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de la transfiguration, et tant d'autres. Donner à cet épisode la valeur d’un précepte ou d'une institution de charité, est purement arbitraire. Les premiers disciples, en pratiquant l’eucharistie du pain et du vin, en souvenir de la sainte cène, pensaient-ils aussi à l'épisode de la multiplication des pains? M. Holtzmann en est convaincu, mais il ne nous donne pas de motifs d'en être convaincu avec lui. Laissons donc là ces rapprochements ingénieux, mais sans fondement réel et sans portée. La cène se suffit à elle-même : si les premiers disciples l'ont réitérée telle qu’elle avait été célébrée par Jésus, c’est, sans aucun doute, que Jésus le leur avait donné ainsi à comprendre. Cette réitération est une donnée historique, qu'on ne peut éliminer, d’une reconstitution historique de la cène.
M. Hoffmann a le mérite d’avoir vu le premier, à notre connaissance, que des interprétations comme celles de M. Jülicher, de M. Spitta, et, pouvons-nous ajouter, de M. Holtzmann, donnent à la dernière cène du Sauveur une signification telle, que cette cène n’a plus rien à voir avec l’eucharistie célébrée par les premières communautés chrétiennes. On ne saurait mieux dire. Mais M. Hoffmann, après avoir fait avec nous cette constatation, part allégrement de là pour conclure que, si paradoxale que puisse sembler la Chose au point de vue traditionnel, ona ainsi la preuve que l’eucharistie s’est introduite dans les premières communautés chrétiennes sans aucune relation avec
la dernière cène du Sauveur : la fraction du pain pratiquée par les premiers chrétiens n’est pas seulement la première forme, mais l’origine même de l’eucharistie. Nous demandions comment on avait été amené à réitérer la dernière cène : M. Hoffmann nous répond que les premiers disciples n’ont justement pas réitéré la dernière cène !.
Le paradoxe ainsi formulé ne manque pas d'éclat, il ne manque guère que de base. M. Hoffmann, en effet, s'engage à prouver que la fraction du pain pratiquée par les premières communautés était entièrement indépendante de la dernière cène. Tout repose sur le texte des Actes (11, 46), dans lequel M. Hoffmann croit trouver la trace de deux sortes de réunions en usage chez les convertis de la première heure : d’une part, des réunions « exotériques » qui se tiennent sous les regards du public, par exemple au Temple dans le « portique de Salomon », réunions de prière, de prédication, où libre cours est donné aux charismes de l'Esprit; d'autre part, des réunions « ésotériques » qui se tiennent dans l’intérieur des maisons chrétiennes, et où les fidèles rompent le pain et prennent leur nourriture avec joie et simpli= cité de cœur, quotidiennement. « Il faut conclure de. là que les chrétiens avaient des repas communs à caractère religieux », et que « ces repas communs religieux de la communauté primitive n'étaient rien. de spécial, de frappant, et se distinguaient réellement» à peine des repas ordinaires ? ». Les juifs, en effet, n'avaient-ils pas donné un caractère religieux à leurs,