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SYNTHÈSE DES TÉMOIGNAGES

Les témoignages que nous venons d'étudier, si nous exceptons celui de la première épiître aux Corinthiens, sont des témoignages impersonnels et, pris individuellement, sans date ferme. Mais ensemble ils expriment la foi de l'Église naissante.

L'élément commun à ces témoignages est le souvenir du repas dernier de Jésus avec ses apôtres. Ce souvenir est fixé avec une extrême fermeté.

Au moment où s'ouvre la nuit où il sera livré, Jésus a réuni ses apôtres à table, et là, ayant pris du pain, il a rendu grâce, il l’a rompu et il l’a donné à ses disciples, en disant : « Ceci est mon corps. » De même, il a pris la coupe, il a rendu grâce, il l’a donnée aux disciples, en disant : « Ceci est mon sang. » Tous les témoignages sont d'accord pour situer la cène à ce moment unique, pour rapporter à Jésus ces gestes et ces paroles.

La foi de l’Église sera constante à voir dans l’eucharistie la représentation d’un repas, le dernier repas de Jésus ; elle appellera l’eucharistie « la cène », c'est à savoir, comme dit saint Paul, « la cène du

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Seigneur » ; en célébrant l’eucharistie, elle entendrau « manger la cène du Seigneur », la même cène que“ le Seigneur. Et ce qui distinguera cette cène de toute autre, c'est qu'on y servira un pain qui sera rompu, et une coupe de vin, et que, sur ce pain et sur cette coupe, on répétera la parole prononcée par le Sau-« veur : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang. » La foi de l'Église, perpétuée dans sa liturgie, sera comme un vivant évangile du repas dernier de Jésus.

« Ceci est mon corps, ceci est mon sang » : l'Église ira répétant ces paroles simplement comme les apôtres les ont entendues. De longtemps, sa foi, humble et soumise, ne s’inquiétera de scruter Ile mystère qu'elles recouvrent : mais jamais elle ne« croira que Jésus, en les prononçant, ait parlé par parabole ou par énigme : elle les entendra donc littéralement. L'interprétation symboliste est un raffinement que la foi de l'Église naissante n'a pas soup- ; çonné : elle a été au réalisme de son premier mouvement. :

Et assurément on peut, au nom d’une critiquem hardie, essayer de traverser cette foi primitive, que le rationalisme traitera de massive et de matérielle, et attribuer au Sauveur une pensée plus subtile nous étudierons plus loin les efforts tentés dans ce j sens par les plus récents critiques : mais ces efforts j n’aboutissent qu'à des hypothèses laborieuses, fra-« giles, contradictoires, et, en définitive, invérifiables.« La limite de l'observation, pour l'historien, est à cette foi primitive, qu'il ne peut dépasser, s’il veut être fidèle à sa méthode d'observation positive. {

Une seconde donnée est la réitération de la « cène« du Seigneur ». En tant que précepte, cette donnéem

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