‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 55 sur 164 · ÉPILOGUE AU NOUVEAU TESTAMENT : LA DIDACHÉ ET LES ÉPITRES IGNATIENNES · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE AU NOUVEAU TESTAMENT : LA DIDACHÉ ET LES ÉPITRES IGNATIENNES

La cène, célébrée par Jésus le jeudi soir veille d sa mort, était un repas, le repas de la veille d Pâques : l'acte chrétien constitué par la fraction d pain et la participation au calice du vin, était formellement, un repas aussi. Et en tant que te il ne pouvait point, au début, ne pas être entour des formes religieuses par lesquelles tout repas jui s’ouvrait et se fermait. Son nom même d'eucha ristie implique qu’il s’'accompagnaiït d’une action d grâce à Dieu, sur le modèle des bénédictions qu dans les repas juifs on prononçait sur le pain, su le vin, sur le sel... Ne soyons donc pas surpris qu l'eucharistie ait eu, à l’origine, toutes les apparen ces rituelles d’un repas juif, très simplifié !.

Mais de là à faire de l’eucharistie primitive w repas, rien qu'un repas, et à voir dans ce repas ui acte de communauté, rien de plus, si bien que, «

1. Voyez v. d. GouTz, Tischgebete und Abendmahlsgebete (Leïipzi 1905), p.5-17.E. HENNECKE, Handbuch zu den N.T. Apokryphen (Tübin gen 1904), p. 269.

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econd siècle seulement et au temps de saint Justin, a foi aurait enrichi la signification de ce repasetpris e pain pour la chair du Christ, au lieu d'y voir simlement son corps mystique qui est la communauté", —ily a un abîme. C’est ce que la Didaché et saint lenace nous aideront à montrer.

Nul n’ignore que la découverte en 1883 de la Didaché a jeté une vive lumière sur la liturgie eccléiastique à la fin du premier siècle. La Didaché, en ffet, parle fort explicitement de la « liturgie » qui st confiée « auxépiscopeset aux diacres ». Elle parle lu baptême et donne par deux fois, à ce propos, la formule « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Puis, et sur le même plan que le baptème, lle pose l’eucharistie, ce qui fait dire à M. Andersen : « En tant que cette eucharistie est ainsi placée à côté du baptême, elle répond au deuxième sacrement des temps postérieurs, mais elle n’est en rien ne cène. » Nous allons voir, au contraire, qu'elle est surtout cela.

Le jour du Seigneur, lisons-nous dans la Didaché, les fidèles se réuniront pour rompre le pain et rendre grâce*.

Cette mention du dimanche ou jour du Seigneur Da rien qui nous doive surprendre, puisque saint Paul (7 Cor. xvi, 2) déjà signalait le lendemain du

Sabbat comme le jour où les fidèles de Corinthe te- È

“1. À. ANDERSEN, Das Abendmahl in den zwei ersten Jahrhunderter nach Christus (Giessen 1904), p. 60.

— 2, Didach. xiv, 1.

naient leur réunion religieuse. De même, l’auteur de Actes (xx, 7) montre les fidèles de Troas se réunis sant pour rompre le painle premier jour des sabbats L'Apocalypse sera, en dehors de la Didaché, le text où pour la première fois, apparaîtra le terme d xuptaxh fuépx!. Les chrétiens avaient donné le no de leur Seigneur au premier jour de la semaine; comme les Romains appelaient oc6«cr le premie jour du mois et le consacraient à l'Empereur. Le jour du Seigneur, poursuit la Diduché, les fi dèles se réunissent (ouvxy@évrec). Le terme même es celui que la langue ecclésiastique consacrera pou désigner les réunions liturgiques (oivatu). La réu nion du dimanche n’est pas destinée à des entre tiens comme ceux que recommande la Didaché, quand elle conseille au chrétien de « rechercher chaque jour le visage des saints » pour s’édifier de leurs paroles, parce quelà où il est parlédu Seigneur, là est le Seigneur, et parce qu'il importe de se souvenir sans cesse de la parole de Dieu ?. Le texte qui nous occupe est d’une inspiration plus précisante. « Le! jour] seigneurial du Seigneur vous étant réunis, rompez le pain et rendez grâce. » La réunion dominicale a pour objet déterminé la fraction du pain et l’action de grâce. On distingue ces deux actes : xhdoaute dprov xat ebyaororioute. Et nous verrons, en effet, que ces deux actes sont réellement distincts, à ce moment historique : on procède à la fraction du pain, et un discours ou prière est prononcé qui accompagne la fraction du pain. Aïnsi, saint Paul à Troas prolongea son discours jusqu’au milieu de la

1. Apoc. 1, 10. Cf. IGNAT. Magn. 1x, 1; BARNAB. xY, 9. 2, Didach. 1v, 1-2.

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nuit; puis il rompit le pain et y goûta, et il parla longtemps encore, jusqu’au jour.

Au moment où la Didaché est rédigée, la hiérarchie des épiscopes et des diacres est formée ; mais il circule d'église à église un personnel nombreux de prophètes ou soi-disant tels, auxquels la piété des fidèles attribue une autorité éminente. Ce quifait le prophète, c’est le don qu'ila de «parler en esprit». Le danger étant grand d’être dupé par de faux prophètes, des règles sont posées par la Didaché, pour distinguer le vrai prophète du faux. « Quiconque parle en esprit n’est pas pour cela prophète, mais s’il a les mœurs du Seigneur : à ses mœurs vous reconnaîtrez le vrai prophète !. » L'action de grâce, la prière ou élévation sur les mystères, est un office auquel, en vertu même de leur don de « parler en ssprit », les prophètes excellent. Aussi la Didaché narque-t-elle que l’on doit permettre aux prophètes le rendre grâce comme ils voudront. Cette indiation est à rapprocher d'une autre indication jui se lit plus loin, à savoir que l’on ne doit point e éprouver ou juger un prophète qui parle en esrit», car ce serait pécher contre l’esprit?. L'acion de grâce, la plus auguste des prières, est donc lévolue à celui qui « parle en esprit ». Le respect lu charisme est si grand chez l’auteur de la Didahé, qu'il en déduit par analogie les devoirs que es fidèles ont à rendre eux épiscopes et aux diares : « Ils remplissent, aux aussi, l'office des prohètes et des didascales; ne les méprisez donc pas, juisqu'ils sont à honorer avec les prophètes et les

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