‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 138 sur 164 · CT · texte numérisé non relu

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Le premier de ces deux partis nouveaux est cel qui trouve en Scot Érigène son représentant le plus avancé. Mais, on l’a dit avec raison, Scot, qui fut l'homme le plus instruit et peut-être aussi le plus subtil de son temps, appartient à peine à l’histoire des dogmes en Occident : vulgarisateur de l’Aréopas gitisme, néoplatonicien à tendance panthéiste, grec et «trop grec », il est sans influence sur son temps; qui le considère avec appréhension; il sera sans influence sur la scolastique.

On a nié qu'il ait écrit un Liber de corpore Domin spécialement destiné à traiter de l’eucharistie. Il est possible aussi que ce livre ait été supprimé au x1° siècle.

Quoi qu'il en soit du livre, on connaît du moins le pensée de Jean Scot. Par Bérenger on sait que le concile de Verceil (1050) condamna Jean Scot pou avoir avancé que l’eucharistie était une figure

Quod doceret sacramenta altaris similitudine

Mfiguram pignusque esse corporis' ». Hincmar, Lpropre contemporain de Jean Scot, lui reproche d'avoir enseigné « guod sacramenta altaris non verum corpus et verus sanguis sit Domini, sed tantum \memoria vert corporis et sanguinis etus ? ». Ces for- ‘mules sont déjà caractéristiques d’une doctrine d'exbtrème gauche.

A défaut du livre perdu de Jean Scot, on peut ci- Mier quelques passages de ses œuvres existantes, où Lil s'exprime sur l’eucharistie : en voici un, pris à Mson commentaire de la Hiérarchie céleste de l'Aréo- Mpagite, et qui semble bien se rattacher à une concep- ‘tion symboliste de l’eucharistie.

Intuere quam pulchre, quam expresse asserit visibilem hanc eucharistiam, quam cotidie sacerdotes Ecclesiae in \altari conficiunt ex sensibili materia panis et vini, quamque confectam et sanctificatam corporaliter accipiunt, — typicam esse similitudinem spiritalis participationis Iesu, lquem fideliter solo intellectu gustamus, hoc est intellegi- -mus.… j Quid ergo ad hanc magni theologi Dionysii praeclarissimam tubam respondent, qui visibilem eucharistiam nil aliud significare praeter se ipsam volunt asserere, dum “clarissime praefata tuba clamat, non illa sacramenta visi- Mbilia colenda neque pro veritate amplexanda, quia signi- Micativa veritatis sunt.… #?

Dans ce nominalisme eucharistique, s’il est permis de l'appeler ainsi, ce qui est le plus surprenant,

1. BERENC. De sacra coena adversus Lanfrancum (éd. Viscuer, Ber- Jin 1834), p. 43, cité par NAEGLE, p. 98.

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