‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 7 sur 164 · Eph. 1,7; Col.1, 14 et 20; Rom. v, 9. Cf. Heb. 1x · texte numérisé non relu

Eph. 1,7; Col.1, 14 et 20; Rom. v, 9. Cf. Heb. 1x

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critiques qui voudraient que l'interprétation de la mort du Christ comme un sacrifice rédempteur füt une interprétation exclusivement paulinienne. Ici, en effet, se vérifie l’assertion de M. Harnack, que déjà le premier cercle des disciples de Jésus tenait la mort du Christ pour le centre de toute une spéculation, et que saint Paul n’a pas été le premier à spéculer dans cette pensée !. Car le récit de la cène, tel qu'il est rapporté par saint Paul, est par lui présenté comme une tradition qui vient du Seigneur lui-même. Si quelque part Paul pouvait montrer le point d’attache de « son évangile » et de l’enseignement du Seigneur, où pouvait-ce être mieux : que dans ce récit traditionnel de la cène?

Le Christ, dans la cène selon Paul, annonce donc sa mort rédemptrice, et du pain et de la coupe il fait ce que l'Église appellera le « sacrement » de son sacrifice sanglant. Car cette annonce n’est pas une simple annonce, plus ou moins énigmatique, de la

. passion et de la croix. Les paroles rapportées par

Paul expriment que ce geste du pain et de la coupe sera réitéré par les disciples. Sur le pain, le Christ leur a dit : « Faites cela en mon souvenir. » Sur la coupe : « Faites cela, chaque fois que vous boirez, en mon souvenir ». Le Christ disparaîtra de ce

monde; encore un peu de temps et on ne le verra

plus; en souvenir de lui, ses disciples feront ce qu’il a fait devant eux. Ce trait du récit paulinien — rodto moteire eîç Tv ÉUNV ÉVAUVNOL — roÙro moucite, OGdxLG 2kv mivnte, sic Tv uv dvéuvnouw — a une valeur singulière, puisque ni Mathieu, ni Marc ne le donnent.

1. Essence du christianisme (éd. franc.), p.164 et Dogmengeschichte, t. 1 (Freiburg 1894), p. 64.

Luc, seul, le notera à propos du pain : roÿro moreïre eis rüv éuhv &véuvnotv. La solennité de ces paroles est grande; elles ont rappelé à quelques exégètes les paroles de Iahvé instituant la pâque ! ; mais, à vrai dire, il n’y a aucun emprunt à l’Exode et les paroles de Jésus ne sont pas même une réminiscence. )

Le sens de tout le récit paulinien de la cène est développé par l’apôtre dans les lignes qui suivent immédiatement ce récit :

Car chaque fois que vous mangez ce pain el que vous buvez celte coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, Jusqu'à ce qu’il vienne ?.

Ces mots ne sont pas mis sur les lèvres du Christ, ils sont de Paul; ils sont une conclusion que Paul tire des paroles de l'institution qu'il vient de rapporter; ils sont un éclaircissement de ce que ces paroles ont de trop concis et d’obscur dans leur teneur traditionnelle. Le Christ avait dit : 6céxiç tv mivnre. Fallait-il entendre littéralement : chaque fois que vous buvez et dans n'importe quel repas? Paul répond, en reprenant le mot même : écaxç yap èxv écbinte roy dprov tobrov xai To roriotov mivnre… Ce pain et ce vin ne sont pas une nourriture commune, mais à part et d’une signification religieuse exceptionnelle. Le pain et la coupe ne doivent pas être séparés, car ils sont un même « sacrement ». Vous annoncez la mort du Seigneur : tov 6ivarov roù Kupiou xatæyyéhhers. Non : Vous annoncerez, comme traduit la Vulgate. Ni : An-

4. Exod. xit, 14 et xur, 9 (Écran quépax dut aÜTn HLUNLLGGUYOY — Écrat cot cnuetoy Éni Tic 4etpÔc ou xai LYNUOTUVOY mpù 0202) uov cou). :

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