Loors, Abendmahl, p. 48. STRUCKMANN, P
autem caeleste ? spiritus !. » L'effet de l’eucharistic on le dira plus loin, étant de conférer la vie, c’es donc que l’eucharistie, qui est la chair du Chris est aussi son esprit. La chair sera l'élément terres tre, l'esprit l’élément céleste : « Offerimus ei qua sunt eius », nous offrons le pain et le vin, « cor gruenter communicationem etunitatem praedicanté carnis et sptritus », dit Irénée en parlant de l’euch ristie ?.
La correspondance de la doctrine d’Irénée et de 1 doctrine de Justin se poursuit dans l'affirmation d’un même raison d’être de l’eucharistie. La résurrectio de la chair est rendue croyable par l’eucharistie puisque l’eucharistie est un principe de vie :
Quomodo autem rursus dicunt carnem in corrupti nem devenire et non percipere vitam, quae corpore De mini et sanguine alitur?.… Nostra autem consonans e. sententia eucharistiae, et eucharistia rursus confirme sententiam nostram.… Corpora nostra percipientia euchu ristiam am non sunt corruplibilia, spem resurrectiont habentia 3.
Les païens n’ont pas le droit de dire que not chair périt à jamais, puisque cette chair est nourr du corps et du sang du Seigneur : en recevant l’e charistie nos corps deviennent incorruptibles, l'espo de la résurrection est acquis. C’est dans cet effet pr duit par l’eucharistie que se manifeste plus forteme encore le réalisme d'Irénée :
.… per creaturam nutrimur, creaturam aulem ipse bis praestat, solem suum oriri faciens, et pluens, quema 4. Contra haer.W, 1x, 3.
2 IA IN, STE 3. Ibid.
modum vult; eum calicem, qui est creatura, Suum sanquinem qui effusus est!, ex quo auget nostrum sanguinem ; el eumpanem, qui est a creatura, suum corpus confirmavilt, ex quo nostra auget corpora. Quando ergo et mixtus calix et factus panis percipit verbum Dei, et fit eucharistia sanguinis et corporis Christi?, ex quibus augetur et consistit carnis nostrae substantia ;: quomodo carnem negant capacem esse donationis Dei, quae est vita aeterna, quae sanquine et corpore Christi nutritur et membrum eius est ? Quemadmodum et beatus Apostolus ail. quoniam membra sumus corporis eius, de carne eus et de ossibus eius, non de spiritali aliquo et invisibili homine dicens haec, Spiritus enim neque ossa neque carnes habet, sed de ea dispositione quae est secundum verum hominem, quae ex carnibus et nervis et ossibus consistit, quae de calice qui est sanguis eius nutrilur, et de pane quod est corpus eius augetur… Sic et nostra corpora ex ea nutrita et reposita in terram et resoluta in ea, resurgent in suo tempore, verbo Dei resurrectionem eis donante.
Pour Irénée, notre chair est nourrie réellement par le corps et le sang du Christ (äxd rob cwuartos xai ximatos Toù xuptou tpepouévnv) : le sang du Christ s'ajoute à notre sang {12 fuérepov deuer aiua), la chair u Christ engraisse notre chair (r5ù fuérepx aber jüuara) : l'eucharistie s’assimile physiquement à la ubstance de notre corps (xat ouvioratar À Tic capxès Wév üroctasic). Ne dites pas que c'est en nous homme spirituel et invisible qui s’assimile la chair 3t le sang du Christ. Non, nous devenons les memres du Christ, la chair de sa chair, les os de ses os, elon ce que dit saint Paul : or est-ce qu'un esprit
1. Au lieu de qui effusus est, le grec porte ou0)6Yncev, confessus est. 9. Le grec lit : yivetat edyaptotia cœua Xptotoÿ- W3. Contra haer. V, 1, 2-3.
a une chair et des os? C'est donc l’homme, dans l’économie de sa chair, de ses nerfs, de ses as, qui s’assimile le pain et le vin, le sanget la chair du Christ (êx rod mornpiou 8 éate td aîua œûrod vpépetat, xai x vod dprou 6 éort To oûüux abroù aber). Et, parce que notre chair aura été nourrie de ce divin aliment, elle devient incorruptible et capable de ressusciter.
Tertullien répétera presque dans les mêmes termes ces affirmations d’Irénée, qui sont celles de Justin, sur l’effet de l’eucharistie. A leurs yeux, la résurrection de la chair est un article de foi plus difficile à croire que celui qui consiste à dire que le pain est la chair du Christ, et voilà pourquoi l’eucharistie est, par l'effet qu'ils lui attribuent, un argument en faveur de la résurrection des corps. Quant à expliquer com: ment le pain de l’eucharistie est la chair du Christ, le vin son sang, Irénée n’en prend pas soin plus que ne faisait Justin, car ils s’interdisent de spéculer sur les mystères de la foi. De plus, le rapport de la chair du Christ au pain eucharistié est un problème qui; pour être abordé autrement que ir confuso, exige que le problème de l'incarnation ait été lui-même posé en termes précis : { rénée, Justin, viennent trop tôt. Tous deux sont obligés de rester aux abords de ces problèmes sans les poser, et de s’en remettre à la toute-puissance de Dieu comme à l'explication première et dernière.
Un trait encore, et la conformité sera complète entre la doctrine d’Irénée et celle de Justin. Dieu; écrit Irénée, ne cherchait pas les sacrifices et les holocaustes, mais il requérait la foi, l'obéissance et la justice, pour opérer ainsi le salut des Juifs : « Je
| SAINT JUSTIN, SAINT IRÉNÉE, ABERCIUS. 157 . veux la miséricorde, non le sacrifice », est une parole de Dieu dans les prophètes. Le Seigneur Jésus n’a pas enseigné autre chose. Il a voulu que ses disciples offrent à Dieu les prémices de la création, le pain et le vin, son corps et son sang, et que telle soit l’oblation de la loi nouvelle (e£ nov testamenti novam docuit oblationem, quam Ecclesia ab apostolis accipiens in universo mundo offert Deo), selon ce qu'a prophétisé Malachie en pensant au sacrifice qui est le nôtre (manifestissime significans per haec, quoniam prior quidem populus cessabit offerre Deo, omni autem loco sacrificium offeretur ei, et hoc purum)\.
Toutefois, saint Justin rattachaïit le sacrifice eucharistique à la passion du Christ, et Irénée perd entièrement de vue cette relation. Irénée semble voir | dans l’eucharistie l'oblation des prémices de la terre?; à ce compte la loi nouvelle ne différerait pas de celle qu'accomplissait Melchisédech! L’autel des chrétiens n’est pas sur terre, mais dans les cieux, et à cet autel montent leurs prières et leurs oblations (Est ergo altare in caelis, illuc enim preces h nostrae et oblationes diriguntur)*. Enfin, ce sacrihfice vaut par la conscience du chrétien qui l'offre à | Dieu :
Oportet enim nos oblationem Deo facere, et in omnibus