‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 75 sur 164 · Contra haer. IN, XVII · texte numérisé non relu

Contra haer. IN, XVII

2. Voyez V, x, 2: « Oleaster inserta, substantiam quidem ligni non amittit, qualitatem autem fructus immutat et aliud percipit vocabulum... Sic et homo per fideminsertus et assumens spiritum Dei, substantiam quidem carnis non amittit, qualitatem autem fructus operum immutat, et aliud accipit vocabulum significans illam quae in melius est transmutationem. »

l'interprétation a soulevé une controverse, aujourd’hui close, mais qui est dans toutes les mémoires !. Nous rappellerons le texte de l'inscription de l'évèque Abercius :

Citoyen d'une ville distinguée, j'ai fait ce [monument] de mon vivant, afin d'y avoir un jour une place pour mon corps. Je me nomme Aberkios; je suis disciple d’un saint M pasteur, qui fait paître ses troupeaux de brebis sur les montagnes et dans les plaines, qui a de grands yeux dont le regard atteint partout. C'est lui qui m'a enseigné les écritures fidèles. C’est lui qui m'envoya à Rome, contempler la majesté souveraine et voir une reine aux vêtements d’or, aux chaussures d’or.Je vis là un peuple qui porte un sceau brillant. J'ai vu aussi la plaine de Syrie, et toutes les villes, Nisibe au delà de l'Euphrate. Partout j'ai trouvé des confrères. Paulos était mon compagnon. La foi me conduisait partout ; partout elle m'aservi en nourriture un poisson de source, très grand, pur, pêché par une vierge sainte : elle le donnait sans cesse à manger aux amis; elle possède un vin délicieux qu’elle donne avec le pain. — J'ai fait écrire ici ces choses, moi, Aberkios, à l'âge de soixante-douze ans. Que le confrère qui les comprend prie pour Aberkios — On ne doit pas mettre un autre tombeau au-dessus du mien sous peine d'amende : deux mille pièces d’or pour le fisc romain ; mille pour ma chère patrie, Hiéropolis.

Abercius, évêque de Hiéropolis en Phrygie, nous apprend qu'il a beaucoup voyagé à travers les églises, ainsi que vers le même temps Méliton évêque de Sardes avait fait. Abercius est venu de Phrygie en Syrie, c’est-à-dire vers Antioche, d'où il a poussé

4. Il suffira de renvoyer à notre article « Abercius » du Dictionnaire de théologie (1898) et à l’article « Abercius » de dom Leclercq du Dictionnaire d'archéologie chrélienne (1903).

jusqu’à Nisibe. Il est allé à Rome, but suprême de: son voyage. Or partout il a trouvé des chrétiens, et partout le même culte.

Ce vin délicieux, ce mélange de vin coupé d’eau (xépaoua), ce pain, que la Foi sert à manger aux amis, en toute ville où il s’en rencontre, c’est le geste litur-

gique. Ce poisson très grand, ce poisson de source; ce poisson pur qu'a pêché une vierge pure, c’est le mystère du réalisme : Jésus né dans les flots éternels de la Sagesse divine, donné au monde par la conception virginale de Marie, devenu nourriture du fidèle dans l’eucharistie. Pain et poisson, ces deux mots sont une réminiscence de l'Evangile, et du miracle de la multiplication des pains : mais, dans l'Évangile, les pains et les poissons sont multipliés ensemble, loin que sous les apparences des pains les Juifs aient reçu des poissons. Les beaux vers d’Abercius, comme toutes les représentations figurées des catacombes, sont dans l'impuissance d'exprimer l'inexprimable, de représenter l’irreprésentable : ils restent en deçà des formules si rigoureuses de saint Justin. Ils insistent sur l’idée de repas et de nourriture.

O race divine de l'IXOYZ céleste, recois avec un cœur plein de respect la vie immortelle parmi les mortels; rajeunis ton âme, mon très cher, dans les eaux divines, par les flots éternels de la Sophie qui donne les trésors. Recois l'aliment doux comme le miel du Sauveur des saints; mange à la faim, tu tiens l'IXOYZ dans tes mains.

Ainsi s'exprime l’épitaphe de Pectorius, d’Autun, à peu près contemporaine de l’épitaphe d’Abercius, et écrite en forme d’acrostiche sur le mot IXGYS.

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