‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 67 sur 164 · PLIN. Epistul. X · texte numérisé non relu

PLIN. Epistul. X

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lle est prononcée deviennent ce qu'ils n'étaient pas, a chair et le sang du Christ : rñv edyaptornbeioxv jpopñv éxetvou ToÙ capxomomnbévroç ’Incod xat capxa xa! fue éôayfmuev eva. M. Loofs imagine que Justin bauche une théorie, qui reviendrait à ceci: de même que dans l’incarnation le Verbe s’est uni à la chair, insi dans l’eucharistie le Verbe s’unit au pain et au in : c'est l'Assumptionstheorie, conclut M. Loofs !. Assurément, mais ce n’est pas la pensée de saint Justin. M. Loofs, en effet, suppose que Justin a une christologie consistant à affirmer l'union immédiate du Àodyos à la o&p5. Supposé que la christolovie de Justin se réduisit à ces deux termes, et cela même n'est pas acquis ?, il faudrait, pour appliquer ce schéma christologique à l’eucharistie, que le Verbe intervint dans l’eucharistie telle que la décrit Justin. Or, précisément, Justin ne fait pas intervenir le Verbe dans l'acte par lequel le pain et le vin sont eucharistiés, mais seulement le &y%< \oyos, ce qui est tout autre chose. Et il ne nous dit pas que le Verbe est uni au pain ou au vin, mais que « cette nourriture eucharistiée est la chair et le sang de Jésus fait chair ». L'affirmation de Jusin ne dépasse pas l'affirmation de Jésus : le pain est la chair. La foi de saint Justin est exactement dans la ligne catholique, n’en déplaise à M. Loofs; seulement, Justin n’esquisse ni même ne paraît avoir aucune théorie, et il pose le réalisme sans l'expliquer. Sa foi lui dit qu'il n'y a pas de docétisme dans l’in- Carnation, pas plus qu'iln'y a de docétisme dans l'eu-

a. art. Abendmahl, p. 41 de la Realencyklopädief, t. I (Leipzig

2, TIXERONT, Histoire des dogmes, t. I (Paris 1905), p. 242.

charistie, sans qu'il cherche à établir entre l’incar nation et l’eucharistie une analogie autre que 1 réalité de la chair et du sang. D’autres écrivain ecclésiastiques, plus tard, chercheront à appliquer l’'eucharistie le même mode d'union qu'ils conçoiven pour l'incarnation. Mais, avec Justin, la spéculatio chrétienne n’en est pas encore arrivée à ce stade d son développement.

On peut mème dire que Justin n'a pas plus d théorie du réalisme de l’eucharistie, qu’il n’en a du réalisme de l'incarnation. Il les pose tous deu comme des faits que la puissance de Dieu suffit expliquer. « Jésus est né d’une Vierge, par la vert de la parole (dx duvéuews rod Acyou), conformément au décret du Père de l'univers !. » Pareillement, la vertu de la prière eucharistie le pain et le vin qui sont désormais la chair et le sang, non pas du Verbe, mais de Jésus fait chair. À l'expression Gux Guvauewc voù Adyou s'oppose l'expression Ôv eüyñe Acyou, la première est tout le comment de l’incarnation, la seconde tout le comment de l’eucharistie. En appeler, pour expli quer le surnaturel, à la toute-puissance de Dieu, c’est invoquer le mystère, mais non exprimer une théo» rie.

Reste le pourquoi de ce mystère perpétué. Jésus a été fait chair pour notre salut : ainsi, cette chair nous est donnée pour notre nourriture. La chair du Chris et son sang nourrissent notre chair et notre sang selon les lois naturelles de la nutrition, c’est-à-dire par l'assimilation (xara mera6olñv). Dans ces mots: dont on a beaucoup abusé, nous reconnaissons le

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