‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 61 sur 164 · ANDERSEN, p · texte numérisé non relu

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ajoutent à la confusion. Surtout, saint Ignace a pour nous ce tort, qu'il n’a jamais parlé directement de l'eucharistie, mais seulement par allusion, par métaphore : il est toujours à côté du sujet qui est le nôtre, et c'est donc comme de biais que ce sujet nous apparaît perpétuellement dans les épitres ignatiennes.

Cependant, certaines données très fermes Er être déduites, et d’abord que la différence est profonde déjà entre le moment historique que représente la Didaché et celui que représentent les épitres ignatiennes. Les prophètes ont disparu, les charismes ont disparu. La communauté ne connaît plus qu'un pouvoir, celui de la hiérarchie sacrée : aux mains de l'évêque sont les dons de Dieu confiés à l'Église, le baptême et l’eucharistie !. Le relief ainsi donné à ces deux dons qui sont deux actes liturgiques, était déjà bien sensible chez saint Paul, et dans la Didaché pareillement : il s’accentuera encore, plus tard; mais saint Ignace en est un témoin aussi. et la tradition est continue.

L'unité du pouvoir à l’intérieur de l'Église est un trait essentiel de la doctrine de saint Ignace. Le salut ou la réconciliation de l’homme à Dieu est procurée par son union au Christ, qui est Dieu en nous. La condition et le signe de cette union au Christ, est l’union des vrais chrétiens entre eux. Cette unité ne se trouve que dans l’union à l'évêque. La soumission à l’évêque est une harmonie qui achève aux yeux

de saint Ignace l'économie établie par le nouvel Adam.

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1. Smyrn. Vur, 2. — Cf. la note de Funk, dans son édition. . .

LA DIDACHÉ ET LES ÉPITRES IGNATIENNES. 119

Voilà pourquoi, dit Ignace, i! convient que vous abonliez dans le sentiment de l’évêque, ainsi d’ailleurs que jous faites. Car vos vénérables presbytres, bien dignes de Dieu, sont accordés à l’évéque comme les cordes de la ithare. Ainsi par votre communauté d'esprit et par votre imour qui n'a qu'une voix, Jésus-Christ est chanté. Devevez les uns et les autres un chœur, accordés par l’unaninité, recevant le diapason de Dieu dans l'unité, chantant lune seule voix, par Jésus-Christ au Père, pour qu’il vous mtende et connaisse par ce que vous accomplissez de bien jue vous êtes les membres de son Fils. Il est donc indis- Jensable que vous soyez dans l'unité immaculée, afin que jous participiez à Dieu partout.

Je me suis comporté ainsi ce peu de temps envers votre véque, par une attitude non pas humaine, mais spiriuelle : Combien plus vous féliciterai-je d’être unis ainsi, omme l'Église l'est à Jésus-Christ, comme Jésus-Christ est au Père, afin que tout soit accordé dans l'unité. Que jersonne ne s'y trompe : si quelqu'un n'est pas à l’intéieur du Ovotactiprov, il est privé du pain de Dieu. Car si a prière d'un ou de deux [chrétiens] a une si grande effiacité, combien plus grande sera [l'efficacité de] {a rière de l’évêque et de toute l'Église! Celui donc qui ne ient pas à l'assemblée [des fidèles], celui-là est un superbe t il se condamne lui-même.

L'économie nouvelle inaugurée par le Sauveur yant pour signe extérieur l'union à l’Église, il ne 5omprend pas cette économie du salut, celui qui se épare de l’assemblée des fidèles et croit devoir prier eul. Car la prière commune est la symphonie, où clate la communauté d’esprit et d'amour, où se traluit l'unité par laquelle nous participons à Dieu.

On aura reconnu dans ces formules le thème fon-

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