SPITTA, P
pr
Le Christ leur a représenté plus d’une fois le royaume comme un festin, sans doute; mais jamais il n’a exprimé cet aphorisme que le Messie y serait l'aliment des élus, fût cet aliment la figure de la justice et de toutes les béatitudes messianiques. Le Christ, à la cène, s’il a parlé comme le veut M. Spitta, a posé une énigme qui n’a été comprise de personne, jusqu’au jour où l'ingénieux professeur de Strasbourg l’a enfin comprise. Encore faut-il ajouter que ledit professeur est resté tout seul de son avis !.
Une interprétation plus subtile et plus séduisante est l'interprétation, non plus eschatologique, mais parabolique, proposée par M. Weizsäcker, d’abord,“ et plus systématiquement par M. Jülicher?.
Dans cette interprétation, et c'en est la nouveauté,“ la cène au cours de laquelle le Christ rompit le pain et bénit la coupe, est un épisode sur la signification duquel on s’est profondément mépris, parce que, en« réalité, cet épisode ne contenait aucune institution comme celle dont on a cru y trouver l’origine. Sansw doute, Paul et Luc représentent Jésus instituant, comme un mémorial de sa personne, la cène eucha-« ristique : mais Marc et Mathieu le représentent célé-« brant une cène qui n'implique en aucune manière qu'elle devra être réitérée. Que Jésùs eût institué l'eucharistie ou que l'institution qui se pratiquait sous