Smyrn vu
ue. sis +
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. de savoir que vous êtes établis dans une foi stable, comme si vous étiez cloués à la croix du Seigneur
Jésus-Christ par la chair et par l'esprit, et parce que vous êtes fondés dans la charité dans le sang du Christ '. » Aux Philadelphiens : « Je vous embrasse dans le sang de Jésus-Christ ?., » Ce perpétuel rappel de la chair et du sang, est une emphase intentionnelle, mais au fond « chair du Christ » et :« sang du Christ » est synonyme de « Christ » tout court. Ignace parlera de recourir « à l'Évangile comme à la chair de Jésus * ». Il dit ailleurs : « Là où est le Christ Jésus, là est l'Église catholique #. » Il écrit aux chrétiens de Tralles : « Créez-vous à nouveau vous-mêmes dans la foi, ce qui est la chair du Seigneur, et dans la charité, ce qui est le sang de Jésus-Christ ® »; comme il écrivait à ceux de Magnésie : « N'ayez qu'une espérance dans l'amour et dans la joie, ce qui est Jésus-Christ. » Dans la même manière, il dit : l'Eglise est Jésus-Christ, l'Église est la chair de Jésus-Christ, l'eucharistie est la chair de Jésus-Christ.
Tel est le sens que nous croyons que l'on peut donner au texte célèbre : Edyapiotias xat mpoceuyñc àr- Éyovra, Oiù ro ph éuohoyeiv Tv ebyæpiotiav cdpxa Eivar Toù cutñpoc. De là mes difficultés contre le sens obvie.
Au total, m'objectera-t-on, la doctrine positive de saint Ignace est-elle donc à ce point insaisissable, en ce qui concerne l’eucharistie ? Non, assez de traits
+. SMYrN. 1, 1.
. Philad. inscr.
. Philadelph. vx. 1. Cf. Polycarp. v, 2 et Rom. vu, 3. . SMYTN. NUI, 2.
5. Trall. vx, 1 : dvaxtioauce Éautods Ev miotet, Ô ÉotiV GùpE Ttoù Avpiou, xai êv &ydnn, 6 éotiv aux Incoù Xprotod.
s’en laissent suffisamment observer. Et d’abord, o constate dans les épîtres ignatiennes l'existence d'u vocabulaire eucharistique ! emprunté au quatrièm évangile et à saint Paul. On constate l'existence d la fraction du pain et de la participation au calice, e l'existence d’une réunion religieuse pour la prièr et la fraction du pain. Liturgie et langue liturgiqu sont choses si familières aux fidèles à qui écrit sain Ignace, que saint Ignace peut exploiter le vocabulaire eucharistique en l’appliquant, par métaphore, à des objets autres que l’eucharistie.
Mais enfin, dans ce qui nous reste de saint Ignace, il est un texte dont on peut dire que l’eucharistie y est affirmée directement. Ignace écrit aux Éphésiens : Vous êtes unis « en une foi unique et en Jésus- Christ », dans « l’obéissance à l’évêque et au presbyterium par une pensée indivise, rompant un pain unique, qui est le remède de l’immortalité, l’antidote pour ne pas mourir, mais pour vivre en Jésus-Christ toujours ?. » La doctrine johannine, d’après laquelle celui qui mange la chair et qui boit le sang du Christ
1. Rappelons les passages les plus expressifs : — @ptov 6 éctiy cdpË (Rom. vi, 3), — edyaptotiav cépxx ’Incoù Xprotod, tnv Ünép To duaptiov AUGY rabodcav (Smyrn. VIT, À), — TOUL aiuo (Rom. vit, 3), — Totptov eic Évwotv To aiwatos (Philad. 1v).
2. Eph. xx, 2 : va àprov x)}@VTe<, 05 ÉGTIV GGpuaxov GBavaciac, avridoroy roù un dmobavetv, &))ù Cv Èv "Incoù Xptot® ÔLà mavréc: M. ANDERSEN, p. 71-72, chicane sur le texte lui-même : il veut que la lecon authentique soit, non 6ç ècttv, mais © Éctty. Notons d'abord que 6 est une correction de Lightfoot, une conjecture inspirée du latin qui a quod et non qui. Le grec dit 66. Zahn et Funk maintiennent 65. Supposé, ensuite, que 9 soit la leçon authentique, supposé que 6 se rapporte à Évx &ptov x)\&v, au lieu de se rapporter à &ptoy, la fraction du pain sera le remède d’immortalité, au lieu que ce soit le pain. Il y a une nuance, assurément, mais supprime-t-elle l’affirmation johannine d’Ignace ?
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a la vie éternelle, reparaît donc dans cette formule de saint Ignace. Pour saint Ignace, la communion eucharistique est un gage d'immortalité. L’homme, empoisonné par le péché, doit mourir : la communion sera l’antidote qui fera qu'il ne mourra pas, la communion lui assurera la vie en Jésus-Christ. Faire de l'eucharistie un gage réel d’immortalité, écrit - M. Andersen, c'est s'exprimer comme saint [rénée : un demi-siècle avant lui on ne pouvait y penser! Saint Ignace y pensait cependant.
LE
Au second siècle, la foi ecclésiastique, par opjsition à tout le tumulte des milieux gnostiques, ierche sa stabilité dans des affirmations élémenires et fondamentales. C’est le moment où, à ome même, la foi ecclésiastique se fixe dans le imbole dit des Apôtres, règle de foi et expreson statutaire de la tradition. Chaque église a une nction didactique continue, qui est exercée par le rps de ses chefs ou presbytres, vocable archaïque li désigne ensemble l'évêque et ses prêtres. Lorsie, à la fin du second siècle, l’hérétique Noët est té devant les presbytres de Smyrne pour rendre üison de ses nouveautés, les presbytres se bornent opposer à sa dialectique leur règle de foi, en sant : « Nous répétons ce que nous avons appris. » ers la même époque, un controversiste antimon-
taniste s'excuse d’avoir hésité longtemps à écrire « par appréhension d’être accusé de vouloir ajoute quelque chose à ia parole du Nouveau Testamen de l'Évangile, à laquelle il n’est possible ni d'a jouter, ni de retrancher ! ». Il ne faut pas se lasse de citer la parole de Papias, qui écrivait, vers 150 dans la préface de ses Exégèses des dits du Sei gneur : « Je n'étais pas comme la plupart qui s laissent prendre au flux des paroles, je n’aimai que ceux qui enseignent des choses vraies. Plei de défiance pour les préceptes bizarres qu'on fai circuler, je ne voulais connaître que ceux qui on été confiés par le Seigneur à la foi de ses disc ples, et qui proviennent de la vérité elle-même » etc.?. Ces témoignages, auxquels on pourrait e ajouter d’autres, manifestent un état d'âme et un méthode : conservation de ce qui a été reçu, et ca nonisation de cette tradition. Les deux termes tape Josu et xavuv traduisent l'attitude des églises et d leurs presbytres.
Ainsi s'explique que, à la même époque, se for mulent au sujet de l’eucharistie les affirmations d’un foi, sinon aussi précise que le sont les articles d symbole des Apôtres, du moins aussi unanime A défaut de symbole, les églises ont leur liturgie une liturgie qui s'exerce sous les yeux de la com munauté, une liturgie que corroborent des texte du Nouveau Testament qui sont parmi les plu connus : si la formule baptismale est fixée dès mai tenant et avec un sens indubitable, la liturgie d l'eucharistie ne peut avoir tardé non plus à se fixet
4. Hrppozyr. Contra Noet. 1. Euser. H. E. N, 46, 3. 2. EusEs. H. E. III, 39, 3 et suiv.
| elle ne l'était déja même avant, et la signification e cette liturgie ne peut que s'imposer d'autorité à Jus.
C'est justement ce qui s’est produit, en fait, comme ous allons le constater, et premièrement chez aint Justin, à Rome.
Comme l’auteur de la Didaché, mais pour une fin pologétique précise, saint Justin décrit le culte chréen dans son Apologie aûressée à l'empereur et au nat !. Il le décrit pour montrer que rien n'y est à issimuler, parce que tout y est pur et religieux. | décrit la liturgie eucharistique jusqu'à deux rerises, la première dans la description du baptème >lennel, la seconde dans la description de la liturie dominicale : on doit rapprocher de la description e la messe baptismale la description de la messe ominicale pour compléter l’une par l’autre.
« Le jour du soleil », écrit Justin, les fidèles « qui abitent soit la ville, soit les champs, se rendent jus en un même lieu ». Pas plus que la Didaché, ustin ne marque l'heure où se tient la réunion. Il e dit pas davantage que le lieu de la réunion est xe. Mais la réunion est assignée à un jour déter-