L. HOLTZMANN, {. I, p
. Nous croyons, comme M. Holtzmann, que l'idée d'alliance est historiquement essentielle à la signification que le Sauveur donnait à ses paroles. Mais nous ne croyons pas, pour autant, que le récit de PExode soit à lui seul la clé du récit des Synoptiques. Dans l’Exode, Moïse fait immoler des taureaux en sacrifice d'action de grâces; puis il prend une moitié lu sang pour la répandre sur l'autel, et, après que le Deuple a promis d’obéir au livre de l'alliance, Moïse ‘épand la seconde moitié du sang sur le peuple, en lisant : Voici le sang de l'alliance que Iahvé a faite iwec vous! Or de toute cette liturgie, le Sauveur ne etient qu'une idée, celle de l’alliance scellée par le sang, et le reste est pour lui non avenu. Où M. Holtznann, en effet, voit-il que les disciples reçoivent un ivre de l'alliance et promettent d'en observer les vis? Et, de même, où M. Holtzmann voit-il que le Jeuple ait mangé les victimes du sacrifice offert par Moïse ! ? Dans l’'Exode, le peuple ne mange pas la hair de la victime, — un holocauste, — il est seulenent aspergé de son sang. Donc, le contenu du récit le la cène est, pour une part, tout autre que celui lu récit de l'Exode.
Poursuivons : nous serons mieux d'accord avec L. Holtzmann quand, après avoir affirmé que le Christ oit dans le sang le sceau de l'alliance nouvelle, il firme que le Christ annonce aussi la mort san-
4. HOLTZMANN, p. 297, fait état du ÿ 41 d’Exode xxrv : «Ils virent Dieu ils mangèrent et burent ». Mais il y a là une méprise. Car ce n’est as le peuple qui mange et boit, c’est Moïse, avec Aaron, Nadab, bihu et les 70 anciens qui ont accompagné Moïse sur le somiet du Sinaï. Puis l'expression « ils mangèrent et burent » signifie ue, ayant vu Dieu, ils ne moururent pas, et cela n’a rien à voir wec l'alliance et l’aspersion du sang, ni rien avec un repas sacriciel.
glante qui va être la sienne. Peu avant la cène, a moment où, à Béthanie, chez Simon le lépreux, un femme a répandu un vase de parfum sur la tête di Jésus, Jésus a parlé de sa sépulture : ainsi, à propo: du pain qu’il rompt, Jésus parle de son corps qui vi être détruit, et associe l’image qu'il évoque de so corps, à l'image de son sang répandu!. Par là, il es vrai, M. Holtzmann revient malencontreusement l'hypothèse d’une parabole, tout en retenant l’idé de la nouvelle alliance, et en subordonnant la pa rabole à l'idée. Et par là, aussi, M. Holtzmani compromet son interprétation fondamentale : car S Jésus a proclamé l'alliance en son sang — et don! par son corps, ajoutons-nous, — il n’y avait point l de parabole, et en introduire une à propos de lafrac tion du pain, c’est rendre suspecte la réalité de L proclamation de l’alliance ?. ù |
Tenons-nous à l'unité d’affirmation du Christ nouvelle alliance en son sang versé, le sang de so corps. Notons bien que M. Holtzmann dit « nouvell alliance », et qu’il élimine du récit de la cène tout idée de sacrifice expiatoire. Il répond par là ou pen répondre aux difficultés que pourraient lui faire de critiques inquiets de surprendre dans le récit de cène ce qu'ils appellent une empreinte paulinienneA concède que, dans le texte de saint Mathieu, le mots sis dypeoiv Guapriwv peuvent être un produit di l'influence de saint Paul, encore que la chose ne s01