SPITTA, P
les traits — et ne serait-ce que l’annonce de la tra-«
hison de Judas ou du reniement de Pierre — qui témoignent que précisément la pensée de Jésus n'était pas concentrée sur l'avènement prochain du royaume, mais envisageait le dénoûment immédiat, la trahison, les outrages, la mort. Le royaume ne viendrait qu'ensuite.
Ces prémisses posées, M. Spitta se divertit à nous montrer dans la fraction du pain et dans la bénédic-
tion de la coupe un enseignement eschatologique. Le
Christ, l'esprit rempli des pensées qu'on vient de“
dire, au milieu de ses disciples qui mangent, distribue
du pain en disant : Prenez, mangez. Et la suite. Cette
parole est étrangère à l'usage ordinaire d’un festin, bien évidemment, comme le reconnaît M. Spitta. II est sûr dès lors, conclut-il, que « le Christ se place directement dans la situation du festin messianique : il voit ses disciples mangeant et buvant à sa table dans son royaume, et il les invite à prendre part aux dons que seul il peut leur offrir ! ». Que seront ces
dons sinon lui-même, excellemment? Car l’avène-«
ment du royaume ne sera pas seulement le commen-«
cement d’un festin éternel où les justes seront conviés à manger et à boire; mais, à ce festin messianique, « le pain, le vin, l’eau, tout ce qui jadis était l'aliment de l’homme, ne sera plus désormais autre chose que le Messie lui-même distribuant aux justes les biens du salut, les éternelles grâces de David! Ainsi, en pensant au festin messianique, l’on pouvait dire :