‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 42 sur 164 · Lors, Le quatrième évangile (Paris 1903), p · texte numérisé non relu

Lors, Le quatrième évangile (Paris 1903), p

e miracle soit une donnée des Synoptiques, c’est ce ui n'est pas douteux. Sur ce thème intentionnelleent choisi, saint Jean va écrire « une méditation eligieuse », nous assure-t-on. Ne serait-ce pas, au ontraire, l’exégète qui va créer cette méditation regieuse comme faisaient jadis les allégoristes en uête de sens spirituels ?

En réalité, les choses se présentent plus simpleient. Une grande foule suivait Jésus. Pourquoi? arce qu'elle « voyait les miracles qu’il opérait sur s malades ». Ainsi commence le récit johannique, Lil se termine par ces mots : « Les gens ayant vu ; miracle que Jésus avait fait, disaient : Il est vraiient le prophète qui doit venir au monde. Mais Jéus, sachant qu'ils allaient venir l'enlever pour le ire roi, se retira de nouveau sur la montagne, eul ». S'il est un fait que saint Jean ait voulu mete en lumière, n'est-ce pas la « gloire » de Jésus, u sens du prologue même de l'Évangile : « Nous vons vu sa gloire, une gloire comme la gloire du ionogène venu du Père »? Les Juifs ne voient en ésus qu'un prophète à faire roi : Jésus se détourne eux. C’est la leçon que le quatrième évangile tire e l'incident, tandis que les Synoptiques rapportent incident sans en tirer aucune leçon.

On veut, au contraire, que cet incident prenne une gnification tout autre et devienne « une révélaon symbolique de la Loi nouvelle ». La multipliation des pains est la figure de la pâque chrétienne, 1 mort de Jésus commémorée dans l’eucharistie. éan ne dit-il pas : « Or, la pâque, jour de fête des uifs, était proche »? Jean symbolise en parlant insi..… Non, répondons-nous, il ne symbolise pas :

il s'exprime tout uniment, comme il a fait déjà

fera ailleurs. Au moment de raconter lé épisode d vendeurs chassés du temple, Jean dit de même « Or la pâque des Juifs était proche » (w, 13 Pareillement le récit de la dernière semaine débu par la formule : « Or la pâque des Juifs était pr che » {xr, 55).

Puis, si vraiment la multiplication des pains e un symbole de l’eucharistie, ne conviendrait-il p que l’évangéliste néglige tous les détails indifféren à son but didactique et adapte à ce but tous ceu qu'il retient? Pourquoi écrire : « Jésus dit : Faites les asseoir. Il y avait dans ce lieu beaucoup d’her bes »? Où est le symbolisme de ce trait? Voilà cin mille hommes qui, sur l’ordre de Jésus, s’assoient s’assoient dans l'herbe, et cela n'a pas de signifi cation profonde? — Un peu avant, André (pourquo André?) dit : « Il y a ici un jeune garçon qui a cin pains d’orge et deux poissons... » M. Loisy convien que « le trait du jeune garçon avec ses pain d'orge doit avoir, dans la pensée de l’évangéliste une signification qui nous échappe ». Disons qu! l'interprétation symbolique éprouve ici un nouveat déficit. Mais alors pourquoi écrire aussitôt après ce aveu : « Dans la pensée de l’évangéliste [le jeun! garçon] semble représenter les ministres auxiliaire de la cène eucharistique chez les premiers chré tiens »? — Jésus multiplie les pains, mais il multi plie aussi les poissons, que le jeune garçon avai avec ses pains d'orge. Nous voulons qu'on nous dé: voile le symbolisme de ces poissons, ce qu'ils figu rent dans cette allégorie du pain de vie. Il ne nou suffit pas d'apprendre, dans une distinction qui se

icole, que le pain est « symbole principal » et le isson « symbole complémentaire » de la « nourture de vie ». — Puis pourquoi cinq pains et deux issons ? Quel symbolisme ces nombres recouvrent- ? S'ilreste, après le repas. douze corbeilles de pain, st, nous assure-t-on, que les douze apôtres « se ouvent désignés ainsi comme les dépositaires et les stributeurs du pain de vie ». Mais il n’est pas resté : poisson, parce qu'il était « plus conforme au mbole de l’eucharistie que l’on parlât seulement | pain dans la conclusion ». N’eût-il pas été plus mforme à ce symbole qu'on ne parlât point de poisn du tout? Et s’il s’agit en tout ceci de l’eucharis- >, il eût été plus conforme encore à ce symbolisme 1e mention fût faite du vin.

Un trait, un seul, peut avoir une valeur allégorique ins le récit de la multiplication des pains. Jésus, vant les yeux, voit une foule immense et il dit à hilippe : « Où achèterons-nous des pains pour que s gens aient à manger? » À quoi Philippe répond ms avoir compris : « Deux cents deniers de pain ne iffiraient pas pour que chacun en eût un peu ». arc (vi, 37) prête une réponse pareille aux discies : « Irons-nous donc acheter pour deux cents deers de pain afin de leur donner à manger? »

ais, dans le quatrième évangile, la question de sus est intentionnellement posée pour « éprouver » hilippe, rappelant en cela le procédé de maïeutique “manifeste dans des entretiens comme celui de Nidème ou de la Samaritaine. Nous avons là vraient une interprétation johannine d’un trait synopque, et ce trait ainsi interprété annonce bien le

iscours sur le pain de vie. Ce fil léger qui sert à

17e ba: «ais * : pie ‘

rattacher le discours sur le pain de vie à un épisod connu, est la seule trace de symbolisme qui se puiss signaler dans le récit de la multiplication des pains croyons-nous.

En trouverons-nous davantage ou seulement au tant dans le récit (16-21) du retour des disciples Capharnaüm après la multiplication des pains ! ? Le disciples traversent le lac de Tibériade en barque Jésus marche sur les eaux. Ce fait, rapporté pa Marc (vr, 45-52) et par Mathieu ({xrv, 22-33), sembl dans le quatrième évangile n'avoir guère l'intéré que d’une transition : saint Jean n’insiste pas sur 1 miracle de Jésus marchant sur la mer, mais il appui sur cette circonstance que, les disciples étant parti sans Jésus, Jésus se trouve les rejoindre proche d: rivage opposé, pendant que la foule qu'il a nourri par la multiplication des pains le cherche. Car l’é vangéliste a intérêt à nous montrer la foule cherchan Jésus : à ce trait s’attachera le début du discour sur le pain de vie. M. Loisy veut que le miracle di Jésus marchant sur la mer soit ici « tout à point pou montrer le symbole de la rentrée du Fils de l’homm dans sa gloire éternelle, et des conditions de soi immortalité ». Mais cette vue n’est pas dans la per spective actuelle de l'évangéliste. N'est-ce pas vrai ment chercher midi à quatorze heures que de st persuader que telle est la pensée cachée de l’évan: géliste? Ajoutez que cette pensée cachée est double car elle va aussi à faire entendre que Jésus nes pas soumis aux lois de la matière, soit l'étendue soit la pesanteur, et que par là on s’expliquera mieu)

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