Id
est assis à la droite du Père !? Ratramne répond &: non. Et il discute les autorités qu’on lui oppose. Sain! Ambroise, en première ligne.
Le saint docteur, dit Ratramne, parle de conver sion, etila grand'raison. Mais cette conversion né porte pas sur la substance du pain et du vin, qui reste immobile (guod fuerunt ante consecrationem, hoc et postea consistunt) ?; quelque chose a été» intérieurement au pain et au vin, changé par la puis sante vertu de l'Esprit, chose invisible que la foi seule discerne. Ce qui se voit, n’est donc pas le 4 du Christ. Cependant Ambroise n’a-t-il pas écrit : « Vera utique caro quae crucifixa est, quae sepulta est : vere ergo carnis illius sacramentum est, ipsé clamat Dominus lesus : Hoc est corpus meum » À Sans doute, répond Ratramne, mais analysons exac= tement l'affirmation d'Ambroise : véritable est la chair qui a été crucifiée et ensevelie, véritable est le sacrement de cette chair : en d’autres termes, Am= broise distingue le sacramentum carnis et la veritas carnis. Nous n'avons donc pas dans l’eucharistie la chair historique, mais seulement le sacrement de cette chair *. Saint Ambroise, ailleurs, n'a-t-il pas dit que nous ne devons rien chercher de corporel dans l’eucharistie, mais que tout y est spirituel Ratramne l'entend ainsi : « Nihil igitur hic corpora= liter, sed spiritaliter sentiendum : corpus Christ est, sed non corporaliter; et sanguis Christi est, sed non corporaliter *. » Ratramne répète cette formule
+ RATRAMN. 50.
. Id. 54.
Ido . Id. 60.
à maintes reprises : elle est vraiment sienne, elle est mieux encore celle de saint Augustin, et il y ramène Celle de saint Ambroise, en exténuant, si je puis dire, la notion de conversion qui tient la première place Chez saint Ambroise.
Ajoutons, et ceci est d'importance, que Ratramne in'approfondit pas la question de savoir ce qu'est un corps qui est spirituel. [Il a vu la difficulté intime de cette formule : « Quomodo ergo divini spiritus corpus esse dicitur ? » Mais il répond brièvement : “« Secundum hoc utique quod spiritale est, id est, Secundum quod invisibile consistit et impalpabile, ac per hoc incorruptibile ‘. » Il entrevoit donc qu'un Corps peut être réel, tout en étant invisible et impalbable : que ne développe-t-il cette vue profonde? Après avoir augustinisé saint Ambroise, Ratramne n'a pas de peine à retrouver chez d'autres Pères la notion d’une présence spirituelle appliquée à l’euchastie. Il cite ce texte de saint Jérôme :
Dupliciter sanguis Christi et caro intellegitur : ve. Spiritalis illa atque divina, de qua ipse dicit : Caro mea vere est ns et sanguis meus 22 PE re caro
Et Ratramne de conclure : si on distingue ainsi la Chair historique de la chair eucharistique, il n'y a donc pas identité (non igitur idem sunt) *. C'est du moins ce que Ratramne voulait démontrer, et tout |
a. RATRAMN. 63.
LS Jd. 70. Le texte est pris au commentaire de saint Jérôme sur fépître aux Éphésiens (1, 7).