‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 82 sur 164 · Paedagog. I, 6 (col. 292 C · texte numérisé non relu

Paedagog. I, 6 (col. 292 C

nca à.

ais alors que sera cette nourriture solide, dont rle l’apôtre? Les adversaires de Clément identint le lait avec le christianisme élémentaire (rpürx fruata), et ils identifient la nourriture solide avec christianisme supérieur (rvevuarixat Emiyrwoet), ils traitent cette gnose de chair et de sang de sus !. | Clément leur répond par une théorie physioloque, d’après laquelle le sang est le premier éléent engendré dans l'embryon : le sang en s’épaisssant forme la chair, et en se subtilisant forme le it, comme en se putréfiant il forme le pus : transrmation de qualité, non de substance ?. Le sang ssemble à la nourriture spirituelle, et l’on peut dire le le sang du Verbe se comporte comme du lait. Verbe fait chair est devenu une nourriture spiripie pour les sages. L’ Église, qui est la Vierge ère, n'a pas de lait pour nourrir ses enfants, parce e son premier-né qui est Jésus est le lait qu'elle mne : le corps du Christ nourrit cette multitude nfants. « Le Verbe est tout pour l'enfant, il est re, mère, pédagogue, nourrice : Mangez ma chair, il, buvez mon sang : voilà les aliments que le igneur offre, la chair qu'il présente, le sang qu'il se : rien ne manque pour la croissance de l’ent. »

Si nous avons rendu fidèlement la pensée de ément, il ressort de cette analyse que les virut és au divin Pédagogue, nourris par lui, sont

Id. (col. 296 C).

Id. (col. 297 C) : résyer ce pe ETaGo} NV XATA KOLTNTA, où xaT’ OÙGEXY. Id. (col. 300 B) : aùtos lé X6yos] Hôn TROP} YÉYOVE RVEUUATIXT S'cwosoctv.

nourris de la connaissance de Dieu et en cela pe ticipent au Verbe qui est leur lait : ce lait € aussi bien la chair et le sang du Christ. Sous to ces traits figurés, on reconnaît la gnose telle q la définit et la pratique Clément, mais non l’euch ristie.

Clément insiste pour nous en mieux convainci Tout ici est allégorie, dit-il. L'Esprit saint est sy bolisé par la chair : n'est-ce pas en effet l'Esprit q a été le démiurge de la chair? Le Verbe est sy bolisé par le sang : n'est-ce pas le Verbe qui don la vie, comrae le sang la donne au corps? Le S. gneur est le mélange de l'Esprit et du Verbe, et Seigneur est la nourriture des virur. Or le Seigne Jésus est le Verbe de Dieu. Donc le Verbe de Di est notre nourriture !. Oui, c’est le Verbe que na buvons : le Verbe n'est-il pas aussi bien appelé all goriquement fontaine de vie et fleuve d'huile 2? le Verbe est bu, il peut être mangé, car ce qui breuvage sous un certain aspect, peut être alim sous un autre aspect. Mais ces termes concf ne sont que des représentations allégoriquesM Verbe *. Qui dit lait dit la même chose que sa et ces termes ne sont que des symboles de la sion et de l’enseignement du Seigneur : ro aÿrow

1. Id. (col. 301 B) : Zxpxa uiv To Ilveduæ To &yrov an yopE au Autv Tôv Àdyoy aœivitretat.…, ñ pots CE ñ AUpoiv 6 XUpL TROP TOV VNTÉWV..., h TOOPN TOUTÉOTLV AUPLOC ’Incoùc, Touré 16yoc toù beoù.

2. Id. (col. 30% B) : Iliverou © X6yos, à tpoph Ts &AnOeixc. — Al Tôv Où To aûTo xai poux eivat Tu; Eyov xai Torov Tpùs EAN &X)o vooUmEvov. ;

3. Id. (col. 305 B) : Oütw no ay&c &Anyopetras Ô Adyoc, xai fp@ xai GùpË, xai Tpopñ, xaù Gproc, «ai aie, xai YAAG ETAVTE 0 XV

se

ua xat yaha toù Kuplou mafouc xai ôaoxadiac oûupAov !.

Ne cherchez pas ici une théorie de l'eucharistie : jais ne vous étonnez pas que les expressions de lément aient pu donner le change sur ce point, car e sont les mêmes expressions dont il usait pour écrire l’eucharistie. Il n’est pas jusqu'au terme de &cx qui ne serve aux deux descriptions : l'euchaiStie est la xpäou du vin et du Verbe, le Seigneur est à xpäcu de l'Esprit et du Verbe, et dans les deux as il est question d’une nourriture (xpoyñ), mais tanis que la nourriture est, dans le premier cas, l’euie dans le second, c’est la gnose ?.

Cette distinction, qui est fondamentale, autorise dire que les critiques se sont trompés qui ont, mme Steitz, cru voir se former à l'issue du second ècle si profondément réaliste, une conception radiement contraire qui serait un pur symbolisme, pnception d'origine alexandrine et dont Clément srait le premier représentant. Ce symbolisme se >rait résolu, au 1v° siècle, en un dynamisme, qui i-même aurait abouti, sur la fin du 1v° siècle, à ne théorie de la conversion. Mais, en fait, le preiier point de cette courbe n'existe pas : Clément test pas un symboliste professant la présence en gure : il est aussi réaliste de langage que la litur-

!: Id. (col. 309 A).

: Même observation à faire sur Sérom. 1, 10 (P. G. VIII, Col. 744 A). * STEITZ, t. X, p. 404, résume en la formule suivante tout le déve- ‘+ : « Wir haben ihre Momente verzeichnet : ihr ursprüngher Aussangspunkt ist der alexandr. Symbolismus; ihr Durchg die Dynamik; ihr Ziel die Transformation. In diesen Stadien aracterisirt sich die zweite [par opposition au réalisme de Justin d'Irénée] Kreislauf dieses Bildungsprocesse. » Voyez plus loin, 492, la généralisation mieux justifiée de M. Harnack.

gie de son temps, et il parle de ce réalisme comm d’un mélange du Verbe et des espèces consacrées mélange aussi réel que l’incarnation. Nous somme assurément encore loin d’une théorie de ce com plexus qu'est le réalisme! Mais loin aussi du pu symbolisme imaginé par Steitz.

Le dualisme pratiqué par Clément d’une foi tradi tionnelle, celle des simpliciores, et d'une foi réfléchit celle du gnostique ecclésiastique, était une nou veauté dans l'Église : une vive résistance fut opp@ sée à Clément. Avec Origène, ce dualisme est mair tenu, mais aussi il est, non sans résistance encoré accrédité, et du coup la transformation de la trad tion en théologie s'accomplit.

Voici pour la tradition. Au milieu du ru° siècles Alexandrie, le langage liturgique comportait des ex pressions telles que « participer au corps et au san de Notre-Seigneur Jésus-Christ ! ». Origène ne s’e

4. Voyez dans EUsÈBE, H. E. VII, 9, un fragment d’une lettre“ Denys d’Alexandrie au pape Xystus. Denys raconte qu’un fidèle était venu à douter de la validité du baptême qu'il avait reçu auf fois de la main des hérétiques. Devait-on le rebaptiser ? Denys s’y r fuse, en considération de sa longue participation aux saints mystè Edyapiotioc ap Érmaxoüouvta, xai ouventobeyÉduevoy td auñv, Than rapactévta, xai yelpas eic UTO0OYAV Tic Myiac Too TA TELVOVTæ, xai TaÜTny xaTad=SÉGLEvOV, xai TOÙ cHpaToc xQ TOÙ ai Toÿ xupiou Auov ’Incoù Xototoë petacyévra ixav® YpOVE, oÙx GW Ürapyñc àvacxeudtery ÉriTo}uñoaut. Ce fidèle a dès longtemps assis à la célébration de la liturgie eucharistique (edyaptotiac éraxoŸ ro); il a répondu Amen à la fin de la prière eucharistique (voyez haut, p. 136; il s'est présenté à la table (notons bien que c'est table, non un autel) ; il a reçu dans ses mains la « sainte nourriture} il a participé au corps et au sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ”

lonne au fidèle son corps et son sang'!; quand il icrit que « nous mangeons les pains, devenus corps, hose sainte et sanctifiante, par la prière [de la concration] » ?; quand il parle de la communion et du teligieux respect que les fidèles apportent à ce ‘aucune parcelle des espèces consacrées ne tombe

Origène insiste, comme saint Cyprien à pareille époque, sur la sainteté que, requiert la communion le qui s’en approche. Il veut que l’âme alanguie par e péché s’abstienne de communier : « Communicare : ton times corpus Christi, accedens ad euchari- Wiam quasi mundus et purus, quasi nihil in te sit indisnum, et in his omnibus putas quod effugias iudiium Dei“? » |

gage de l'évêque d'Alexandrie est une remarquable attestation lu langage liturgique.

ne xauvs, didwot oo xai Tov äproy Ths EVhoyiac, Tù cüua ÉaUTOÙ ia ro aiua Éaurod yapiterat. Telle est la leçon de l'édition critique, Drigenes Werke, t. III (Leipzig 4201), pr. 169.

2. Contra Celsum, NIU, 33 : ‘Husïs Ôë To Toù ra/ros nous y® EÙ- HOIOTOUVTES, Kai ToÙc mer” eUyapiotiac xai eUync This Éni Toi dolero Pocayouévous äprouc écftousv, cœux yevouévouc Là Thy EÜLRY LYLOY Aa &yudbov rodc per Üyroëc rpobécewc adT® yowuéÉvOUS. Origenes Merke, t. II (Leipzig 4899), p. 249.

3. In Ezxod. homil. XIII, 3 : « Nostis qui divinis mysteriis interesse onsuestis, quomodo, cum suscipitis corpus Domini, cum omni Cauela et veneratione servyätis ne ex eo parum quid decidat, ne conseati muneris aliquid dilabatur. Reos enim vos creditis, et recle ‘reditis, si quid inde per neglegentiam decidat. Quod si circa corus elus conservandum tanta utimini cautela, et merito utimini, uomodo putatis minoris esse piaculi verbum Dei neglexisse quam Drpus eius? »

LA. In psalm. XXXVII hom. 1I, 6. Même sentiment dans In Lev. DR. XIII, 5 : « Cum acceperis panem mysticum, in loco mundo

nduces eum, hoc est ne in anima contaminata et peccatis polluta ominici corpuris sacramenta percipias. » De même Comm. in Mat.

Ce langage lui est commun avec toute l'Église mais Origène prend soin de marquer à diverses reprises que ce littéralisme est propre aux simpliciores, et qu'il y a un sens plus élevé, plus subtil. Le Christ, à la cène, dit à ses disciples : Prenez e mangez... « Ce pain et ce vin peuvent être entendus par les simples selon l'interprétation commune at sujet de l’eucharistie : mais ceux qui ont appris à écouter plus à fond, entendront selon la promesst plus divine du Verbe qui nous nourrit de la vérité !. »

Les termes mêmes du récit de l'institution de l’eu charistie ont donc un sens populaire (xotworépæ xôoyr) et ils en ont un autre plus profond et plus divin. Le spéculation commence ici. Mais est-ce une spécula. tion sur l’eucharistie ?

Panis iste, quem Deus-Verbum corpus suum esse fate tur, Verbum est nutritorium animarum, Verbum de Deo Verbo procedens, et panis de pane caelesti… Et potus iste quem Deus-Verbum sanguinem suum fatetur, Verbun est potans et inebrians praeclare corda bibentium... No enim panem illum visibilem quem tenebat in manibu corpus suum dicebat Deus-Verbum, sed Verbum in cuiu mysterio fuerat panis ille frangendus. Nec potum illum. visibilem sanguinem suum dicebat, sed Verbum in cuiu: mysterio potus ille fuerat effundendus. Nam corpus Dei Verbi aut sanguis quid aliud esse potest nisi Verbun quod nutrit et Verbum quod laetificat cor 2?

1. In Ioa.comment. XXXII, 24 (Origenes Werke, t. IV [Leipzig 1903 p. 468) : Nociow GE 6 Gptos xai TO noTñproy Toic LÈV &@ToUoTÉpO #GTù TV XOLVOTÉOAV Repi Thc coyantotius Éxdoynv, Toic 0 Pañutrenc &noÿerv meualnxéouv xata Ty Besotépav «ai mepi ToÙ ToogiLou ti aknbetas Aoyou Etayyehiav. Cf. In Mat. comment. ser. 86 : « Qui pa vulus quidem est in Christo, et in Christo adhuc carnalis, intelleg communiter ; prudentior autem quaerat.… »

Page 1