‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 71 sur 164 · Euses. HA. E. V · texte numérisé non relu

Euses. HA. E. V

2, HARNACK, Mission, p, 269, énumère les étrangers de marque We nus ainsi à Rome, hérétiques ou catholiques : Polycarpe, Valentin Cerdon, Marcion, Justin, Tatien, Hégésippe, Rhodon, Irénée, Apelles

Florinus, Proclus et divers montanistes, Praxeas, etc. Pour le secont siècle, sur vingt-quatre noms, onze sont de chrétiens d’Asie. £

lui, fait que confirme l'inscription d'Abercius, est un indice que l’eucharistie à Rome était unique et le signe de l'unité. Cette règle et cette croyance trouveront plus tard leur confirmation dans l'usage du fermentum *.

Ces brèves indications liturgiques que donne saint [rénée confirment et complètent les indications de saint Justin : de même, le récit de Justin sur l'institution de l’eucharistie par le Sauveur a son analogue chez Irénée.

Sed et suis discipulis dans consilium primitias Deo offerre ex suis creaturis… eum qui ex creatura panis est accepit, et gratias egit dicens : Hoc est meum corpus. Et calicem similiter, qui est ex ea creatura quae est secundum nos, suum sanguinem confessus est, et novi teslamenti novam docuit oblationem, quam Ecelesia ab apostolis accipiens in universo mundo offert Deo *.

Le Christ a pris du pain, du vin, des éléments matériels communs, les mêmes que la création nous donne tous les jours. Il a dit du pain : « Ceci est mon corps. » Il a dit du vin : « Ceci est mon sang. » Juslin: avait rapporté l’institution dans ces termes mêmes. Mais Justin ne faisait nulle mention de la nouvelle alliance : Irénée non plus, mais il pose à la place lidée d’oblation, en exprimant que cette nouvelle dblation est celle que l'Église depuis les apôtres offre

4. Le fermentum, écrit M: Duchesne, était une portion du pain onsacré à la messe épiscopale que l’on envoyait le dimanche aux prêtres des titres ou paroisses urbaines, pour être joint à leur probre consécration. C'était un symbole de l’unité de l’église locale et en particulier de son union étroite dans la célébration du mystère eucharistique. Liber pontif, t. I, p. 169. Tel était l'usage encore au début du v° siècle. Le pape Innocent Ier le décrit dans sa lettre à

Decentius, évêque d’Eugubbio.

2, Contra haer. IV, xvui, 5. Rapprocher V, 11, 2.

à Dieu dans le monde entier, allusion directe au texte du prophète Malachie. De plus, cette mention des apôtres est un rappel de l'autorité de la tradition ecclésiastique au sujet de l’eucharistie : cette tradition est celle des apôtres, « £cclesia ab apostolis accipiens ».

Institution du Christ, l’eucharistie nous donne se chair et son sang. Ici encore est invoquée la toutepuissance divine capable de tous les prodiges. Puisque le Christ est le fils de Dieu et le Verbe par qui le monde a été créé et à qui toute puissance appartient sur la matière, l’eucharistie peut être la chair et le sang du Christ. Les hérétiques qui nient la divinité et la mission du Verbe ne pourront admettre l’eucharistie.

Quomodo constabit eis eum panem in quo gratiae actae sint corpus esse Domini sui, et calicem sanguinis eius, si non ipsum fabricatoris mundi Filium dicant, id est Ver: bum eius, per quod lignum fructificat, et defluunt fontes, etterra dat primum quidem fenum, post deinde spicam, deinde plenum triticum in spica? ?

Ce pain est donc le corps du Seigneur, ce calice est donc son sang : Irénée professe le même réalisme que Justin.

Même affirmation aussi sur la cause efficiente de ce réalisme : la prière prononcée sur le pain est in: tervenue pour faire que ce pain soit le corps du Seigneur, « eum panem in quo gratiae actae sënt Cor: pus esse Domini ». Justin parlait d’un eèyñs yoc 6 rap airoù, d'une formule de prière qui vient de Jésus « Irénée, moins précis, parle d’un Xdyos roù 6eoù, comme

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