‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 51 sur 164 · Id. p. 454. Cf. MALDONAT, p. 1515 B · texte numérisé non relu

Id. p. 454. Cf. MALDONAT, p. 1515 B

On peut, ilest vrai, être dans une tradition, même quand on la fausse : prises au pied de la lettre, les paroles de l’évangile (54 et 56) pourraient faire croire que la chair et le sang du Christ sont le principe même de la vie éternelle et la condition de la résurrection glorieuse : et ii est sûr que quelques écrivains ecclésiastiques l'entendront ainsi. M. Loisy veut que l'évangéliste « attribue au corps du Christ, glorifié par la résurrection, une efficacité vivifiante qui se manifestera lorsque les fidèles eux-mêmes ressusciteront.. On dirait que cette résurrection ne fera que mettre en activité les forces que la communion au corps et au sang du Sauveur a déposées dans l’homme pour la transformation finale de son être ! ». Sans doute, mais le Sauveur n’avait-il pas dit plus haut : « Celui qui croit a la vie éternelle » (47)? N’avait-il pas assuré que la volonté du Père était que « quiconque voit le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle », et que le Fils « le ressuscite au dernier jour » (40)? Donc pas ne serait besoin de manger la chair et boire le sang du Fils de l'homme pour avoir la vie éternelle et pour être ressuscité au dernier jour, s’il suflit de croire en lui pour s'assurer la vie et la résurrection.

Peut-être la solution de cette contradiction est-elle dans le compte que l’on tiendra des difficultés que les Juifs — et aussi bien les adversaires que le qua- “trième évangile a en vue — opposeront à l’affirmation du Sauveur : « Ma chair est une vraie nourriture, et mon sang est un vrai breuvage » (55). Manger la chair, boire le sang du Fils de l’homme,

Page 1