Bulletin critique, t. V (1884), p
LA DIDACHÉ ET LES ÉPITRES IGNATIENNES.
> la prière sur le calice et sur le pain‘. Si nous
ettons à part le dernier râce arrive... », qui est,
paragraphe : « Que la comme forme et comme
ntenu, très différent Gu texte qui précède, il reste eux oraisons exactement synoptiques, séparées par
s mêmes invocations :
[UX.] Nous te rendons râce, notre Père, pour la inte vigne de David ton \fant, que tu nous as fait mnaître par Jésus ton ennt.
A toi la gloire dans les ècles !
IT
Nous te rendons grâce, jtre Père, pour la vie et la rose, que tu nous as fait mnaître par Jésus ton enml.
A toi la gloire dans les ecles!
Comme ce pain rompu bars sur les montagnes a é ramassé et est devenu un, insi puisse ton Église étre amassée des extrémités de Lierre dans lon royaume.
[X.]Nous te rendons grâce, Père saint, pour ton saint nom, que tu as fait habiter dans nos cœurs, et pour la gnose et la foi et l’immortalité, que tu nous as fait connaître par Jésus ton enfant.
Il"
A toi la gloire dans les siècles!
Souviens-toi, Seigneur, de ton Église et de la délivrer de tout mal, et de la parfaire dans ton amour. Rassemblela des quatre vents sanctifiée dans ton royaume, que tu as préparé pour elle.
4. E. v. d. Gourz. Das Gebet in der ältesten Christenheit (Leipzig
ÉTUDES D'HISTOIRE. — T. Il.
de oi di ae n°
Car à toi est la gloire et Car à toi est la puissanc la puissance par Jésus- et la gloire dans les siècles Christ, dans les siècles!
Le parallélisme des deux textes est frappant : i semble bien que le texte l'-IIT soit une réplique di texte I-II-IIT. Le texte l'-I[T' a été comme resserré on a réduit I et IT en l', pour introduire entre [' et II] le morceau suivant :
Toi, maître tout-puissant, tu as créé l'univers pour toi nom : tu as donné aux hommes nourriture et breuvay pour qu’ils en jouissent et pour qu'ils te rendent arâce Mais à nous, tu as donné une nourriture spirituelle et breuvage et une vie éternelle, par ton enfant. Avant tou nous le rendons grâce, parce que tu es puissant !.
La restitution de ces deux prières synoptiques ferait conclure qu’elles ont été, non point créées toutes deux par l’auteur de la Didaché, mais recueil lies par lui et adaptées par lui à la description qu'il entendait donner d’une action de grâce modèle.
On peut, d’ailleurs, ne pas retenir la supposition d'un doublet, c’est-à-dire d’un accident rédactionnel: Mais il n'en reste pas moins certain que, par leurs parallélismes, les deux prières attestent qu'elles ont trait toutes deux à l’eucharistie.
On n’attachera pas d'importance au fait que l'au*
1. Il est possible que ces derniers mots ([Avant tout] nous te rendons grâce parce que Lu es puissant.) ne soient pas là à leur place, et seraient mieux en tête, avant {ot maître tout-puissant. D Le parallélisme ainsi serait plus rigoureux. HENNECKE, p. 270.
LA DIDACHÉ ET LES ÉPITRES IGNATIENNES. 111
ur de la Didaché écrit : « D'abord sur le calice. » ns : « Et sur le pain rompu... » L'on s’est vivement onné que le calice fût placé ainsi avant le pain : | n’a pas observé que c'était le texte même qu'il ait sous les yeux, qui a suggéré au rédacteur de Didaché d'interpoler là ces deux rubriques. Il yait dans Ï mentionnée la « sainte vigne de Dad » : il a supposé que c'était une prière pour le cae. Il voyait dans III mentionné le « pain rompu » : a supposé que c'était une prière pour la fraction | pain. Par cette innocente, mais maladroite supsition, il a dérouté les critiques qui connaissent la ité de l'usage liturgique selon lequel le pain, ainsi lil fut fait par le Christ à la cène, est béni avant vin. En fait, il savait, aussi bien que nous, que pain était béni avant le vin, puisque lui-même rit : « Que personne ne mange, ni ne boive... Tu us as donné une nourriture spirituelle et un breu- De... »
La difficulté qui subsiste seule, et dont M. Andern ne manque pas de faire état, est celle qui naît de que ces deux prières eucharistiques paraîtront de en vagues formules consécratoires !. « Rien de la ne, » écrit M. Andersen. À cela, nous répondrons le la difficulté tient à ce que l’on ne distingue pas fraction du pain de l’action de grâce. Le mot (aororia désigne déjà le pain et le vin consacrés, — Que personne ne mange ni ne boive de votre faproriu, mais seulement ceux qui sont baptisés ns le Seigneur. », — mais le mot eèyæptoreiv a un
Nous ne faisons pas appel à l'hypothèse qui voit dans ces éres des hymnes imitées des psaumes juifs. HENNECKE, p. 271.
L 4, N Le A À s
sens plus large‘. Il désigne la prière qui pour un part remplit la réunion du dimanche et dont la frac tion du pain est le moment le plus solennel. L fraction du pain est le geste essentiel : l’action d edyaptoteiy la précède et la suit. La Didaché ne déceri pas la fraction du pain, mais elle donne un modël de cette prière que l’évêque ou le prophète improvis autour de la fraction du pain, et qui en se fixant de viendra notre « canon de la messe ».
Nous pouvons en signaler un spécimen plus dé veloppé, mais de même allure que le spécimen de 1 Didaché.
Les Acta loannis, dont la composition original remonte à la seconde moitié de me siècle, renfer ment, en effet, une description liturgique dont l’ans logie avec la description de la Didaché et aussi bie avec le récit de la cène de Troas est frappante. Cett description fait partie du récit de la mort de sain Jean à Éphèse?. Le jour choisi est un dimanche Tous les frères sont réunis et l’apôtre prend la parole La première partie de son discours est une exhorte tion; quand elle est terminée, une prière la suit.
Après qu'il leur eut dit ces paroles, [l'apôtre] pm" ainsi :
O toi, qui as tressé cetle cow'onne à ta chevelure, 6 J sus; Ô loi, qui as paré de ces fleurs la fleur impassible « ton visage; 6 loi, qui as répandu ces discours; 6 loi, q seul prends soin de tes serviteurs et qui seul es le médec qui guéri; 6 loi, seul bienfaisant, seul humble, seul piloyi