMUELLER, Taufe und Abendmahl bei Paulus (Gôttingen 1903), p. 32-35.
des analogies. Il cite un trait de la religion des Aztèques, qui furent trouvés au Mexique quand les Espagnols y pénétrèrent : passons. Il cite un trait de la religion des Bédouins, un trait raconté par saint Nil, et où nous voyons les Bédouins du Sinaï, vers l’an 400, sacrifier un chameau à la lune, et dévorer ensuite le susdit chameau jusqu’à la moelle : passons. Il cite un trait des gens de Thrace dévots à Dionysos Sabazios, qui, la nuit, au milieu de danses orgiaques, au son d’une musique sauvage, imitaient l'enthousiasme des Bacchantes, immolaient un taureau, le mettaient en pièces et dévoraient sa chair sanglante, appelant cela être possédés du dieu, être en Dionysos : passons. Il cite enfin le repas composé de pain et d’eau que pratiquaient les initiés au culte de Mithra : ce rapprochement est seul de quelque valeur, et il a été-fait par saint Justin et par Tertullien ‘. Suffit-il à établir une dépendance entre-le culte chrétien et le culte mithriaque ? Personne ne l’a pensé jusqu'ici, dans l’impossibilité où l’on est de trouver n'importe quel autre point de contact entre le mithriacisme et l'Église naissante. Que reste-t-il de fondé, alors, dans le paradoxe de M. Heitmüller ?
4. IusriN. Z Apolog. xLvI, 4: Onep ai èv voïc Toù Mibpa uuotnpios Tapedwxav yivec Bat iunoduevor of rovnpoi DaLoVEC * OTL YAp ACTOG Kai rothouov Üüatoc tiBerar ÊV Taïc TOÙ [LUOULEVOU TE) ETa ic [LET’ ETLAOYEY tiv@V, À Éniotacle à mabeïv GUvacle. — TERTULL. Praescript. 40: « Mithra signat illic in frontibus milites suos, celebrat et panis oblationem ».
Le témoignage de saint Luc sur l’eucharistie est d’abord contenu dans le récit que le troisième évangile fait de la cène. |
Ce récit se distingue du récit de saint Paul par cepremier trait, que Luc marque le plus nettement qu'il se peut le caractère pascal de la cène. Il la place « le jour des azymes, où l’on devait immoler la pâque ». Jésus envoie Pierre et Jean tout préparer pour le repas rituel : « Allez, leur dit Jésus, nous préparer la pâque, afin que nous la mangions ». Les deux apôtres iront à Jérusalem, ils se présenteront à la maison indiquée, ils diront au maïître de la maison: « Jésus demande où est le lieu où il mangera la pâque avec ses disciples ». On montrera aux deux apôtres une grande chambre haute : « Là vous préparerez la pâque », leur dit Jésus. Pierre et Jean s'y rendent, « et ils préparèrent la pâque » (xx, 7-13). à
Venons au texte même du récit de la cène !.