Didach. x
* LA DIDACHÉ ET LES ÉPITRES IGNATIENNES. 107
maître tout-puissant, tu as créé l'univers pour ton nom : tu as donné aux hommes nourriture et breuvage pour qu’ils en jouissent et pour qu'ils te rendent grâce. Mais à nous, tu as donné une nourriture spirituelle et un breuvage [spirituel] et une vie éternelle, par ton enfant. Avant tout nous te rendons grâce, parce que tu es puissant. À toi la gloire dans les siècles. Souviens-toi, Seigneur, de ton Église, et de la délivrer de tout mal, et de la parfaire dans ton amour. Rassemble-la des quatre vents [du ciel] cette [Église] sanctifiée dans ton royaume, [ce royaume] que lu as préparé pour elle. Car à toi est la puissance et la gloire dans les siècles.
Que la grâce arrive et que ce monde passe. Hosanna au fils de David. Si quelqu'un est saint, qu'il vienne. Si quelqu'un ne l'est pas, qu’il se convertisse. Maranatha. Amen.
Reconnaissons-le, cette double oraison ou action de grâce n’est pas sans avoir beaucoup surpris les critiques, surtout parmi nous. Voici, en effet, s’eston dit, le texte d’une prière eucharistique et comme d'une consécration du pain et du vin: or, il n’est point faitmention de la chair et dusang du Sauveur, il n’est pas davantage fait mention des paroles du Christ à la cène. M. de Rossi!, qui estimait que c'est bien là une prière eucharistique, pensait qu’elle présentait sans doute une lacune. Car l’auteur du septième livre des Constitutions apostoliques, qui, au 1v° siècle, a remployé la Didaché en la paraphrasant, a pris soin d'insérer dans le texte ci-dessus une glose sur le « précieux sang de Jésus- Christ versé pour nous, et le précieux corps, dont, dit-il, nous consacrons ces représentations (ävritura), le Christ lui-même nous ayant prescrit d'annoncer