‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 151 sur 164 · PASCIIAS. XV · texte numérisé non relu

PASCIIAS. XV

2. Id. XI, 4. Cf. XII, 3 : « In verbo et virtute Spiritus sancti now fit creatura in corpore Creatoris. » Id. 2 : « Sacerdos non ex se dici quod ipse creator corporis et sanguinis esse possit. » Mais la co version estune création pareille à la conception virginale : « … verbo efficitur Creatoris et virtute Spiritus Sancti, ut caro Christi sanguis, non alia quam quae de Spiritu sancto creata est, vera fid credatur. »

un accident : mais cette métaphysique manque à Paschase et à ses contemporains.

Ainsi s'explique que, si Paschase a le mérite d’avoir dépassé la simple affirmation de l'identité du corps historique et du corps eucharistique, ses contemporains se soient arrêtés à cette affirmation, plusieurs pour y faire opposition. Nous avons vu Ratramne parmi ces opposants; mais il n’était pas seul. Le langage d'un Amalaire ou d’un Florus se conciliait si mal avec celui de l’abbé de Corbie!

Paschase écrivit !, pour défendre son traité, une Jettre où il nous apprend que les contradicteurs, ou du moins les gens qu’iln’a pas convaincus, sont nombreux : « Multi dubitant », écrit-il. Ce doute porte sur M'identité uniquement. Paschase donc reprend les paroles de l'institution ; il s'applique à montrer qu'elles ne peuvents'entendre que du corps historique du Sauveur, et que, quand le prêtre les redit à l’autel, elles ne peuvent s'entendre que de ce même corps. À cela, le personnage aux difficultés duquel répond Paschase, réplique qu'il les a entendues ainsi, jusqu’au jour où il a découvert que saint Augustin ne leur attribuait qu'une valeur de figure. Et la controverse est ramenée à ce qu'elle est, au fond, pour le 1x° siècle : l’alterna- Mtive Augustin ou Ambroise.

“ Paschase assure, au contraire, que saint Augustin pense comme lui, et en preuve il apporte une citation d'un sermon : « Hoc accipite, inquit, in pare, quod Wpependit in ligno; et de calice, hoc accipite, ait, in ca- “lice, quod manavit ex Christi latere. » le malheur est “que ce Sermo ad neophytos attribué par Paschase à

ln 1. Epistula de corpore et sanguine Domini ad Frudegardum, P. L. \a CXX, 1351-1356.

saint Augustin, est en réalité l’œuvre d’un inconmt du vue ou du 1x° siècle !. Paschase n’y prend pa garde ; il ne songe qu’à l'identité du corps historiqu et du corps eucharistique, et à réconcilier Ambrois et Augustin :

Ecce ipse [Augustinus] in hoc contrarius sibi non est; ut quidam putant, neque beato Ambrosio, cuius sententi haec plenissima, inquam, et verissima in eo est libro quo ait quia ipsa est caro Christi in sacramento quae in cruce pependit, et quae de Maria vireine sumpta est, et sangui qui fluxit ex latere ?.

Nous ne pousserons pas plus loin notre enquête sur l'élaboration du dogme de la transsubstantiation, parce que toutes les prémisses en sont maintenant posées, et que la définition n'en est plus qu'une» affaire de temps. Encore faudra-t-il attendre trois. siècles et demi avant le concile de Latran (1215).

La consultation ouverte par Gharles le Chauve n'a pas eu de conclusion dogmatique, de sanction conciliaire; les esprits étaient partagés entre des sentiments opposés qu'ils défendaient librement : la ques tion demeura ouverte et libre. Mais les opinions extrêmes se trouvèrent, en fait, éliminées. Le nominalisme, soit dans la forme que lui avait donnée Scot Érigène, soit dans la forme que lui prêtait une mauvaise interprétation de saint Augustin, avait vu se coaliser contre lui, aussi bien les « augustiniens » avec Ratramne, que les « ambrosiens » avec Paschase.

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