DENIFLE, P
Le long exposé qui précède est purement critique : nul ne nous reprochera d’y avoir mêlé des soucis de” bcontroverse, pas davantage la préoccupation de conclusions déterminées préalablement à toute enquête : mais, de cet exposé objectif, des conclusions se dégagent, et le moment est venu de les indiquer. Pour ce qui est des textes du Nouveau Testament, mous n'avons qu'à renvoyer à la synthèse que nous avons présentée de leurs témoignages. — On observera que la critique après avoir jadis, avec les exégètes protestants, fait les plus grands efforts pour donner à ces textes une signification qui s’accordât avec les orthodoxies variées auxquelles ces exé- \gètes appartenaient, en vient aujourd'hui à leur reconnaître un sens très apparenté à celui que la tradition ecclésiastique leur a constamment donné. Il s’est produit sur ce terrain une « variation » de plus : J'exégèse protestante est plus sacramentaire et réa- Histe qu'elle n’était au temps d’Aubertin et de Claude. Mais, par contre, en voulant voir maintenant dans
ces textes une création de la foi des premières générations chrétiennes, elle en vient à contester l'institution par Jésus de l’eucharistie. Nous avons étudiés les diverses théories récentes qui tendaient à voir” ainsi dans l’eucharistie une formation spontanée“ postévangélique; nous avons montré ce qu'elles” avaient d’arbitraire et de purement conceptuel ; nous avons montré que l’on ne sait, en bonne et loyale” critique, où trouver le temps où placer cette formation, puisque, si haut qu'on remonte, elle apparaît. actualisée déjà. Le mot de saint Paul dit sur ce sujet. tout ce que nous pouvons dire de mieux : « Ego ac cepi a Domino quod et tradidi vobis. »
En dehors des paroles de l'institution interprétées par la tradition dans le sens réaliste, paroles dont le concile de Trente a dit qu’elles expriment la présence réelle proprement et clairement en conformité avec l'intelligence qu’en ont eue les saints Pères, — « quae verba a sanctis Evangelistis commemorata, et & divo Paulo postea repetita, cum propriam illam et apertlissimam significationem prae se ferant secundum quam a Patribus intellecta sunt » 1, — y a-t-il dans le Nouveau Testament d’autres textes aussi aptes à établir la foi en la présence réelle? Le con= cile de Trente ne le dit pas, et nos meilleurs théologiens, parlant de la « promesse de l’eucharistie », en saint Jean, reconnaissent que l’argument qu'on en peut tirer n’a pas assez de valeur pour suffire à soi seul à confirmer la foi?. Autant avons-nous estimé qu'on en devait dire, en dehors du récit qu'il rap-