‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 65 sur 164 · I Apolog. LX\-LXVN · texte numérisé non relu

I Apolog. LX\-LXVN

2, Voyez dans la première épitre de saint Clément, à Rome donc endre et un demi-siècle plus tôt que S. Justin, une claire allégorie de ètte solennité réglée du culte : Ildvra r@Ëe: noteïy opethouev 0oœ deonornc ÉniTe}ELv ÉXÉAEUGEV HATX KALPOŸS TETAYLÉVOUS * TAC TE TL0Gnpüs xai AetToupyias ÉmTEhEG OL xai OÙX EXT À ATAATUWS ÈKEMEUGEV Meofar, GAX Opiouévots Ka1pOÏc La Goas mod TE A IX TV

miné, le dimanche ?. La réunion commence par « 1 lecture des Mémorables des apôtres », c’est-à-dir des Évangiles, ou « des écrits des prophètes » c'est-à-dire de l'Ancien Testament, « un temp donné ». Les charismes contemporains de la Dida ché sont évanouis : plus de didascales, plus de pro phètes : il n'y a plus à parler en esprit que les Ecri tures canoniques. Quand la lecture est achevée, 1 président de la réunion prend la parole pour un exhortation : il invite les assistants à « imiter ce nobles choses », les exemples et les enseignement de l'Écriture. L’homélie a donc déjà sa place dan la liturgie. Puis, après l'homélie, la prière. « Tou ensemble nous nous levons, et nous adressons no prières » à Dieu. La prière ainsi conçue est san doute une sorte de litanie à laquelle toute l’assis tance prend part’. Elle se termine par le baiser d paix qu'échangent entre eux les fidèles « au momen où nous cessons les prières ».

Alors seulement, au moment où ce que l'on peu appeler l’avant-messe prend fin, la prière commun étant achevée, l’eucharistie commence. Et san doute, l’eucharistie ou action de grâce est encor une prière, mais c’est une prière toute différent de forme, car c’est la prière monologuée de l'évêque

« On apporte, à celui qui préside les frères, d pain, une coupe d'eau et de vin. » Et encore : « D paia est apporté et du vin et de l’eau. » Justin n dit pas : celui qui préside la réunion, ilidit : celt

ênureheïolar éder, aÙÜros proc 1} Üneptrétn aÙtoù fBovAñce I Clem. xL, 1-3.

1. Cf. TZ Clem. xxxIV T : Kai Auets obv ëv éLovoiæ êmi To aŸrd où ayfevres TA ouveidnoer wc &Ë évès orouaros Boñowmey mpôc [feov

ui préside les frères. Cette nuance implique que président n’est pas un président occasionnel, mais lui qui préside en tout, celui qui est le chef de la aternité, l’évêque !. Justin ici fait écho aux affirations de saint Ignace sur la fonction épiscopale. n apporte du pain, du vin, de l’eau: &proç xat oc xal Üduwop — &pros xal moriprov Üduros xx xpéwatoc. ar xpäua, Justin désigne du vin coupé d'eau. Sur > point, personne ne partagera le scrupule de . Harnack qui a voulu faire dire à Justin que son icharistie avait pour espèces le pain et l’eau : le xte parle de pain et de vin coupé d’eau ?.

L'action de grâce ou prière eucharistique va comencer.

Le président des frères, ayant pris le pain et la upe qu’on lui a présentés, « adresse louange et loire au Père de tout » ce qui est, « par le nom du ils et de l'Esprit saint, il rend grâce longuement e ce qu'il nous a daigné donner ». On se rappelle assitôt les modèles de semblable prière donnés par | Didacheé et par les Acta loannis. Rien que dans allure de sa phrase, Justin met quelque chose de ur solennité et de leur inspiration. Toutefois cette hrase reste obscure sur un point, par trop de consion. L’évêque « rend grâce longuement » (eèyxotlav mowïirar mt mo), il remercie Dieu de ce qu’il 1. S. Clément est plus précis encore ; O$ oùv toc TPooTETAYUEVOLc | pos motoÜVTES Ts Toocpopac ATV EÜTPOGEXTOL Te za MOXGptoL, ic yäp vouimots Toù Deonérou &xohovbodvres (notons cette allusion des règles formelles attribuées au Christ lui-même) où àtauapro- UotV' TG yäp dpyuepet (var Aertoupylar dedopévar Eloiv, xai Toic JEUotv LO10s Ô TOO TPOGTÉTALTAL, Ha euitatc Lètat Oaxovior Èmi- LVTau' 0 Axïxoc &vOpwroc Toïc Auixoïs TpooTayMLaoLy DÉdeTO. XL, 4-5.

2. A. SCHEIWILER, Die drei Elemente der Eucharistie in den ersten ei Jahrhunderten (Maïnz 1903), p. 26-43 et 165-175.

a jugé les fidèles dignes de ces choses (ürép roù xer Eüofat roüruv map’ aùroù). Par « ces choses » on peu entendre le pain et le vin etle mystère qu'ils couvrent mais l’action de grâce ne s’enferme pas nécessaire ment dans ce thème, si riche soit-il. La foi au Fil et à l'Esprit est un don de Dieu dont il sied de remercier. Toute l'œuvre de Dieu, toute l’histoir du salut, peut être rappelée, et, de fait, dans le Die logue avec Tryphon, Justin unit à la fraction d pain l'usage de « rendre grâce à Dieu pour avoi créé le monde et tout ce qu'il renferme en vue d l’homme, pour nous avoir affranchis de la perversio dans laquelle nous sommes nés, pour avoir vaine les puissances mauvaises d’une victoire parfaite, pa celui qui s'est fait volontairement passible » !. Justi conçoit l'action de grâce sous une forme très simpl et très libre comme une improvisation dans un styl consacré. L'évêque fait l’action de grâce longuement écrit-il (ërt ro). Et encore : « Celui qui présid adresse à Dieu les prières et les actions de grâàc autant qu'il a de force » (on Süvauts aèri). L'inspira tion individuelle de l’officiant garde toute sa sponte néité. Ainsi en était-il des prophètes dans la Didachu L'action de grâce achevée, le peuple répond d'un voix : Amen. La prière eucharistique n'a été intel rompue, semble-t-il, par aucune acclamation. Justi poursuit : « Le président ayant rendu grâce, ce que nous appelons diacres donnent à chacun des ak sistants à participer à ce qui a été eucharistié, pair vin, eau ». Et encore : « Le peuple acclame Ame à

1. Dialog. M. Voyez dans l’épitre de saint Clément, ziX-LXI, un

xeloppement en style de prière qui donne une idée du style dé consacré de ces actions de grâce.

juis a lieu la distribution à chacun et la susception jar chacun des [choses qui viennent d’être] euchaistiées ».

Telle est la description de la « messe » donnée ar saint Justin, car c’est bien déjà la messe telle que lans sa structure liturgique elle s’est perpétuée : l’éément essentiel en cst l’action de grâce, dont Jusin montre toute la valeur.

Dans son origine d’abord, car l'institution de l’acion de grâce ainsi conçue remonte au Christ. Justin e l'affirme pas’au nom de la tradition non écrite : | n’est pas un pur témoin de l’usage romain : il cite les textes.

Les apôtres dans les mémorables que nous avons d'eux b qui portent le nom d’évangiles, ont rapporté que Jesus euravail prescrit ainsi. Ayant pris du pain, il avait rendu mäce et dit : Failes cela en mémoire de moi : Ceci est von corps. Puis, ayant pris la coupe, pareillement, il avait endu grâce et dit : Ceci est mon sang.A eux seuls il avait istribué [le pain et le vin]!.

Cette relation ne renferme pas un mot qui ne se etrouve chez les Synoptiques. À saint Luc, Justin bpris les mots : « Faites cela en mémoire de moi »;

4. I Apolog. Lx\1, 3 : Où yap dmôctohor Ev toits yevouévouç Ür” Ürov aropvnuovEeUmaotv, à xadeïtat EdayyéhLa, OÛTwWs napédoxav Vreta)üæt aûtots” Tov ’Incodv }aGovTa äprov etyaptorhoavra elnetv oÙto Touite Es TV &YAU.VrGLV [LOU, TOÜTO ÈGTL TO GG [LOU xaÏ TO OTNGLOY Ooiwc AuBGVTA KA EUVAPLOTÉGAVTA Eimeiv" TOTO ÉOTL TO ua pou xai ôvors aûrois meradodvar. Cf. Dialog. cum Tryph. 41 : tn: ceutÔdAEwS Tpoogoga.…. TÜTOc NV TOÙ Aprou The EUVApLOTIA, Mets &vauvnouv Toù rabouc… ’Incoëc Xpuoto: 6 xÜp10; u@v Tapédwxe FOtE LV.

et, comme saint Luc, il les a placés dans la fractior du pain, tandis que saint Paul les place dans la bé nédiction de la coupe.

Justin ramène les paroles de l'institution à leu plus simple formule, car il supprime tout ce qui che: les Synoptiques. et aussi chez saint Paul, donne à ce: paroles une signification sacrificielle. Il n’est plu: question de « sang de l’alliance répandu pour plu. sieurs », comme chez saint Mare; non plus que di « sang de l'alliance répandu pour plusieurs pour l: rémission des péchés », comme chéz saint Mathieu non plus que de « corps rompu pour vous » et di « nouvelle alliance en mon sang », comme chez sain Paul et chez saint Luc. Le rôle biblique du sang e de l'alliance et de la rémission s’efface chez sain Justin, qui ne retient que l'affirmation réaliste : « Cec est mon corps, ceci est mon sang. » Sans doute, Jus tin n'a pas manqué de voir dans la fraction du pain w geste fait « en souvenir de la passion » du Sauveur Mais il appuie avant tout sur l'affirmation d'identit du pain et du corps, du vin et du sang, et sur le pré cepte de la réitération du geste.

De plus, Justin insiste sur le fait, non pas quel Sauveur a rompu le pain (il n’en est pas fait mention! mais qu'il a rendu grâce : à deux reprises, Justi écrit que le Sauveur rend grâce, d’abord sur le pain ensuite sur la coupe. Le fait de rendre grâce (= proreiv) est à ses yeux capital dans cette commémé raison liturgique.

Cet aliment est appelé parmi nous eucharistie. Personn n'a le droit d'y participer, sinon celui qui, croyant à vérilé de notre doctrine, a reçu le bain [du baptème] pot

la rémission des péchés et la nouvelle naissance, et qui vit comme le Christ l'a prescrit 1.

Le sens du mot edyapiorix n’est pluslittéraire, mais technique : il désigne Les espèces sur lesquelles ont été prononcées les prières d’action de grâce. Comme pour l’auteur de la Didaché, le fidèle mange l’eucharistie. Il est d’ailleurs, et comme dans la Didackhé, seul admis à la manger. De même que le Christ a partagé le pain et la coupe de la cène avec ses seuls apôtres, ainsi l'évêque ne communie que les baptisés. Le baptème, qui a remis les péchés et donné la vie, a été la nouvelle naissance dont parlait l’entretien du Christ avec Nicodème. Au baptisé seul il sera permis de prendre part à la cène, à condition qu'il ait préservé en lui le don divin que lui a fait le baptème, en vivant comme le Christ veut que vive son fidèle.

Car cet aliment ou eucharistie n’est pas un signe vide.

Nous ne prenons pas ces choses [le pain et le vin] comme si c'était un pain commun el un breuvage commun. Mais de la manière dont Jésus-Christ notre Sauveur, fait Chair par une parole de Dieu, a eu une chair et du sang pour notre salut, ainsi, eucharistiée par une parole de prière qui vient de lui, cette nourriture — et par cette nourriture notre sang el notre chair à nous sont nourris par assimilation, — est la chair et le sang de Jésus fait chair, nous en avons été instruits ?.

Aux yeux de la foi, ce pain et ce vin, sur lesquels

Page 1