‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 86 sur 164 · Const. apostol. VIII, 12-13. FUNK, t. I, p · texte numérisé non relu

Const. apostol. VIII, 12-13. FUNK, t. I, p

| La E ; N

| ALEXANDRINS ET ORIÉNTAUX. 203 Ds et de son sang » (V, 14, 7). Le sacrifice non sandant est offert à Dieu, et il est célébré en mémoire le la mort du Seigneur, « grâce aux symboles de son orps et de son sang » (VI, 23, 5). On offre, dans nos glises et dans nos cimetières, « l’eucharistie &vriturov tu corps royal du Christ » (VI, 30, 2). Dans la prière lel’anaphore, l’évêque dit à Dieu : « Nous te rendons ‘râce pour le précieux sang de Jésus-Christ versé jour nous, et pour son précieux corps, dont nous élébrons ces évriturx, lui-même nous ayant prescrit annoncer sa mort » (VII, 25, 4)!.

L Il est très instructif de comparer ces textes des lonstitutions apostoliques, qui sont des textes rehaniés dans la seconde moitié du rve siècle, au texte rimitif dont ils sont dérivés, celui de la Didasalie des apôtres, qui date de la seconde moitié du tre siècle.

| Const. apost., VI, 30, 2: Didascalia, V1, 22, 2? :

nv &vzérurov vod faotheiou Eam quae secundum simi-

buatos prorod dextv edya- liludinem regalis corporis

Gtlav moocwépete. Christi est acceplam eucharistiam offerte ?.

e compilateur syrien des Constitutions a dû trouver tte expression conforme au langage de son temps. ais, chose curieuse, il a supprimé ces mots-ei qui se retrouvent que dans la Didascalie : « .. pa-

M Const. apost. V, 14, 7: Iapaôods Auiv Tù avTiture puothpta Toù Hiou obyaros adroÙ zai algatos. — VI, 23, 5 : [Ovoia] fitis Es Tov Yarov roù Kupiou ouu66hwV yaptv Erureheitat ToÙ cwpLuTOS aÜTOÙ xai Haro:. — VII, 25, 4: Edyaprotoduev Ünèp tod tuuiou aiatos ’Incod Lotoù xoi ToÙ tuuéou coLaTOs, 0Ù Kai GvTÉTURE TAÜTA ÉTITE)ODUEV. Ephrem parle le même langage. Voyez PusEy, p.102.

2, FUNK t. I, p. 376.

nem mundum praeponentes, qui per ignem factu est, et per invocationem sanctificatur.»

Cinquième attestation. Le second concile de Nicée en 787, s'élève contre la supposition que le sacrific de l’autel ait été appelé « image », soit par le Not veau Testament, soit par les Pères, et il s’appliqu à montrer que telle n'était pas la pensée d'Eustathe l’évêque d’Antioche contemporain du premier concil de Nicée. Il cite d'Eustathe quelques mots de com mentaire du passage des Proverbes (1x, 5) : Comedit panem meum et bibite vinum quod miscui vobis « Par vin et par pain, [l'écrivain sacré] sent le ävritura des membres corporels du Christ »

Eusèbe de Césarée, Macaire fan Séra pion, les Constitutions apostoliques et la Didas calie, Eustathe d’Antioche, sont donc d'accord parler de l’eucharistie comme de la figure du corp du Christ, sans cesser pour cela d’être réalistes. L conception qu'ils ont de l’eucharistie est, semble-t-1 que la foi croit au corps eucharistique, selon la lettr du langage liturgique, et que les sens perçoivent 4 pain matériel. Après qu'il a été sanctifié par l’invé cation, ce pain paraît encore du pain : les fidèles dit Macaire, se partagent le pain qui se voit ueTahauédvovres x To paivouévou Gprou : mais, en tal qu'ilse voit, le pain est seulement une figure $ corps. Ce que la liturgie appelle corps, et qui €k réel, certes, n’est donc pas sensible, et cependant es mangé. Comment cela? Aucun des textes cités 14

4. P. G. XVIII, 684: Atà Tod oïvou xai ToÙ Gprou Ta GVTETUTE Tä

cwpatix@y To Xp:otod 4NpUTTEL uE}GV. F. CAVALLERA, S. Eustath homil. (Paris 1905), p. 80.

it, sauf Macaire l'Égyptien qui parle de manger pirituellement la chair du Seigneur, mveuuarixüs tv dpxæ voù xupiou écfiouct. Il est vrai que Macaire est le lus récent des écrivains cités, puisqu'il appartient la seconde moitié du 1v° siècle. Enfin le pain est anctifié par l’invocation (Origène l'avait dit déjà), nais aucun des textes cités ne s’explique sur cette anctification.

* Saint Athanase apporte des précisions de détail à a théorie que nous essayons de restituer. Le texte ue l’on peut citer de lui n’est pas d’une authenticité rès garantie, car c’est une citation tirée d’un sermon d nuper baptizatos, citation faite par Eutychius, ui fut patriarche de Constantinople sous Justinien. outefois, le contenu de cette citation ne présente las de traits incapables d’être attribués à Athanase ta l’état de la doctrine eucharistique vers 350.

Tu verras les lévites apporter des pains et un calice de ùn, et placer tout cela sur la table. Tant que les invocaons et les prières ne sont pas commencées, il n'y a que du @in et du vin. Mais quand ont été prononcées les grandes admirables prières, alors le pain devient corps, et le vin vient sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

MVenons à la célébration des mystères. Ce pain et ce vin, nt que les prières et les invocations n’ont pas eu lieu, pnt simplement [du pain et du vin]. Mais quand les andes prières et les saintes invocations ont été pronones, le Verbe descend dans le pain et le vin, et le corps

4. P. G. LXXXVI, 2401 : Oÿer tods AeuitTas pÉpovtas dprouc ui DtApuov oivou, xai TiBévras mi Tav Tpamélay' xai 6oov oÙrw

HE Fr, PRE PTT € JO a: tt, da

Les expressions d’Athanase méritent d’être ra prochées de celles de Sérapion. Athanase dit : « Verbe descend dans le pain ». Sérapion, dans 1 piclèse, disait : « Dieu de vérité, vienne ton Ver saint sur ce pain ». Athanase dit : « Le Verbe di cend dans le pain, et son corps est ». Sérapi disait : « Vienne ton Verbe sur le pain, afin que pain soit corps du Verbe ». En d’autres mots prière consécratoirg produit une intervention Verbe, analogue à la parole créatrice qui fit la | mière : levnônre qüc, xat éyévero püç (Gen. 1, 3). prière est prononcée : xat ylvetar adroù cou, formu on se le rappelle, que nous avons relevée déjà cl Origène !.

Quant à la nature de ce corps eucharistiqu Athanase éclaire une expression qui chez Macai l'Égyptien était obscure encore. S'inspirant de doctrine du quatrième Évangile, il découvre, en eff dans l’eucharistie un corps spirituel. Le Christ pouvait donner sa chair historique à manger quantitativement, pouvait-elle suffire à nourrir multitude sans cesse renouvelée des fidèles ? Dot aurait pu dire le Sauveur, « ce que je donne | la croix] pour le salut du monde, c’est la chk que je porte », — notons l'expression oùpé ñv gopü,

ixeotar xai deñoeuc yivovrau, Wide Ectuv à &pros xai Tù rothÿ ênav ÔÈ èmmrehcoloov -ai ey@har xai Paumacrai edyai, TÔtE YÉV à &ptoc c@UX, xai Td ToThoLoy aux Toù xupiou ALEY ’Incod Xpu "E0wuey ni Tv Tehetwoty TOY LUGTNpIwV* oÙtos Ô proc «ai TO Tà motThplov, Ücov oÙrw Edyai Ha lxeciat YEYOVAGLV, Wide etouv* GE ai ueyaa edyai xai ai dyuœ ixectat dvarenghwot, xaTu GE Xdyos els Tov &prov xai To mothotov, xai YÉVETAL aÜTOÙ cou.

4. Athanase se sert aussi du mot GY!GLELV : « … res quas ipsel stri causa sanctificavit ». Epistul.festal. N, 4.11 dit de même : « Ch» cotidie vescimur ». XIII, 7, Le texte « Verbum comedimus » (I n’a pas strictement trait à l’eucharistie.

M cette même chair vous sera donnée en aliment, lais elle vous sera donnée spirituellement, et elle viendra à tous un gage de la résurrection et de la e éternelle ». Athanase sait que le réalisme du ngage liturgique ne permet pas de dire que la chair icharistique n'est pas la chair qui a été immolée ar la croix : mais la chair eucharistique est chair birituellement‘. Cette chair spirituelle, si on peut appeler ainsi, est une préservation contre la mort ernelle, une sauvegarde, gvhkaxrfpuv, pour la résurtion à la vie éternelle.

Saint Athanase est muet sur le caractère de figure tribué au pain et au vin par les textes de la tradion syro-alexandrine. Répugnait-il à cette expreson? Ou cette lacune tient-elle à la rareté et à la rièveté des textes qui nous restent d'Athanase sur } sujet de l’eucharistie?

Saint Cyrille a prononcé ses catéchèses, à Jéruem, en 347 ou 348. Les doutes sur leur authenti- , émis par les protestants du xvun° siècle, ne selent même pas à rappeler, si l'incident ne montrait imbien en ces matières de controverse la critique

PEpistul. ad Serapion. IV, 49: Ileoi the To owuaros Bowosuxs Ô:abuevoz.… gnoiv 6 Küproc* To nvcdué éctt rù Lwono:oüy … Ilécots Boxe: vo cœua roûc BpSouv, va at Toù x6ouou Tévtos Toto Tpooÿ om; To uÈv dtdôuevov Ünèp the ToÙ x6ouoU cwrnpiac Éctiy à AY Evo v0p©, GX aûtn OuTy xai to Tabrnc alua rap’ LOU RvEvtXGc doboetar rpogh, otre nysvuarizos Èv ÉxGTO TaÜTNY ve DGÜXE, xai yivecbar rüct ouhaxthprov els avacractv (wfc aiwviou. ez aussi De incarnatione et contra Arianos, 46. Mais l'authenticité anasienne n’est pas sûre.

objective a eu de mal à s'imposer. Les catéchèses d Cyrille sont des catéchèses, c’est-à-dire un enseigne ment élémentaire et qui se tient très près de la lettr de la liturgie. On peut les rapprocher, en cela, d De mysteriis que nous étudierons plus loin de sair Ambroise (+ 397): moins d’un demi-siècle les st pare.

Saint Cyrille était attaché à une liturgie qui n pouvait sensiblement différer de celle de la Didas calie, de l’'Euchologe, des Constitutions apost ligues. On ne s’étonnera donc pas de retrouver dar les catéchèses de Jérusalem des expressions relevée déjà dans la tradition syro-alexandrine. Mais l'ir térêt, pour l’histoire des dogmes, est d'y releve aussi des expressions nouvelles.

[1.] L'enseignement du bienheureux Paul suffirait à voi persuader sur les divins mystères qui vous feront, quan vous serez dignes d'y participer, concorporels et consa guins du Christ.

Cyrille cite le texte classique, Z Cor. xt, 23-25, il poursuit :

Le Christ ayant déclaré et dit du pain : Ceci est m corps, qui osera désormais douter? Le Christ ayant claré et dit [du vin] : Ceci est mon sang, qui jamais ose dire que ce n’est pas son sang?

[2.1 Le Christ jadis a changé l’eau en vin, qui r'essem au sang, à Cana de Galilée : et nous ne le croirons p quand il change le vin en sang?

[3.] Donc avec une conviction entière, participons com au corps et au sang du Christ. Car dans la figure pain l’est donné le corps, et dans la figure du vin donné le sang, pour que tu deviennes, en participant

corps et au sang du Christ, concorporel et consanguin du Christ. Ainsi nous devenons Christophores, le corps du Christ et son sang se distribuant dans nos membres. Ainsi, selon le bienheureux Pierre, nous devenons participants de la nature divine.

» [5.] L'Ancien Testament avait les pains de proposition : mais avec l'Ancien Testament, ils ont pris fin. Dans le és Testament, un pain céleste et un calice de salut inous sont donnés], qui sanctifient l'âme et le corps. Car, Pomme le pain convient au corps, ainsi le Verbe à l'âme. [6.1 Ve l’attache donc pas au pain et au vin simplement : elon l'affirmation du Seigneur, il y a là corps et sang du hrist. Les sens te présentent cela : que la foi te confirme. e juge pas la chose d’après le goût, maïs sois convaincu invinciblement par la foi, que tu es appelé [à participer] au corps et au sang du Christ.

[9.] Anstruit de ces choses et convaincu que le pain qui araît n'est pas pain, bien que le goût l'en donne l'impresion, mais corps du Christ; et que le vin qui paraît, n’est bas vin, bien que le goût le veuille, mais sang du Christ; tassure ton cœur, participe à ce pain comme à un [pain] ipirituel.

Les passages essentiels de la IV° catéchèse myslagogique sont sous les yeux du lecteur.

- [1 y reconnaïtra, d’abord et aisément, le réalisme iturgique. Cyrille en découvre le fondement dans es paroles mêmes de l'institution : le Christ ayant it : Ceci est mon corps, qui oserait désormais outer? Et c’est si bien le corps, que les fidèles qui jommunient deviennent oûcowmor xal oûvauot rod puotod.

Secondement, Cyrille reprend les expressions de gure qui caractérisaient la tradition syro-alexan-

rine. Le pain est pour lui quelque chose de sym- | 12.

bolique qui recouvre le corps du Christ. Il écrit : à TÜmw Gprou didorai ot Fo cüuæ, év Um oivou Oidotat ot t diux. Il écrit ailleurs : Oùx &prou xak olvou xehebovret yet cacûar, AAX dvrtrérou coparos xal alwaroc Xptoroù, parole: que Dom Touttée traduit ainsi : « Non panem etvinun degustare jubentur, sed antitypum corporis et san: guinis Christi . » Le corps n’est donc pas figuratif mais le pain est ets du corps, et le corps es donné dans ce signe, èv rÜrw.

Cyrille, troisièmement, précise et modifie les ex: pressions d’Athanase et de Sérapion sur l'opératior par laquelle le pain devient corps. Le Verbe descent dans le pain, disait Athanase. Vienne ton Verb. sur le pain, disait Sérapion. Cyrille ne parle pa! du Verbe, mais du saint Esprit, et il attribue a saint Esprit le miracle qui « fait le pain corps di Christet le vin sang du Christ. » Ce miracle est qua lifié par Cyrille de sanctification et de changement fyiaorar, mera6é6hntar ?. Cyrille employait ce mêmt mot, uerabaXkewv, pour désigner le changement mira: culeux de l’eau en vin à Cana ?. Aïlleurs, il est vrai Cyrille use des termes mêmes d'Athanase et d’Ori gène :

Comme le pain et le vin de l’eucharistie, avant sainte invocation (èrtxkfocws) de l'adorable Trinit étaient pain et vin simplement; mais l’invocation (ir

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