I Apolog. xLvi1, 5. Notons l'équivoque. du terme À6Yoc
ensée, — celle-là même qui dans la Didaché, raprochaït la « nourriture spirituelle » et la « vie éterelle », — celle-là aussi qui faisait appeler par saint nace l’eucharistie « le remède de l’immortalité » et l’antidote pour ne pas mourir » ; — la pensée, dis-je, ui a Ou paraît avoir sa Hartaee dans le quaième Évangile : : « Celui qui mange ma chair et oit mon sang a la vie éternelle ». L'eucharistie, qui st une nourriture, n'est pas une nourriture ordinaire, ue nous prenions pour notre subsistance physique. ette chair du Christ est si réellement un aliment et on sang si réellement un breuvage, que notre chair et otre sang en sont nourris selon les lois de la nutrion : mais cette chair du Christ donnera à la nôtre ne subsistance d'un autre ordre, la vie éternelle. insi croyons-nous qu'on peut interpréter la pensée e saint Justin.
Nous écartons, par là, les sens subtils que l’exression xarx meraboañv à suggérés à trop de dogiatistes, car on a été jusqu à vouloir y découvrir une héorie de la conversion de la substance du pain en à substance du corps du Christ ‘. Pareille métahysique n'existe pas pour saint Justin, dont la penée s’est arrêtée au seuil du mystère eucharistique. ustin a connu l’eucharistie par la liturgie. Il l’a ue comme à travers l’action de grâce Élorecle
4. STRUCKMANN, p. 58, note cependant que cette interprétation exessive est abandonnée parmi nous catholiques, depuis Düllinger Die Eucharistie in den ersten drei Jahrhunderten, Mainz 1826).
Le cardinal FRANZELIN, Tractatus de SS. Eucharistiae sacramento tsacrificio (Rome 1873), p. 87, traduit ainsi : « Quemadmodum er verbum Dei caro factus Iesus Christus salvator noster et carem et sanguinem habuit pro nostra salute, ita eliam illam alimolam, ex qua sanguis et carnes nostrae per conversionem aluntur, docti sumus esse incarnati illius Iesu et carnem et sanguinem. »
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de l’évêque, présentée sous son aspect réaliste : il a mangé la chair et bu le sang de Jésus incarné, et n’a pas cru que ce fût là un miracle plus difficile à Dieu que l'incarnation, la puissance divine étant ouvrière de prodiges.
Un dernier trait achève la description de l’eucharistie dans saint Justin : l’eucharistie est une Guoix. Des critiques comme M. Andersen, quand ils s’efforcent d'attribuer à l'époque de saint Cyprien et tout au plus à l’époque de Tertullien, l'apparition de l’idée de sacrifice dans la croyance ecclésiastique, témoignent qu'ils retardent vraiment trop sur la critique d'aujourd'hui. M. Harnack, du moins, a le mérite d'avoir fait prévaloir l'opinion qui attribue à l’intro= duction de l’idée de sacrifice une date bien plus haute, si tant est qu'on puisse fixer une date. L’as bolition du culte sacrificiel du Temple de Jérusalem n'avait pas, ne pouvait pas avoir pour effet d'abolit le devoir naturel du sacrifice à Dieu; maïs la loi nou: velle transformait ce devoir en une obligation plus pure, toute spirituelle et morale, qui faisait un sacris fice infiniment agréable à Dieu des vertus des chrés tiens et surtout de leur prière !. Or la prière la plus auguste était l’eucharistie, la prière liturgique, le prière prononcée par l’évêque. Le sacrifice eucharis tique était donc un sacrifice de prière ?. $
Telle est la théorie qu’une critique plus atter tive oppose à celle que M. Andersen a empruntée sans doute à la vieille orthodoxie luthérienne. Ca
4. Voyez Barnab. epistul. n, 6, avec la note de Funk sur ce texte Voyez aussi Didaché, x1v, 1-8.
2. Dogmengeschichte, t.1, p. 201. Cf. M. Rexz, Geschichte des Messop fer-Begriffs, t. I (Freising 4901), p. 461. & +
est le malheur de nos études que l’on doive y être nstamment en garde contre les retours offensifs des Anabaptistes » !
Je ne crois pas que l’on puisse nier qu'il y ait tre la doctrine de saint Cyprien et la doctrine de int Justin, en ce qui concerne la conception sacriielle de l’eucharistie, plus d’une nuance de diffénce; mais je ne crois pas non plus que Justin ie dans l’eucharistie un « sacrifice de prière » ulement. Il faut concéder que Justin a écrit que jeu n’a nul besoin des sacrifices sanglants, des bations, de l’encens, et qu'il n’a d’agréable que S prières qu'on lui adresse à propos des offrandes . ii sont faites par les fidèles en vue du culte, ofandes qui servent soit à l'usage des fidèles euxêmes, et c’est le pain et le vin de l’eucharistie, soit soulager les pauvres, et ce sont alors les aumônes 1 nature, faites du surplus !. Justin donne très airement à entendre que cette prière solennelle, lle au cours de laquelle et par laquelle le pain et » vin sont eucharistiés, constitue le sacrifice que jeu attend des fidèles de la loi nouvelle. Mais Jusn s'exprime ainsi dans son Apologie, dans un issage où il s'applique à montrer l'opposition qui iste entre le culte païen tout matériel, et le culte irétien spirituel, intérieur et autrement digne de jeu.
Au contraire, dans le Dialogue avec le juif Trybon, Justin tire argument contre le juif du texte de lalachie où Dieu déclare que les sacrifices (Gvoiu) des
1 Apolog. xur, 1-2. Cf. Tryph. 116, où la vertu de tout chrétien un sacrifice.
ÉTUDES D'HISTOIRE, — T. Il. 9
Juifs ne sont pas acceptés par lui, et que parmi 1 nations non juives en tout lieu on offre l’encens son nom et un sacrifice pur !. Et là Justin ide tifie le sacrifice pur offert en tout lieu, non p avec la prière de l’eucharistie, ce qui justifiers M. Harnack, mais avec le pain et le vin de le charistie?.
La pensée de saint Justin est loin d'être arrêté et l'on peut regretter que le texte de Malachie, q au propre, sinon au figuré, n'a pas trait à l’euch: ristie, soit introduit ainsi dans la théologie en fo mation. Mais, si ce texte est destiné à influer s cette formation même, on doit remarquer que la co ception sacrificielle de l’eucharistie n'en est pi sortie. M. Harnack n’a pas le droit de dire que M lachie est le premier fondement de la doctrine « sacrifice de la messe. Il est mieux inspiré, noi semble-t-il, quand il mentionne le roÿro touirz de l'in titution comme déjà une indication que la fraction € pain et la bénédiction de la coupe étaient tenues pot un acte de culte analogue à un sacrifice, ouiv prenal ici le sens de Geuv. Or saint Justin use du terme rot pris à saint Paul; il en use en y joignant la mentic du souvenir de Jésus, et d’un souvenir plus pré@ encore, celui de la passion de Jésus. Là est la vé table origine de la conception sacrificielle , et Just
4. Malach.1, 40-41: Tüç Ouoias ÜLOv où rpocdé£ouar Ex Toy yel duGv,... v Tavti TÔT Ouuiae TpocpÉpETOL TD OVÉLETÉ LOU zœi OÙ xa0apa xt).
2. Tryph. M : IMepi dE tv év tavri tÔnw Üo) AuGy roy E TROGPEROLLÉVOY aôru Guoiüv, |TOUTÉGTL ToÙ dprov This eüyap Aai TOÙ TOTNpiou OHLoiws Ths ebyaptotias, mpo}eyet [6 Beoci. Le texte (voyez la note ci-après) montre que l’on doit entendre « le de l’eucharistie », non « l’eucharistie du pain ».
a trouvée au bon endroit !. Mais il l’a esquissée en assant sans s'y arrêter.
Saint Irénée, mieux peut-être que saint Justin, apartient à ce catholicisme tutioriste du second ècle, qui veut s’en tenir aux données directes et ires de la tradition, qui s’interdit de spéculer et e développer, füt-ce pour mieux comprendre. Sa léthode consiste à puiser ces données fondameniles dans l’enseignement des églises d’origine aposlique.
Asiate de naissance, disciple de Polycarpe, qui avait été de l’apôtre Jean à Éphèse, il a passé par ome vers le temps où Justin y enseignait, et vers 75-190 il est à Lyon, évêque. IL est en communicaon avec toutes les églises, témoin son intervention ans la discorde pascale et l’accommodement qu'il rocure entre l’église de Rome et l’église d'Éphèse. a conscience qu'il a de l'unité vivante de la foi se ‘ansforme chez lui en critérium de cette foi même : “aime à en appeler à la foi de « l'Église dispersée ans tout le monde habité et jusqu'aux extrémités de terre », de «l'Église dispersée dans toutle monde en-
4 Tryph. M1 : % ric ceuÔLdEUS Roocoopa..… TÜTOc Av TOÙ ÉpTOU The JYAOLGTIAS, ôv els &véuvnotv Tob xébous, 09 érabsy dép sav zaboœr- JLEvwy Tac Vuyac Gxo mécnc rovnpiac avÜpwrwy, ’Incodc Xotords AÜpros AUOY TALÉWEE TOLEV, va ua Te edyapioTouEv T© eo D Tryph.10 : … xoù äotov, Ôv rapédwxey uiy 6 nuérepoc Nototoc HET eiz avéyynov TOÙ TE couatorotoachar adtov Ô:X To rt- EEVovt 2 etc adTov, dt oÙs za Tabnrèc YÉYo VE, ZA TEQÙ TOÙ TOTNLIOU, Elc avauvnoty ro aluaroc adtoÙ napedwxEv SÜYapLOTOUVTOS TOLEÈV xivstot.