‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 15 sur 164 · Voyez une bonne discussion de ce texte chez W. BERNING · texte numérisé non relu

Voyez une bonne discussion de ce texte chez W. BERNING

Die Einsetzung der heiligen Eucharistie in ihrer ursprünglichen Form (Munster 1901), p. 24-47, et chez Van CROMBRUGGHE, p. 132-147.

[XXII, 14] Kat ôre Eyévero ñ px, dvéresev xal of &réstohots oÙy at, [19] nat efrev pds adrobs” érxi0uula éredbunox robro td réocya puyetv pe” buüv mpoù roù me rabetv, [16] Aéyw yèp duty Et où

un odyw adto Ewç 6tou rAnpwOT èv rtf BaorAela toù Oeod. [17] xat defduevos rothpiov edyapiarhons eËnev* Ad6ete roüro za diapeploate etc. Eauroûs, [18] Aéyw yèp butv, odxétt A riw ärd tob vov ro vod yevuatos ti durélou Eu 0 ñ Basrelæ où Geoù EAGn.

[19] xat Aa6bv doroy edyapiorhons ÉxÂuoev xal Édwxey adrotc Xéywv: toùré Éoriv to oué pou [19P] ro brèop duwv dLddmevoyv® Toro motelte els Tv UV évéuvnou.

[20] xat to rotptov boabtws perà T0 derrvioar Xéywv: Toüro td rotptov à xatvn dtalmen Èv T® atwat pou, to brèp buüv Exyuvvduevoy.

[21] rAñv ob n yxelp Toù napaddivros ue per” Euod ént tie Tparétns 2TÀ. 5

Ce texte soulève une grave difficulté, pour cette raison que les mots soulignés, depuis vù ôxèp ôrüv dôduevov jusqu'à Exyuvvouevov, sont soupçonnés d'être une glose de seconde main.

Le soupçon est fondé sur l’omission qu’en font le” codex Bezae et trois manuscrits de la version latine préhiéronymienne (Vercellensis, Corberensis, Vindobonensis), ces manuscrits représentant une même tradition textuelle, celle que Westcott et Hort ont désignée sous le nom de texte occiden-« tal. L’omission de 19-20 dans ces quatre manuscrits est un accident propre au texte latin : sans doute, le codex Bezae étant bilingue, l’omission se retrouve dans le grec comme dans le latin du dits manuscrit, mais il ne faut pas oublier que dans ce manuscrit le grec a été généralement adapté au latin,

Le : ru mag

loin que ce soit l'inverse, et il faut noter que de tous es manuscrits grecs connus, il n'en est pas un seul où se révèle cette omission. On est donc en droit d'affirmer que cette omission est un accident de la tradition latine, accident bien restreint puisque Tertullien a connu les versets 19-20. Mais cette tradition latine représentée par le codexz Bezte (vi° siècle) et par les trois manuscrits précités (1v°, vn°, vre siècle), est une tradition que, pour de bonnes raisons, l’on fait remonter au 1° siècle, au re même.

D'autre part, l’accident que constitue l’omission de 19-20, si restreint soit-il, n'est pas isolé, car la version syriaque de Cureton, sur la fin du rr° siècle, présente un accident du même ordre : 19»-20 y est omis, mais, au lieuet place de ce ÿ, la version Cureton insère, en les transposant de leur place normale, les Ÿ 17-18. Il est clair que la version Cureton a eu l’intention, ce faisant, de combler une lacune, puis d'harmoniser le texte de Luc et celui de Mathieu, de Marc, de Paul, au moins quant à l’ordre qui leur est commun et qui fait consacrer le pain d’abord, la

. coupe ensuite !.

4. La version syriaque de Lewis, qui est, suppose-t-on avec vrai- “sembjance, une revision de la version Cureton pour laquelle le Diatessaron de Tatien aura été utilisé, supprime d’abord (comme Cureton) les ÿ 17-48. Puis, au lieu d’omettre 49°-20 (comme Cureton) “et de lui substituer 17-48, elle bloque et amalgame 17, 18, 20, ainsi : « Après qu’ils eurent soupé, 2 prit la coupe, et il rendit grâce sur la coupe, et il dit : Prenez-la et distribuez-la entre vous : ceci est mon sang, la nouvelle alliance. Car je vous dis que je ne boirai plus de ce fruit jusqu'àce que le royaume de Dieu soit venu ». Les mots soulignés sont pris aux ÿ 17-18; les autres au ÿ 20. La leçon Lewis est la combinaison artificielle de deux traditions textuelles, dont l'une (identique à la version Cureton) omettait 19-20, et transposait 47-48. Lewis, À translation of the IV Gospels from the syriac of the sinaitic Palimpsest (London 1894), p. 154. — Deux mss. de la version préhiéronymienne, le cod. Veronensis (1v°-v° siècle) et le cod. Pa-

De ces constatations, il faut conclure que très primitivement, soit dans la tradition latine, soit dans la tradition syriaque, les versets 19?-20 ne figuraient pas dans le texte de Luc. |

Mais ils figuraient dans la tradition grecque, laquelle est unanime. Le fait est indubitable et il est d’un grand poids ; aussi, bien des critiques, d’ailleurs, “ sans préjugé conservateur, l’ont-ils estimé suffisant à authentiquer 19-20. Westcott et Hort mettent « 19 -20 entre crochets, comme un passage très douteux; mais Gebhardt, mais Nestle, n'expriment pas de réserves et maintiennent 19-20 dans le texte.” Tandis que, en Angleterre, l'autorité de Westcott et Hort a accrédité la suspicion au sujet de l’authenticité de 19-20; en Allemagne, au contraire, la tendance dominante est de reconnaître cette authenticité !.

Contre l'authenticité de 19-20, la seule raison valable est que 19-20 serait pris à l’épître aux Corinthiens. Et si le fait était réel, il serait décisif, “ car saint Luc, pour écrire les Actes, n'a pas utilisé, n’a pas connu les épiîtres paulines, et donc ne les a pas connues davantage pour rédiger son évangile : cette indépendance de saint Luc, par rapport aux épitres paulines, est un lieu commun de la critique du Nouveau Testament ?. Mais il ne nous paraît aucunement démontré que 19?-20 soit pris à saint Paul. — Sans doute, la rencontre de Luc et de Paul est manifeste : mais la signification de cette

Page 1