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chase va au-devant de la question qu'au xr° sièc on appellera celle des « Stercoranistes », et qui sul pose, comme prémisse, la présence réelle dans l’et charistie d’un corpus Domint qui serait sujet a mêmes vicissitudes que les aliments.
Cette prémisse n’est pas une difficulté scolai . que Paschase soulèverait par prouesse : elle € une conception en travail dans nombre de têtes | ce temps. On la retrouve ailleurs. Amalaire est à terrogé sur ce point par un jeune noble, et il lui # pond qu’il n’y a pas à chercher si le corps euchari tique remonte invisiblement au ciel, ou s’il se co serve dans le corps du fidèle jusqu’au jour de, sépulture, ou s’il se disperse dans l'air, ou s’il so du corps du fidèle soit avec le sang, soit par la v@ ordinaire, selon la parole de l'Évangile : Om quod intrat in os in ventrem vadit et in secessu emittitur. Le fidèle, écrit Amalaire, ne doit pas s0 lever ces questions; il ne doit se préoccuper q
de ne pas communier d’un cœur sacrilège, comn Judas!.
Raban Maur se voit poser par l’évêque d'Auxert Héribald, la même question. Il répond, non par ù fin de non-recevoir, comme Amalaire, mais direc ment et franchement, en refusant toute matérialités corps eucharistique. Raban Maur, qui croit à la co version du pain au corps?, ne veut pas que le co soit de nature à être digéré. Et il va jusqu’à écr que l'opinion qui voit dans le corps eucharistique même corps qui est né de Marie, qui a souffert sun croix et qui est ressuscité, est une erreur qu'il a co
1. AmaLar. Epistul. ad Guntradum (P. L. CN, 1338). 2, RaBan. De sacr. ordinat. ad Theotmar. (P. L. CXII, 4485).
attue, erreur de « quelques-uns qui ne pensent pas inement du corps et du sang du Seigneur! ».
Entre ces deux partis extrêmes, nominalisme et rcoranisme, les deux sentiments traditionnels élèent la voix pour rallier les esprits à ce qui leur mble à chacun la conception la seule juste. Ra- ‘amne va plaider pour saint Augustin.
Le retentissement du De corpore et sanguine Doini de Ratramne ? a été très grand, de son temps labord, puis dans toute la théologie médiévale, enfin t surtout à l'époque de la Réforme protestante, où
devint aux mains des Réformateurs un argument listorique contre la présence réelle, jusque-là, dit-on, e Rome le mit à l’/ndex, et que des catholiques le oupçonnèrent d’avoir été fabriqué par Œcolampade. ais on abuserait d’une équivoque que Ratramne, il st vrai, n’a pas su éviter sur certains points de son xposition, si on le rangeait parmi les partisans de la présence en figure ». Ratramne est, en principe, in augustinien, et, d’une certaine manière, son inrprétation de la pensée de saint Augustin est une nfirmation, nous semble-t-il, de celle que nous lvons nous-même présentée ?.
4. RABAN. Epistul. ad Heribaldum, citée d'après MaBiLLON, Vetera nalecta (Paris 14733), p. 47, par Gore, Dissertations, p. 239. Cf. Scanir- , P. 174.
2. P. L. CXXI, p. 125-170. Voyez dans NAEGLE, p. 84-89, l'histoire ttéraire de l’opuscule de Ratramne.
3. Le traité de Ratramne est dédié à Charles le Chauve : « Iussisti, loriose princeps, ut quid de sanguinis et corporis Christi mysterio ntiam, vestrae magnificentiae significem... » Ce sont les premiers ots.
Ratramne fait, dès le début, abstraction de la ne tion de conversion. |
Vinum, quod sacerdotali consecratione Christi sang nis efficitur sacramentum, aliud superficie tenus ostendi aliud interius continet. Quid enim aliud in superficie quar substantia vini conspicitur? Gusta, vinum sapit; odore vinum redolet; inspice, vini color intuetur. At interiu si consideres, iam non liquor vini, sed liquor sanguini Christi credentium mentibus et sapit dum gustatur, € agnoscitur dum conspicitur, et probatur dum odoratui Haec 1ita esse dum nemo potest annegare, claret qui panis ille vinumque figurate Christi corpus et sangui existit!.
Il est clair que la distinction de la substance et de accidents n'existe pas pour Ratramne; si elle exis tait pour lui, nous dirions que, à travers les acc dents permanents, il découvre la permanence de 1 substance du vin aussi bien que du pain?. Ratramn n'admet pas qu'il y ait dans la confection de l’eucha ristie un miracle matériel.
Et quomodo iam corpus Christi dicitur, [id] in quo null permutatio facta esse cognoscitur?.. In isto autem sacra mento, si tantum in veritatis simplicitate consideretur, € non aliud credatur quam quod aspicitur, nulla permuté tio facta cognoscitur 3...
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Tout le développement de cette thèse serait àciter car Ratramne développe avec une logique pressantt et claire { : pour lui, dès lors que les qualités du pañr
RATRAMN. 40.