‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 16 sur 164 · LL OT D · texte numérisé non relu

LL OT D

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latinus (v° siècle), omettent 19°-20, mais à la place transposent 17-48; ils présentent donc le même phénomène que la version Cureton. 4. Journal of theological studies, 1. IV (1903), p. 487-188. à 2. Voyez A. SABATIER, dans les Etudes de critique et d'histoire, publiées par l’École des Hautes Études, sciences religieuses (Paris 4889), p. 220-222, .

encontre est bien diminuée, si l’on réfléchit que 'aul donnait lui-même le récit de la cène comme ne tradition qu'il avait reçue, et que, par conséquent, e texte de Paul que nous retrouverions chez Luc est n texte qui n'appartient pas en propre à Paul, qui st préexistant à Paul, qui est commun à Paul et à la radition qu'il invoque, et que, en définitive, Luc eut tenir aussi bien de cette tradition que de Paul. — Secondement, on pourra dire que 19-20 n’est pas eul pris à Paul : pourquoi 192 ne le serait-il pas paeillement, puisque la formule est la même? On se efuse à le supposer, parce que 192 est en dehors de à lacune du codex Bezae et de la version Cureton : nais la dépendance de 19 par rapport à Paul est ussi frappante que celle de 19-20, — à moins que on ne dise que Lucet Paul sont dépendants d’unetraition commune. Cette seule hypothèse est plausible.

Au fond, la difficulté que soulève 19b-20 n’est pas ne difficulté textuelle, mais une difficulté exégétique.

Saint Luc, en effet, nous montre le Christ prenant 1 coupe, rendant grâce à Dieu, disant à ses disciles : « Prenez, partagez entre vous. » Puis, le Christ renant du pain, rendant grâce à Dieu, rompant ce ain, le donnant à ses disciples en disant : « Ceci est ion corps. » Bien que l’on soit surpris de voir la oupe bénie la première, on n’en est pas moins porté penser que cette coupe est la coupe eucharistique. it alors on ne comprend plus qu'après la fraction du ain, le Christ prenne à nouveau une coupe, qui se rouve être véritablement la coupe eucharistique, uisqu'il dit d'elle : « Ceci est la nouvelle alliance n mon sang... » Pourquoi deux coupes ? Pourquoi

eux coupes eucharistiques? La tradition latine re-

présentée par le codex Bezae, la tradition syriaque par la version Cureton, se sont posé ce problème, et n'ont pas trouvé de solution meilleure que de supprimer la seconde coupe. Même solution dans les manuscrits latins et syriaques qui, non seulement suppriment cette seconde coupe, mais encore mettent la première à la place de la séconde. Ces divers témoins semblent s’être persuadés que l’évangile de Luc présentait ici un doublet.

Certains exégètes ont dépensé beaucoup d'’ingéniosité pour supprimer exégétiquement le doublet de saint Luc. Oui, reconnaissent-ils, Luc parle de deux coupes, mais la seconde seule est eucharistique: Quant à la première, c'est une coupe de vin pur qui clôt le repas pascal que Jésus a mangé avec ses dis: ciples. On en vient ainsi à supposer, non une cène unique, mais deux cènes !. La première est toute pascale, celle que Jésus a désiré d’un grand désir dé manger avec ses disciples : au cours de ce repas rituel, Jésus fait circuler une des coupes (on ef comptait trois) prévues par l’usage juif, et sur cette coupe le Seigneur annonce à ses disciples qu'il nt boira plus du fruit de la vigne, jusqu'au jour où 1 royaume de Dieu sera venu. Cette pâque est la pâqu de l’ancienne alliance et le symbole du royaume di Dieu. C’est conformément à ce symbolisme que 1 Sauveur dira à ses disciples sur la fin de la cène « Je dispose du royaume en votre faveur, comm mon Père en a disposé en ma faveur, afin que vo mangiez et buviez à ma table dans mon royaume?

4. A. RESCH, Aussercanonische Parallelteæte, t. III (Leipzig 189% p. 676.

2, Luc. Xx11, 29-30.

Puis, ce repas rituel accompli, Jésus aura procédé ‘au repas eucharistique, tel qu’il est décrit par Luc dans les versets 19-20.

Mais cette distinction des deux cènes semble être un expédient. Car, en réalité, la première coupe de Luc, celle sur laquelle le Sauveur prononce les paroles : « Je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne. », est la même que la coupe eucharistique sur laquelle, dans Mathieu et Mare, le Sauveur prononce ces mêmes paroles. Et si le Sauveur dit : « Je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne... », ne doit-on pas dire que la coupe sur laquelle il prononce ces paroles est la dernière, et non l’avant-dernière ?

Nous revenons ainsi à l'hypothèse d’un doublet. D'une part, saint Luc nous aurait donné le récit de la cène conforme à la tradition de saint Paul, un récit aux traits nets et d'une concision extrême, qui, bien vraisemblablement, est la cène réduite à sa plus simple expression. Et d'autre part, saint Luc aurait connu une autre tradition du récit de la cène, où des traits accessoires étaient notés que Luc n’a pas voulu “omettre, et qu'il a placés comme à la marge du premier texte.

[15] ZI leur dit : J'ai désiré d’un grand désir de manger cette pâque avec vous, avant de souffrir; [16] car je

“vous le dis, Je ne la mangerai plus, jusqu'à ce qu’elle soit accomplie dans le royaume de Dieu.

…. [17] Et ayant pris une coupe et rendu grâce, il dit :

“Prenez cette coupe et distribuez-la entre vous; [18] car, je

vous le dis, je ne boirai plus désormais du fruit de la vi-

gne, jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit venu.

On ne peut pas séparer 15-16 de 17-18 : le paral-

lélisme est trop marqué. Et on ne peut pas davan— tage ne pas être frappé de l’exacte façon dont les deux membres du parallélisme se superposent aux deux formules de l'institution de l’eucharistie (19-20). Ne disons donc pas que 15-18 d’une part et 19-20 d'autre part sont deux cènes distinctes : ce sont deux récits distincts, mais concentriques de la même cène. Si nous voulions donner une preuve que cette interprétation, contraire à celle de M. Resch, est une interprétation de quelque valeur, il suffirait de rappeler que c’est l'interprétation même de saint Marc et de saint Mathieu. Car Marc et Mathieu ont connu la tradition à laquelle Luc a pris les versets 15-18, mais ils n’en ont retenu que la donnée du ÿ 18, et ils ont entendu ce qui est dit là du « fruit de la vigne » de la coupe eucharistique. Bonne preuve que la cène décrite aux versets 15-18 n’est pas autre que la cène décrite aux versets 19-20.

Nous n’avons pas épuisé ce que peut nous apprendre saint Luc.

En deux passages des Actes des ADôteEn) en effet, nous retrouvons l’eucharistie : deux récits, dont l’un est d’une rare limpidité; l’autre, au contraire, complexe et difficile.

Le premier appartient à cette partie des Actes où l’auteur dit « nous », où l’auteur est un compagnon de saint Paul, où l’auteur rapporte ce qu'il a vu et entendu. Paul et ses compagnons ont quitté Phi=\ lippes en Macédoine; ils passent la mer; ils arri=«

vent à Troas, où ils font un arrêt de sept jours. Or, « le premier jour des sabbats », c'est-à-dire un dimanche, les chrétiens se réunissent pour rompre le pain.

Sur sept jours que Paul s’arrête à Troas, il s'en trouve un qui est fixé pour cette réunion, c’est le dernier des sept que Paul passe à Troas, et c’est le jour du Seigneur : la fraction du pain n’est donc pas quotidienne. Les chrétiens se réunissent : le terme qui désigne leur réunion est celui-là même dont sera un jour dérivé le terme liturgique de synaxe (cuvnyuéve fuov). Les chrétiens se réunissent, non pas pour entendre"Paul, mais pour rompre le pain (ouvryuéver fuwv xhdoa &prov). [ls se réunissent le soir, dans une chambre haute : un certain nombre de lampes éclairent la réunion. Paul, qui doit partir le lendemain, à l'aurore, préside la réunion, à laquelle assistent, en même temps que les chrétiens de Troas, ses compagnons de voyage. Paul parle : rien ne dit que ce soit une prière, il semble plutôt que ce soit un entretien. Paul parle et son discours se prolonge jusqu’au milieu de la nuit. Vers le milieu de la nuit, après l'incident du jeune homme endormi qui tombe

“par la fenêtre, Paul rompt le pain et y goûte. Puis il recommence à parler et l'entretien se prolonge jusqu'à l’aurore, jusqu'au moment du départ'. Tel est Le récit de saint Luc.

“ La fraction du pain y apparaît comme l'acte religieux pour lequel les chrétiens se réunissent une fois la semaine. Tandis que les Juifs de la Dispersion et leurs prosélytes n’ont dans leurs synagogues que des

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